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 « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même »
Vérité et Science, Rudolf Steiner

   

Citation
  • « Il est surtout nécessaire que les êtres humains daignent regarder, mais pas de manière irréfléchie, le fait que chaque être humain porte aussi en lui un être antisocial. On pourrait dire aussi, pour s'exprimer de manière plus prosaïque, qu'il est très important pour le salut de notre époque que les êtres humains cessent de se trouver si formidables. C'est en effet le trait caractéristique de l’être humain moderne. Il s'aime vraiment beaucoup. Et là, il vous faut à nouveau différencier : il apprécie particulièrement son penser, son ressentir, son vouloir, et une fois par exemple que ses pensées lui plaisent, il n'en démord plus. »

    Dornach, 6 décembre 1918 – GA186

    Rudolf Steiner
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reconnaitre un franc macon signes 

Quatrième conférence dans le recueil de conférences « La liberté de penser et les mensonges de notre époque »
Rudolf Steiner - Berlin, 4 avril 1916
GA167 - Éditions Triades (2000)
Traduit depuis l'allemand par Raymond Burlotte

 Note de la rédaction :
Les titres intercalaires ci-dessous ont été ajoutés par la rédaction de soi-esprit.info et ne figurent ni dans l’édition imprimée, ni dans la conférence, évidemment. C'est nous aussi qui avons formulé le titre de la conférence sous les termes : « Comment faire des gens de dociles instruments en introduisant des symboles dans le subconscient » alors que le titre mentionné dans la version française est « Le signe, l'attouchement et le mot ».

 

Penser bien plus en profondeur l’activité de confréries occultes pour comprendre comment elles peuvent être instrumentalisées

Aujourd'hui, j'aborderai plutôt les aspects occultes de nos considérations de la semaine passée[i]. Nous avons vu que certains courants qui s'expriment par diverses confréries occultes peuvent encore jouer un rôle important dans la vie humaine. Et les considérations plutôt extérieures de la dernière fois vous auront montré que c'est d'une façon bien particulière que l'on utilise ces confréries occultes en Europe occidentale, notamment dans les pays britanniques, pour atteindre certains buts extérieurs.

Il est vraiment indispensable que ceux qui ne pénètrent pas les yeux fermés dans un mouvement moderne de science de l'esprit disposent de suffisamment de recul pour pouvoir se faire une opinion objective de toute la situation. C'est pourquoi aujourd'hui je voudrais vous montrer comment il faut d'abord penser l'activité de ce genre de confréries occultes afin d'être en mesure de comprendre de quelle façon elles peuvent devenir un instrument pour d'autres fins.

Ce que l'on entend ici sous le terme de confréries occultes est au fond une affaire assez compliquée. Mais cette affaire compliquée s'édifie partout, finalement, sur une infrastructure qui attire des gens dans une certaine direction en les réunissant par une sorte de culte et en leur présentant des symboles. On les rassemble par un culte qui, pour ainsi dire, s'exprime en symboles. Aujourd'hui, beaucoup de gens ont tendance, a priori, à se moquer de ce genre de confréries fondées sur une histoire de symboles, et ceci au nom d'un prétendu savoir finalement assez superficiel.

L'étroitesse d'esprit de nos contemporains à l'égard de toutes ces choses est extraordinaire, et l'on pourrait simplement répliquer à ceux qui dénigrent avec tant de légèreté les cérémonies et pratiques symboliques qui se rattachent à ces confréries occultes, que des gens qui ne sont pourtant pas tellement plus insignifiants qu'eux, ces matérialistes et autres railleurs ou critiques fort intelligents, des gens comme Gœthe par exemple, ont accordé la plus grande importance au fait d'avoir pu participer à de telles assemblées cérémonielles symboliques.

Gœthe était parfaitement conscient, et il l'a maintes fois exprimé, de ce qu'il devait au fait de n'avoir pas pu aller à l'école, mais d'avoir reçu, plus tard, un enseignement rattaché à certains ordres, tout d'abord à des ordres maçonniques. À des gens de moindre valeur que Gœthe, ce contexte maçonnique a probablement moins apporté, mais Gœthe a pu, lui, y trouver énormément. Voici par exemple ce que l'on pourrait répondre aux railleurs qui se moquent de ces pratiques en s'appuyant sur une prétendue vision moniste du monde rapidement ficelée. Mais si l'on veut comprendre la réalité dans son essence, il faut pouvoir saisir cette réalité plus en profondeur.

Les symboles sur lesquels des fraternités occultes se sont fondées sont apparus à une époque bien précise et étaient vécus tout différemment

Depuis le quinzième siècle, comme nous le savons, nous vivons dans la cinquième époque postatlantéenne. Elle fut précédée par la quatrième époque postatlantéenne qui débuta aux environs de 747 avant la naissance du Christ pour ne s'achever qu'au début du quinzième siècle. Les gens d'aujourd'hui qui sont raisonnables et intelligents - ils le sont presque tous, n'est-ce-pas - se disent : En fait, il ne doit pas y avoir une grande différence entre ce qu'une âme peut vivre depuis le quinzième siècle et ce qu'une âme vivait dans les deux millénaires qui ont précédé, depuis l'an 747 avant notre ère.

Et pourtant, si l'on veut, on peut montrer, même par des choses tout à fait extérieures, combien le développement de l'âme humaine durant la quatrième époque postatlantéenne, celle qui a précédé la nôtre, diffère fortement de celui que nous connaissons. À cette époque, donc depuis le huitième siècle av. J. -C. jusqu'au quatorzième siècle ap. J. -C., les êtres humains avaient un corps éthérique beaucoup, beaucoup plus réceptif que ce n'est le cas depuis. Bien entendu, plus on approche de la fin de cette période, plus cette réceptivité va en déclinant. Autrefois l'être humain pouvait percevoir davantage ce qui est autour de lui.

Et quand le corps éthérique perçoit, il perçoit le monde élémentaire. Il ne perçoit pas, comme le corps physique, les minéraux, les plantes, les animaux, l'eau, l'air, etc., mais il perçoit les êtres élémentaires qui vivent dans les plantes, les animaux, les minéraux. À cette époque-là, les gens parlaient encore des kobolds, des gnomes qui habitaient les montagnes ou qu'ils voyaient sortir des failles des rochers dans les mines. Aujourd'hui, on traite cela d'imaginations poétiques. Pourtant les anciens avaient vraiment conscience qu'il existe un monde élémentaire derrière le monde physique.

J'aimerais encore une fois attirer votre attention - parce que tous ceux qui sont assis ici ne l'ont peut-être pas entendu - sur le fait que l'on peut même prouver, en s'appuyant sur des documents extérieurs, qu'il n'y a pas si longtemps, les gens avaient encore connaissance du monde élémentaire. J'en ai déjà parlé, mais j'aimerais l'évoquer encore brièvement. Au musée de Hambourg on peut voir un tableau représentant la Chute, cet événement dont on trouve le récit au début de l'Ancien Testament.

Aujourd'hui, quand un peintre veut représenter la Chute, il montre l'arbre du Paradis, n'est-ce-pas, avec Adam et Eve de chaque côté, plus ou moins beaux, le plus souvent assez horribles d'ailleurs, et au milieu le serpent ; un véritable serpent. Mais tout ceci est-il réaliste, chers amis ? Peut-on qualifier cela de réaliste ? Même si Ève n'était sans doute pas aussi avisée ni aussi intelligente que les femmes d'aujourd'hui, il est tout de même difficile de croire qu'elle ait pu se laisser séduire par un vulgaire serpent qui rampe sur le sol, à commettre l'acte prodigieux que l'on sait. Cela ne peut donc pas être aussi réaliste.

Le tentateur, on le sait, était Lucifer. Or Lucifer n'est pas un être que l'on peut voir avec les yeux physiques d'aujourd'hui. Pour le voir, il faut que le corps éthérique soit éveillé ; il faut que les organes de la clairvoyance soient éveillés. On voit alors que c'est l'être qui est resté en arrière pendant la phase lunaire de l'évolution[ii]. De cette époque lunaire, nous avons reçu notre corps physique tel qu'il est aujourd'hui, sauf qu'il n'était pas encore physiquement visible. Il était entièrement éthérique.

La tête que l'homme actuel possède est la copie fidèle de celle qu'il avait déjà sur l'ancienne Lune. Le reste du corps humain, par contre, n'avait pas encore la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. La tête était simplement prolongée par une forme analogue à un serpent : ce qui aujourd'hui constitue notre moelle épinière. Si bien que, si l'on voulait donner une image de Lucifer tel qu'il est resté depuis l'ancienne Lune, il faudrait le représenter avec une tête humaine prolongée par la moelle épinière, c'est-à-dire par une forme de serpent.

Or c'est exactement comme cela que Maître Bertram a représenté Lucifer sur le tableau que l'on peut voir à Hambourg ! Non pas tel qu'un peintre actuel l'aurait imaginé, mais tel qu'il doit être au sens de la science de l'esprit ! Vous pouvez le voir au musée de Hambourg, et cela vous convaincra du fait qu'aux treizième, quatorzième siècles, un peintre peignait encore les choses comme elles sont vraiment. Mais les gens sont aujourd'hui bien trop intelligents pour pouvoir distinguer ce que leur dit ce document. Il nous montre pourtant que les hommes percevaient jadis le monde élémentaire.

Maitre Bertram Tableau Hambourg

Une des scènes du retable de Grabow peinte par Maître Bertam (Né vers 1340 - Décédé vers 1414-1415)

C'est alors, au cours de la quatrième époque postatlantéenne, que sont apparus les symboles sur lesquels les fraternités occultes dont nous parlons se sont fondées. Ces symboles ont pu servir de fondement à ces confréries parce qu'à cette époque on les sentait vivants ; on pouvait encore savoir qu'ils étaient vivants à l'intérieur de soi.

Le principe de la symbolique chez Goethe

Je voudrais vous expliquer, dans la version de Gœthe, ce qu'est ce principe de la symbolique. À sa manière, Gœthe tente de rendre la symbolique féconde pour la vie extérieure, car il pense qu'en se familiarisant avec elle on peut vraiment faire progresser l'être intérieur.

C'est pourquoi il veut - vous pouvez lire cela dans son roman Wilhelm Meister - que l'éducation permette à l'enfant de grandir avec certains symboles. Au lieu de ces balivernes qui sont enseignées dans les lycées, Gœthe veut que les hommes soient élevés avec certains symboles. Et en tout premier lieu il veut qu'à travers les symboles ils apprennent ce qu'il appelle les « quatre respects » de l'être humain : le respect du monde spirituel, le respect du monde physique, le respect de chaque âme, et le respect qui ne peut s'édifier que sur les trois autres : le respect de soi-même. La plupart de nos contemporains éclairés auraient à la rigueur compris que le dernier, le respect de soi-même, vienne au début mais, dans l'idée de Gœthe, ce respect-là est celui qui comporte les plus gros dangers, et il ne peut donc s'édifier que sur la base des trois autres.

Comment Gœthe veut-il que le respect du spirituel, le respect de ce qui est en haut, s'enracine d'abord dans l’être humain ? Il préconise que les enfants apprennent un certain geste : bras croisés devant la poitrine, regard levé vers le ciel. Dans cette position, ils doivent acquérir le respect de ce qui, spirituellement, peut avoir une influence sur l'homme. A un âge encore très tendre, pense Gœthe, il faut lier ce geste à l'acquisition du sentiment de respect pour ce qui est en haut. Pourquoi cela a-t-il du sens ? Parce que, lorsque l'être humain éprouve vraiment du respect pour le spirituel, il ne peut que manifester ce respect.

Et même s'il croisait les mains derrière son dos, ses mains éthériques, elles, se croiseraient devant sa poitrine, et s'il gardait son regard physique baissé, ses yeux éthériques, eux, se lèveraient vers le ciel ! Car lorsqu'on éprouve du respect à l'égard du spirituel, les yeux éthériques se tournent tout naturellement vers le haut, et les bras éthériques se croisent devant la poitrine.

Il ne peut en être autrement, c'est une évidence : le corps éthérique accomplit ces gestes. A la quatrième époque postatlantéenne les gens le savaient, parce qu'ils percevaient les mouvements de leur corps éthérique, et quand on leur recommandait de faire ceci ou cela, on ne leur disait en fait rien d'autre que : Vous devez physiquement vous mouvoir un peu comme cela, afin de pouvoir ressentir et donc percevoir les gestes que fait votre corps éthérique.

Gœthe veut ainsi que l'on grandisse dans la vie spirituelle. Il sait combien il est important de vivre intérieurement les gestes qui sont directement liés aux expressions de l'âme. Il veut aussi que, pour acquérir le respect du corps et de tout ce qui est terrestre, l'homme croise les mains derrière son dos et baisse les yeux vers le sol. Ce doit être sa deuxième acquisition. Pour la troisième, les choses doivent se faire de la manière suivante : les mains écartées, le regard allant vers la gauche et la droite. Ce geste doit permettre d'acquérir le respect envers toute âme semblable à la sienne. Ensuite seulement, on peut cultiver ce qui développe le respect envers soi-même.

Ce qui a changé depuis les 14e et 15e siècles : le signe, l'attouchement et le mot sont devenus « extérieurs »

Depuis le quatorzième siècle, les êtres humains ont largement oublié ce qu'ils savaient autrefois spontanément. Ils ne savent plus que ces gestes, lorsqu'ils sont justes, n'ont rien d'arbitraire, mais sont en rapport avec l'organisation spirituelle de l'homme. Autrefois, lorsqu'on enseignait aux humains des gestes de ce genre et d'autres plus compliqués, on ne faisait rien d'autre que leur montrer ce qu'ils pouvaient alors facilement éveiller dans leur vie intérieure. Plus tard, à la cinquième époque postatlantéenne, on peut très bien apprendre à des êtres jeunes, par un enseignement approprié, ces mouvements simples que Gœthe recommandait. C'est bien ce que Gœthe voulait.

Mais depuis les quatorzième et quinzième siècles, on ne peut plus enseigner aux hommes le langage extrêmement compliqué des gestes désignés par « le signe, l'attouchement et le mot », tel qu'il s'est répandu dans les confréries occultes, de telle façon qu'ils éprouvent encore un peu leur réalité. Les confréries qui existaient à la quatrième époque postatlantéenne, dans lesquelles, parmi d'autres symboles, on enseignait aux gens, en trois stades, le signe, l'attouchement, le mot, ont continué de se développer.

Mais, dans les derniers siècles, les âmes qui se lient à ces confréries sont devenues très différentes de ce qu'elles étaient autrefois. On a continué d'enseigner - restons-en aux choses les plus élémentaires - le signe, l'attouchement et le mot, mais les gens ne pouvaient plus rien rattacher à ces trois termes, parce qu'ils ne pouvaient plus se représenter, dans le corps éthérique, les éléments correspondants, conformes à l'âme humaine. C'est donc devenu quelque chose d'extérieur.

À la quatrième époque postatlantéenne, l'homme avait essentiellement développé son âme de sentiment ou d'entendement. À ce moment, l'âme de conscience commençait à se saisir de lui, c'est-à-dire qu'il était de plus en plus obligé de faire appel au raisonnement qui se rattache au cerveau physique. La « sensitivité » du corps éthérique, comme on pourrait l'appeler, avait peu à peu disparu. Et qu'est-ce qui apparaît maintenant ? Je vous prie d'être particulièrement attentifs à ce qui va suivre.

Les confréries occultes continuent néanmoins d'exister pendant la cinquième époque postatlantéenne. On fonde de nouvelles confréries, ou on continue les anciennes, et on y accueille des hommes à qui l'on fait connaître les symboles en question. Ces gens apprennent certains signes en mettant leur corps dans une position bien précise, qui représente un signe. Ils apprennent certains attouchements, par exemple en donnant une poignée de main différente de celle que l'on donne d'habitude.

Ils apprennent à prononcer certains mots qui provoquent un mouvement bien particulier dans leur corps éthérique, et d'autres choses de ce genre. Je me contenterai juste de signaler quelques éléments. Ainsi donc, depuis les quinzième, seizième siècles, des gens apprennent le signe, l'attouchement et le mot. Or ces gens sont maintenant constitués de telle façon que leur âme de conscience entre en action. Mais le signe, l'attouchement et le mot n'y pénètrent pas, car cela reste pour l'âme de conscience quelque chose d'extérieur, un simple signe extérieur.

Faire de dociles instruments des gens en introduisant des symboles agissant dans leur subconscient xxx

N'allez pourtant pas croire que des choses comme le signe, l'attouchement et le mot, lorsqu'elles sont communiquées à un être humain, n'agissent pas sur son corps éthérique ! Elles agissent ! En recevant le signe, l'attouchement et le mot, l'être humain prend en lui ce qui, autrefois, leur était lié. On enseigne donc à un certain nombre de gens le signe, l'attouchement et le mot, et on introduit ainsi dans leur subconscient quelque chose dont ils n'ont pas conscience.

Il est évident qu'il faudrait absolument éviter de faire cela et, au contraire, avancer sur le chemin qui est celui de l'évolution de l’être humain. Or ce chemin moderne implique que l'on s'adresse à l'entendement de l'homme et qu'on lui apporte en premier lieu ce qu'il peut comprendre, et ce qu'il peut apprendre en le comprenant.

C'est précisément là le contenu de la science de l'esprit. Ce contenu, il faut d'abord le comprendre et s'en approcher progressivement. Dans un premier temps, on se lie d'une façon ou d'une autre au mouvement de la science de l'esprit, et ce n'est qu'au bout d'un certain temps que l'on peut être amené à recevoir le signe, l'attouchement et le mot. Car on est alors préparé à y retrouver quelque chose de connu, quelque chose que l'on a d'abord compris.

Mais les confréries occultes ne procèdent généralement pas ainsi.

On y reçoit simplement les gens dans le premier grade sans qu'ils aient appris quoi que ce soit de la science de l'esprit ou de l'occultisme. On leur transmet alors le signe, l'attouchement, le mot, et d'autres symboles encore, et comme ils ne savent rien du monde spirituel, on agit ainsi sur leur subconscient, on s'adresse à ce qui, en eux, n'a aucun lien avec la conscience.

Quelles en sont les conséquences ? Il est bien évident que de cette façon on peut, si on le veut, faire des gens de dociles instruments pour toutes sortes de plans. Car si vous trafiquez le corps éthérique de quelqu'un sans qu'il le sache[iii], et si vous ne donnez pas à la pensée ce que la science de l'esprit doit être aujourd'hui, vous mettez hors circuit les forces que cette personne aurait, sinon, dans sa pensée.

Vous les mettez hors circuit et transformez ces confréries en outils pour ceux qui veulent réaliser leurs plans. Vous pouvez ainsi les utiliser pour réaliser certains buts politiques et en même temps instaurer le dogme qu'Alcyone[1] est le porteur extérieur du Christ Jésus. Ceux qui auront été ainsi préparés se feront les bons instruments pour divulguer cela dans le monde. Il suffit ensuite d'être bien faux et bien malhonnête, et l'on peut réaliser ainsi toutes sortes de desseins en façonnant d'abord les outils appropriés.

Quand on sait ce qui distingue la cinquième période postatlantéenne de la quatrième - et pour notre part, nous ne cessons d'insister là-dessus -, on sait pourquoi il faut avoir pris connaissance de la science de l'esprit avant de pouvoir être introduit dans la symbolique. Tout cela découle d'une véritable connaissance. Et quand, dans un mouvement de science de l'esprit, on veut travailler honnêtement, c'est bien entendu ce chemin-là que l'on suit. Car quiconque aurait même seulement pris connaissance de ce qui se trouve par exemple dans ma Théosophie ou ma Science de l'occulte, en s'efforçant de bien le comprendre, ne pourra jamais subir le moindre dommage s'il se fait communiquer un symbole quelconque.

Nous voyons que, dans une très large mesure, les pays anglo­saxons introduisent la symbolique sans que cela soit précédé par un enseignement qui l'expliquerait d'une façon quelconque. Expliquer, ce n'est pas dire simplement : tel symbole signifie ceci, tel symbole signifie cela, car de cette manière on peut faire gober n'importe quoi !

Il faudrait expliquer les choses en dévoilant, à partir du cours des événements, les mystères de l'évolution de la Terre et de l'humanité de telle façon que le symbole en découle. Or ce n'est pas ce que l'on fait. Les symboles sont tout simplement proposés tels quels. On va même plus loin dans ce sens, du fait que la littérature occulte elle-­même ne procède pas comme le fait par exemple notre science de l'esprit, mais que, là aussi, tout est donné de façon symbolique.

Les ravages provoqués par une certaine littérature occulte

Sous bien des aspects, en ce qui concerne cette littérature occulte, les ravages les plus effrayants ont été causés en France par Éliphas Lévi[2]. Son Dogme et rituel de la haute magie, ou sa Clef des grands mystères, qui contiennent de grandes vérités mêlées à de très dangereuses erreurs, sont conçus de telle façon que rien ne peut être suivi grâce à l'entendement comme c'est le cas pour notre science de l'esprit. Il faut tout admettre de façon symbolique. Lisez Eliphas Lévi ! Mais oui, maintenant vous pouvez le faire sans danger, parce que vous êtes suffisamment préparés.

Lisez le Dogme et rituel de la haute magie, et vous verrez qu'il s'agit là d'une tout autre utilisation de la symbolique. Il est certain, chers amis, que quand on enseigne aux gens uniquement des symboles, comme Eliphas Lévis dans son Dogme et rituel de la haute magie, on les met, si on le veut, sous sa coupe pour faire d'eux tout ce que l'on veut, tout ce pourquoi on veut les utiliser.

Après Eliphas Lévi, les choses se gâtent encore davantage avec Gérard Encausse[3], dit Papus, qui eut une influence terriblement désastreuse à la cour de Saint-Pétersbourg où il revint pendant des décennies pour y jouer un rôle politique des plus funestes. On trouve chez Papus - comme il se nomme - sous une forme extrêmement dangereuse, certains secrets occultes qui sont livrés à l'humanité de telle façon que les gens qui laissent Papus agir sur eux, dès qu'ils ont dépassé les premiers éléments de cet enseignement, s'accrochent à ce qui leur est donné avec un fanatisme inébranlable.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il ne s'agit pas de réfuter Papus, car le pire, c'est qu'il y a justement chez lui beaucoup de choses très justes. Mais la façon dont ces choses sont données est terriblement dangereuse. Laisser tomber goutte à goutte dans l'âme de gens faibles ce qu'ils trouvent dans les ouvrages de Papus, c'est les préparer, en endormant totalement leur entendement, à être utilisés pour faire d'eux tout ce que l'on voudra. Et ce genre de personnes ont aujourd'hui une certaine influence.

Celui qui parcourt un peu le monde en ayant l'occasion de connaître ces choses-là sait que Papus a partout une grande influence ! J'ai pu repérer cette influence dans toute la Bohème et l'Autriche. En Allemagne, elle est bien moindre, mais elle a tout de même existé dans une certaine mesure. C'est surtout en Russie que l'impact de Papus est énorme. Et il faut ajouter que si l'impact de ce genre de choses est si fort, c'est parce qu'il y a dans tout cela une bonne dose de malhonnêteté.

L'enseignement de Jakob Böhme[4], dont nous avons souvent parlé, a été introduit en France au dix-huitième siècle par celui qu'on appelle le « Philosophe inconnu », Louis Claude de Saint-Martin[5]. Il a été alors traduit dans une langue pleine de charme, de telle sorte que, lorsqu'on a retraduit en allemand les textes de Saint­-Martin, les gens ont trouvé cela beaucoup plus lisible que les œuvres originales de Jakob Böhme qui sont, comme on le sait, très difficiles à lire !

Cette traduction du « Philosophe inconnu » évoque encore en moi un charmant souvenir. Son livre Des erreurs et de la vérité a été fort bien traduit en allemand par un aimable poète qui est assez connu. Et tout cela ne manque pas pour moi d'un certain intérêt, dans la mesure où paraîtra bientôt une petite brochure[6] intitulée la Tâche de la science de l'esprit et son bâtiment à Dornach, dans laquelle j'essaie de réfuter brièvement, et de façon très compréhensible, certaines erreurs couramment répandues à propos de la science de l'esprit.

Ce texte reprendra une conférence que j'ai faite en Suisse, parce que là-bas, à Dornach même, un pasteur protestant particulièrement intelligent avait répandu toutes sortes de choses contre notre mouvement. En fait, je ne voulais pas répondre uniquement à ce pasteur, mais ce qu'il avait avancé était typique. Les gens répandaient un tas de bruits et j'avais là l'occasion, sans viser particulièrement ce pasteur, de réfuter ces erreurs à propos de notre science de l'esprit et en particulier du bâtiment de Dornach.

Lors de l'un de ses discours, le pasteur en question cita un poème de Matthias Claudius. Il en lut une strophe, avec un pathos appuyé, afin de montrer que la science occulte n'a finalement aucun sens, puisque même la Lune, déjà, on ne peut pas la comprendre. Or il lui aurait suffi de lire la strophe suivante de ce même poème pour montrer qu’elle affirme exactement le contraire de ce que ce pasteur voulait faire dire au poète.

Et le plus intéressant dans l'affaire, c'est que Matthias Claudius est justement le traducteur en allemand du livre de Louis Claude de Saint-Martin Des erreurs et de la vérité ! Vous voyez, chers amis, à quel genre de gens on a affaire ; ils vous présentent de prétendues « bonnes raisons », mais on voit ce que sont en réalité ces raisons ! On pourrait développer très en détail ce chapitre. Il est tout de même regrettable de devoir perdre ainsi du temps à réfuter ceux qui s'opposent de cette façon.

Autres exemples d’impostures « spirituelles » dangereuses

Mais on rencontre parfois des choses encore bien plus curieuses.

Par exemple celle-ci qui m'est arrivée depuis notre dernière rencontre, et que je ne voudrais pas vous cacher, tant elle est intéressante. Vous savez tous - j'y ai encore fait allusion la dernière fois - que je n'ai pas pu, et dû, par simple souci de la vérité, souscrire à ce que Mrs Besant, la présidente de la Theosophical Society, fit avec ses gens, dont une bonne partie avaient été préparés selon les méthodes dont je vous ai parlé.

Je ne pouvais pas souscrire à cela. Au nom de la vérité, je dus me déclarer contre cette conception aberrante du Christ en la personne du jeune Alcyone, et ceci d'autant plus quand je vis que même des gens cultivés tombaient dans le panneau du petit livre - je crois qu'il s'intitule Aux pieds du Maître - dont Alcyone est censé être l'auteur et que l'on présente comme l'un des grands événements de notre époque.

Mais on sentit bien, dans ces milieux, que j'avais l'intention d'entreprendre quelque chose au service de la vérité. On le sentit, mais on se dit : La vérité, d'accord, mais est-ce que cette vérité est vraiment telle qu'il faille s'opposer à Mrs Besant sous prétexte qu'elle nous raconte des sornettes ? Et voyez-vous, j'ai même trouvé dans une brochure écrite par un de nos membres, E. von Gumppenberg[7], qui paraîtra elle aussi bientôt, un jugement à mon sujet. Madame von Gumppenberg fait allusion « à une opinion qui fut formulée un jour par une Anglaise à propos du Dr. Steiner : ce brave Steiner est un philosophe, et c'est sans doute pour cela qu'il est si pointilleux sur la vérité.

Qu'importe finalement que Mrs Besant raconte des balivernes !

Est-ce que nous ne le faisons pas tous ? De toute façon il n'est pas possible de faire autrement. Comment pourrions-nous vivre toujours dans la stricte vérité ? Nous ne pouvons pas être seulement des philosophes. Laissons donc les gens raconter ce qu'ils veulent ! En cherchant à nous y opposer, nous ne pourrions que nous faire du mauvais sang. »

Mes chers amis ! Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un voleur de grand chemin est plus honnête que des gens qui ont une telle opinion de la vérité. Je le pense sincèrement, même si la personne en question se promène en beaux habits de soie, ce qui est probablement le cas de cette dame ! Tout ceci nous montre combien il est dangereux aujourd'hui de ne pas prendre au sérieux la vérité, surtout quand il s'agit de choses qui se dérobent à notre perception sensible immédiate.

Je vous ai dit que la propagation du courant spirituel fondé par Encausse, alias Papus, repose, lui aussi, sur une imposture. Ces gens se font en effet appeler des « martinistes ». Il faut vraiment protéger l'honnête « Philosophe inconnu », qui était un véritable chercheur de la vérité, et avec lui tout ce qu'il s'efforça de faire pour servir le dix-­huitième siècle, contre l'utilisation abusive de son nom par les partisans actuels de Papus.

Il importe de savoir que toute confrérie occulte s'édifie sur la base de trois degrés. Au premier degré, lorsque la symbolique est utilisée correctement - et j'entends par là, bien évidemment, ce que j'ai évoqué et qui correspond à notre cinquième époque postatlantéenne -, les âmes en arrivent au point où elles peuvent avoir une expérience intérieure claire du fait qu'il existe une connaissance indépendante du savoir physique sensible ordinaire.

Aujourd'hui, au cœur de la cinquième époque postatlantéenne, celui qui en est à ce premier stade devrait connaître ce qui se trouve, grosso modo, dans ma Science de l'occulte. Celui qui a atteint le deuxième degré devrait connaître - c'est-à-dire connaître de façon telle que cela vive en lui - ce qui se trouve dans le livre Comment parvient-on à des connaissances des mondes supérieurs ? Et celui qui arrive au troisième degré et reçoit les importants symboles correspondants, le signe, l'attouchement et le mot, celui-là devrait savoir ce que veut dire vivre hors de son corps. Voilà la règle qu'il faudrait atteindre.

Or, jusqu'aux huitième, neuvième siècles, ces trois grades ont effectivement été atteints dans certaines régions d'Europe. En Irlande par exemple, jusqu'aux huitième, neuvième, dixième siècles, un grand nombre de personnalités atteignirent les degrés que je viens de vous décrire[8]. Ce fut également le cas dans d'autres régions d'Europe, mais là, ces personnalités furent moins nombreuses. On a pourtant toujours éludé quelque chose, par incapacité tout simplement : on n'a pas travaillé à une véritable science de l'esprit.

La transplantation en Russie de certaines confréries secrètes d’Occident

Pour bien des raisons, c'est seulement maintenant qu'une telle science de l'esprit peut nous être proposée. Mais il y a toujours eu des confréries occultes, et elles ne travaillent qu'à partir de symboles. Ces choses prennent une signification particulière lorsqu'on travaille à partir de symboles dans un peuple qui n'a pas encore atteint sa pleine maturité. C'est pourquoi il y eut tellement de difficultés en Russie lorsque, sous le règne de la Grande Catherine, puis sous celui de son successeur Paul, l'influence de Voltaire ayant fortement diminué, on tenta de transplanter certaines confréries secrètes d'Occident en Russie.

Ces tentatives furent très nombreuses, et ce qui s'est passé là-bas sous l'influence de toutes ces confréries occultes venues d'Occident a eu beaucoup plus d'importance qu'on ne peut l'imaginer sur tout le développement de la Russie. Bien entendu, cette influence prend des formes différentes selon les domaines concernés : on la retrouve dans les romans comme dans la politique.

Mais les canaux existent toujours, et cette action prend de plus en plus d'importance pour l'évolution à venir. On peut dire que tout ce qui, jusqu'à Tolstoï, a joué un certain rôle dans la vie culturelle russe nous ramène, d'une façon ou d'une autre, à ce qui s'est passé à l'époque dont je vous ai parlé, lorsque certaines confréries occultes ont été transplantées d'Europe occidentale en Russie.

Les hauts grades

J'ai évoqué une certaine infrastructure en trois degrés. C'est un fait. Mais il existe aussi des gens qui parviennent à des grades supérieurs, ce qu'on appelle les hauts grades. Évidemment, nous sommes là dans un domaine où se niche une formidable dose de vanité ; il existe en effet des confréries où l'on peut accorder jusqu'à quatre-vingt-dix grades et même davantage. Imaginez ce que cela veut dire d'atteindre un grade aussi élevé dans un ordre ! Si le système des ordres écossais, qui s'édifie par ailleurs sur la base des trois grades tels que je vous les ai décrits, en comporte trente-trois, c'est tout simplement par suite d'une erreur. On a d'abord les trois degrés qui, comme vous le voyez, ont un sens profond.

Mais ensuite il y en a encore trente autres. Si déjà avec le troisième grade on a développé la faculté de se ressentir soi-même en dehors de son corps, vous pouvez imaginer quel être grandiose on doit devenir quand on s'est encore élevé de trente degrés supplémentaires ! Or tout cela repose en fait sur une grotesque erreur de connaissance. Dans les sciences occultes, il faut lire les nombres autrement que dans le système décimal.

Quand on écrit 33 grades, cela signifie en réalité, dans le système de numérotation qui convient : 3 fois 3 = 9. Ce problème de numérotation joue un rôle important chez Blavatsky. Dans sa Doctrine secrète, vous trouvez un long débat à propos du nombre 777. Les gens ont échafaudé toutes sortes d'hypothèses sur ce que pouvait bien représenter ce nombre. En réalité, il s'agit de 7 x 7 x 7, c'est-à-dire 343. En occultisme, on écrit un nombre de telle manière qu'il faut multiplier entre eux les chiffres. Si l'on veut obtenir le vrai nombre, il convient donc de dire : 7 x 7 = 49, et 49 x 7 = 343. De même 33 = 3 x 3 = 9. C'est parce que les gens ne savent pas lire qu'ils comprennent 33 au lieu de 9.

Mais oublions toute cette vanité. Il existe bien six grades qui s'élèvent au-dessus des trois premiers. Et lorsqu'on les franchit, il en résulte déjà quelque chose de très significatif. Or à notre époque il est tout à fait impossible d'y parvenir. On ne peut pas atteindre vraiment ces grades parce que l'humanité n'est pas assez avancée, en cette cinquième époque postatlantéenne, pour être à même de traverser les épreuves correspondantes. En matière non pas de connaissance, mais de mise en pratique des connaissances, bien peu de choses ont pu déjà être tirées des mondes spirituels.

Cela ne viendra que peu à peu. Songez que nous ne sommes dans la cinquième période postatlantéenne que depuis l'an 1413 et qu'elle durera environ 2160 ans. Elle ne s'achèvera donc qu'en 3573, et nous ne sommes qu'à son début. Il se passera beaucoup, beaucoup de choses au cours de cette période. Elle verra en particulier se développer la science de l'esprit avec toutes ses conséquences. Mais tout cela ne peut se révéler que peu à peu. Nous pouvons, bien sûr, en tracer déjà les grandes lignes et relater de nombreux détails. Mais beaucoup, beaucoup d'éléments ne se manifesteront qu'après s'être fortifiés en se confrontant à des résistances. Et ces résistances ne cesseront pas de grandir.

Ce que l’humanité vivra peu après l’an 2000

Nous vivons aujourd'hui dans une époque encore relativement idéaliste et spirituelle en comparaison de ce qui doit venir. Vous pouvez le déduire de ce que je vous ai déjà exposé et que je compléterai encore. Nous vivons à la fin du deuxième millénaire après le Christ. Or il ne faudra pas attendre longtemps après l'an 2000 pour que l'humanité ait à vivre des choses fort étranges, qui ne se préparent encore que lentement. Les deux pôles qui courent, en quelque sorte, à la rencontre de l'évolution future se préparent à partir de l'est et de l'ouest.

Dans les régions orientales, on verra de plus en plus se développer une tout autre façon de penser à propos des êtres humains. Cela ne viendra pas du cercle des dirigeants actuels qui conduisent les peuples d'Europe de l'est en dépit du bon sens, mais de ces peuples eux-mêmes. Dans un temps qui n'est pas tellement éloigné, on en viendra à considérer l'être humain en développement tout autrement qu'on a tendance à le faire aujourd'hui. Quand un enfant naîtra, on se demandera :
Qu'est-ce qui pourrait bien sortir de cet enfant ? On aura conscience d'avoir affaire à un être spirituel caché qui se développe peu à peu, et on cherchera à déchiffrer cette énigme. On fera de la croissance d'un enfant une sorte de culte. Cela se prépare à l'est et se répandra bien sûr en Europe. La conséquence, c'est qu'on développera un intérêt formidable pour tout ce qu'on appelle le génie ; on sera en quête de la génialité ! Il est clair que si les choses vont dans ce sens, les vieilles barbes pédagogiques qui donnent le ton aujourd'hui devront avoir disparu entre-temps, n'est-ce-pas. Voilà ce qui se prépare de ce côté. Mais cela ne concerne qu'une infime partie de l'humanité.

Des lois qui auront pour effet de mettre hors circuit tout penser individuel xxx

La plus grande partie de l'humanité sera sous l'influence de l'ouest, de l'Amérique, et il s'agira alors d'une tout autre évolution. Les prémices idéalistes que nous pouvons déjà percevoir aujourd'hui sont bien sympathiques en comparaison de ce qui vient. Les temps actuels sont en effet un vrai bonheur en comparaison de ce qui se produira quand l'ouest atteindra l'apogée de son développement.

Il ne faudra pas attendre longtemps une fois passé l'an 2000, pour voir apparaître, venant d'Amérique, une sorte d'interdiction de penser, non pas directe mais indirecte ; une loi qui aura pour but de réprimer tout penser individuel. On en voit déjà un début dans ce que fait aujourd'hui la médecine matérialiste : l'âme n'a plus le droit d'intervenir, car on traite l'être humain comme une machine, en ne se basant que sur l'expérimentation extérieure.

Ne vous méprenez pas sur ce que je viens de dire, chers amis, car on commet bien des erreurs dans ce domaine, surtout du côté des prétendus spiritualistes. Je rencontre par exemple des gens qui viennent me dire : J'ai tout essayé avec les médecins, mais je ne suis toujours pas guéri. Alors j'ai fini par aller voir quelqu'un qui m'a guéri spirituellement. - Et alors, que vous a-t-il fait ? - Il m'a dit que mon corps était habité par de mauvais esprits et qu'il fallait d'abord que je les prie d'en sortir. - J'ai alors demandé à ces personnes, parce que c'est pour cela en fait qu'elles étaient venues me voir : Et cela vous a aidé ? - Non, ça va plus mal, ça va même beaucoup plus mal. - Réfléchissez donc un peu, leur dis-je, à la situation dans laquelle vous vous êtes mis.

Ne croyez pas que le bonhomme vous ait raconté des histoires. Il avait tout à fait raison de dire que des êtres spirituels habitaient votre corps et que ce sont eux qui vous ont mis en mauvais état. Mais c'est justement parce que ce qu'il vous a dit était juste, et que vous deviez le savoir, que cet homme vous a fait tant de mal. Réfléchissez donc un peu : un apprenti cordonnier maladroit abîme une machine. A cause de lui, la machine ne fonctionne plus. C'est bien la cause réelle.

Et maintenant, comment vais-je remettre la machine en marche ?

Si j'appliquais la méthode de votre médecin spirituel, je devrais convoquer le maladroit, lui administrer une bonne raclée et me dire que lorsqu'il sera parti les choses seront de nouveau en ordre. Il vous l'a bien dit : Dès que les mauvais esprits seront partis, votre machine sera de nouveau en état. Or le fait que l'apprenti ait décampé n'a en rien réparé la machine !

Il faut maintenant la réparer par de tout autres moyens, qui soient en rapport avec la mécanique. C'est la même chose pour vous. Que vous chassiez ou non les mauvais esprits n'a finalement pas plus d'importance pour votre guérison que si je rosse mon apprenti pour qu'il décampe ou bien si je le laisse regarder. Car je pourrais aussi bien le laisser regarder ; cela ne m'empêcherait pas de remettre la machine en état.

Si l'on pêche tellement aujourd'hui, c'est parce qu'on ne sait plus bien penser. On se contente de dire : C'est vrai ou c'est faux... Or ce qui importe, c'est de comprendre vraiment les choses. Il faut bien savoir qu'il y a de l'esprit dans toute matière, et qu'on ne peut guérir la matière que par la connaissance de l'esprit. Mais l'esprit, on veut qu'il soit partout éliminé ! Et ce n'est encore qu'un début.

Un autre début : nous avons déjà aujourd'hui des machines pour additionner, soustraire ... C'est très commode, car on n'a plus besoin de calculer. Bientôt, on fera comme cela avec tout. Dans quelque temps, un siècle ou deux, tout sera terminé. Plus besoin de penser, plus besoin de réfléchir ; on pressera un bouton[iv]. Aujourd'hui par exemple, on voit écrit : « 330 balles de coton Liverpool ». Cela fait encore un peu penser, n'est-ce-pas. Mais bientôt, on appuiera simplement sur un bouton et l'affaire sera faite.

Et pour que la contexture sociale conserve sa solidité, on fera des lois dans lesquelles il ne sera pas écrit directement : il est interdit de penser, mais qui auront pour effet de mettre hors circuit tout penser individuel. C'est l'autre pôle vers lequel nous courons. Vous voyez que notre vie actuelle[v], en comparaison, n'est finalement pas si désagréable. Si on ne franchit pas certaines limites, on a encore le droit de penser. Bien entendu, il ne faut pas franchir certaines limites, mais si on reste dans ces limites, on peut encore penser. Tout ceci fait partie de l'évolution de l'ouest, et cela se produira.

Dans toute cette évolution il faut que la science de l'esprit prenne aussi sa place. Elle doit voir clairement et objectivement la situation. Elle doit savoir que ce qui nous semble aujourd'hui paradoxal arrivera pourtant un jour, vers l'an 2200 et dans les années qui suivront. On assistera à une oppression généralisée de toute la pensée dans le monde. Et c'est dans cette perspective qu'il faut travailler grâce à la science de l'esprit. Il faut que l'apport des découvertes soit tel - et il le sera - qu'un contrepoids suffisant puisse être introduit dans l'évolution du monde. Nous n'en sommes qu'au commencement, et cela ne fera que s'intensifier.

S'amuser à faire passer des gens uniquement par les trois premiers grades de façon purement symbolique

Certes on peut aujourd'hui travailler pour atteindre les six degrés les plus élevés, mais seulement jusqu'à un certain point. On peut aussi, au lieu de cela, s'amuser à un tout autre jeu. On peut s'amuser à faire passer des gens par les trois premiers grades de façon purement symbolique. Il existe en effet des confréries où l'on ne donne rien d'autre aux adeptes que des symboles. Et les gens en sont très fiers ! On les accueille dans le premier grade, on les expédie dans le deuxième, puis dans le troisième, et ils n'apprennent en réalité que la symbolique, sans assimiler quoi que ce soit d'une science de l'esprit.

Et souvent, quand on leur demande s'ils sont contents d'apprendre ces cérémonies, ces attouchements, ces signes, et d'assister à ces actes symboliques qu'on leur montre dans le temple, beaucoup de ces gens-là répondent : Oh oui, nous sommes ravis, parce qu'il n'y a pas besoin de penser pendant que tout cela se passe, et chacun peut interpréter les choses comme il veut ! Mais le corps astral provoque un véritable savoir dans le corps éthérique, et on fabrique ainsi des gens qui ont dans leur corps éthérique un immense savoir.

Et si aujourd'hui vous passez en revue les oncles[9] francs-­maçons les plus bornés - excusez l'expression, mais il faut parfois prendre des mots qui frappent un peu -, vous verrez qu'ils possèdent dans leur corps éthérique un savoir formidable - pas dans leur corps physique, car ce n'est pas un savoir conscient, mais dans leur corps éthérique -, en particulier quand on les a élevés jusqu'au troisième grade. Ils possèdent un formidable savoir inconscient. Et ce savoir, qui leur a été communiqué au moyen de symboles, il peut être utilisé, de façon honnête ou de façon malhonnête.

“Collaborations” entre francs-maçons et jésuites

Les diverses sociétés occultes se regroupent en fait autour de deux pôles. L'un des pôles porte un caractère chrétien profane, l'autre un caractère chrétien ecclésiastique. Tandis que les francs-maçons font partie des confréries symboliques à caractère chrétien profane, les jésuites ont, eux, un caractère chrétien ecclésiastique. En effet, le jésuite passe, lui aussi, par trois degrés, et on lui inculque toute une symbolique grâce à laquelle il apprend à donner une terrible efficacité à ses paroles. Voilà pourquoi les prédicateurs jésuites sont si efficaces ; ils savent comment construire un discours pour pouvoir agir sur les masses incultes en procédant par intensifications successives.

Les oreilles cultivées trouvent tout cela plutôt trivial, mais c'est terriblement efficace[vi]. Un jour, par exemple, j'ai voulu voir les effets, au plan occulte, du prêche d'un jésuite. Il y a bien des années de cela, je suis allé écouter le père Klinkowström, un des prédicateurs jésuites les plus actifs, qui voulait convaincre ses fidèles - une foule de gens totalement incultes, bien sûr - de la nécessité de la confession pascale.

Voilà à peu près comment il s'y est pris. Il voulait prouver à ces gens non pas pour qu'ils le comprennent, mais pour qu'ils le retiennent bien, pour qu'ils sachent que c'est une nécessité, que le pape n'avait pas institué la confession pascale de façon arbitraire, mais qu'elle venait de puissances supérieures divines. Il dit alors :

Mes chers chrétiens ! Imaginez que vous voyez un canon. A côté du canon, le canonnier qui tient la mèche et les hommes qui sont sous son commandement. Il faut tirer. Représentez-vous la scène, chers chrétiens ! Que se passe-t-il quand on doit tirer ? Le canonnier, impatient, se tient près du canon. Il attend l'ordre : Feu ! C'est ce qui vit dans son âme. Cela va venir, il le sait. Feu ! Il tire. Le canon tonne. Représentez-vous bien cela. Dites-vous que le canon est l'ensemble des rites concernant la confession pascale. Autrefois les lois, les commandements à propos de la confession de Pâques n'avaient pas été donnés aux hommes. Mais le canon, lui, était là ! Il fallait tirer. Le pape était là : c'était le canonnier avec la mèche. L'ordre est venu du ciel, chers chrétiens : Feu ! Le pape l'a entendu - il a approché la mèche ! Le coup est parti ! Et la confession pascale est arrivée !

Ne peut-on pas comparer ce canon avec l'apparition de la loi sur la confession pascale ? Et il y a des incroyants ! Il y a des incroyants, chers chrétiens, qui prétendent que le pape aurait inventé la confession pascale ! Pensez donc au canon. Au commandement :

Feu ! il tonne. Direz-vous que le canonnier qui, au commandement « feu ! », allume la mèche, a inventé la poudre ? Eh bien, vous ne pouvez pas dire non plus que le pape a inventé la confession pascale. Le pape n'a pas plus inventé la confession pascale que le canonnier n'a inventé la poudre !

Tout le monde était convaincu. L'église entière était convaincue.

La façon d'utiliser les images est extrêmement habile. Ces gens-là franchissent aussi, à leur manière, les trois degrés. Dans les confréries de cette sorte, il existe, là encore, toutes sortes de nuances ; de même, de l'autre côté, toutes les confréries occultes ne sont pas forcément maçonniques. Ici, en Allemagne, on trouve par exemple les « illuminés » et bien d'autres du même genre.

Mais d'un côté comme de l'autre, il existe encore trois grades au­-dessus des trois premiers. Ceux qui détiennent ces grades supérieurs, ceux qui sont titulaires des grades particulièrement élevés, font partie de certaines confréries - pas de toutes évidemment, mais seulement de certaines -, et ils constituent une sorte de société. Il est tout à fait possible, par exemple, que le supérieur d'une communauté de jésuites fasse partie d'une telle société. Bien entendu, les jésuites combattent furieusement les communautés maçonniques, et les francs-maçons combattent tout aussi furieusement les communautés jésuites.

Mais les hauts dignitaires des francs-maçons et les hauts dignitaires des jésuites appartiennent aux grades supérieurs d'une certaine confrérie qui forme un État dans l'État et englobe toutes les autres. Imaginez donc ce que l'on peut réaliser dans le monde quand on est par exemple le haut dignitaire d'une confrérie maçonnique qu'on utilise comme un instrument, et que l'on peut s'entendre avec le haut dignitaire d'une communauté de jésuites pour entreprendre une action que l'on ne peut réaliser qu'à condition d'avoir un tel appareil à sa disposition : d'un côté, on envoie les frères francs-maçons qui, par toutes sortes de voies, s'engagent dans l'action avec une formidable énergie.

Car il faut prendre fait et cause pour ce que l'on peut entreprendre. Mais lâcher le taureau d'un seul côté, cela ne sert pas à grand-chose. Il faut donc faire en sorte que la chose soit combattue de l'autre côté avec le même feu, le même enthousiasme. Imaginez tout ce que l'on peut provoquer avec un tel système à sa disposition ! Avec une remarquable efficacité, par exemple, on a pu faire agir les jésuites et les francs-maçons sans que, ni d'un côté ni de l'autre, on n'en sache quoi que ce soit.

Cela s'est passé dans un pays du nord-ouest de l'Europe situé quelque part entre la Hollande et la France ... et cette action a eu des effets particulièrement puissants - pas seulement dans les derniers temps, mais pendant une longue période - effets qui se servaient des deux courants et qui ont permis d'accomplir bien des choses[vii].

L'heure a passé. Dans huit jours, mes chers amis, je vous introduirai dans des domaines encore plus concrets. Aujourd'hui j'ai dû examiner plutôt les aspects abstraits de notre sujet. Mais il fallait que nous ayons en vue tout l'édifice, car c'est seulement ainsi que nous pourrons comprendre ce qui, dans le monde extérieur, peut agir de cette manière dans ce domaine.

Rudolf Steiner

[Gras ou italique : S.L.] 

 

Notes

[1] À l’aide de l’ordre de l’« Etoile d’Orient », fondé dans ce but, Annie Besant et ses tenants prônèrent que J. Krishnamurti, sous le nom d’Alcyone, était le Christ incarné.

[2] Pseudonyme de l’abbé Alphonse Louis Constant (1810-1875), auteur de Dogme et rituel de la haute magie (1854-56), Éditions Niclaus Bussière, Paris, 1967 ; la Clef des grands mystères (1861), G. Trédaniel, Paris, 1991

[3] Écrivit, sous le pseudonyme de Papus, entre autres, Traité méthodique de Science occulte, Paris, 1891 ; Traité élémentaire de magie pratique, Paris, 1893, Dangles, Saint- Jean-de-Braye, 1982.

[4] Jakob Böhme (1575-1624) : voir Rudolf Steiner, Mystique et anthroposophie. La mystique à l’aube de la vie spirituelle moderne et les conceptions de notre temps, É.A.R. ; « Qu’est-ce que la mystique ? » (10 février 1910), dans Expériences de la vie de l'âme, in GA 59, É.A.R.

[5] Des erreurs et de la vérité ou les hommes rappelés au principe universel de la science par un Philosophe inconnu (1775), Éditions Le Lis, s.l., 1979

[6] Rudolf Steiner, « La tâche de la science de l’esprit et son édifice à Dornach », 1916, dans la Démarche de l’investigation spirituelle, in GA 35, É.A.R.

[7] E. von Gumppenberg, Was ist und was bewirkt geisteswissenschaft liche Schulung ? (Qu’est-ce que la formation en science de l’esprit et que produit-elle ?), Leipzig, 1916

[8] Ailleurs, Rudolf Steiner indiqua Scot l’Erigène sous ce rapport.

[9] Oncle : terme employé par un louveteau (fils de Franc-Maçon) ou un fils de Frère pour désigner un autre Maçon. La réciproque est neveu ou nièce s’il s’agit d’une fille. (Daniel Ligou, Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie, 1991, p.871).

 

Notes de la rédaction

[i] Il s’agit de la conférence du 28 mars 1916

[ii] Il s’agit dans le langage ésotérique de « l’ancienne Lune », à savoir une incarnation précédente de la Terre elle-même, laquelle était soumise à de toutes autres conditions qu’aujourd’hui. Pour apprendre à connaître quelles furent les étapes d’évolution antérieures à l’existence de la Terre actuelle, lire par exemple « Chronique de l’Akasha » (GA011) ou « La science de l’occulte » (GA013).

[iii] On peut aussi atteindre ce type de résultat par l’hypnose, par exemple.

[iv] On y est maintenant pleinement entré, à des niveaux quasi « infinis ».

[v] On est en 1916. Entre 1982 et 1987, lorsque j’ai réalisé mes études en psychologie, j’avais pleinement le droit de penser dans certaines limites admises. Si j’avais dépassé ces limites et exprimé mes pensées, il est probable que je n’eus pas pu obtenir mon diplôme universitaire (il fallait en effet répéter comme un perroquet à plus d’un examen de fin d’année certaines âneries qui nous étaient enseignées). À partir de 2020, bien des personnes très qualifiées et compétentes dans le domaine médical qui ont exprimé leurs pensées, ne serait-ce que des questions, au sujet des récits officiels relatifs au covid, ont perdu leur emploi. De nombreuses personnes ont aussi été repoussées par leurs familles ou leurs proches, parce qu’elles ne conformaient pas leurs pensées aux pensées dominantes.

[vi] Oui, tout cela est trivial et stupide… mais cela marche sur les masses qui se laissent piéger !

[vii] La création de ce pays fut le fruit d’accords entre loges maçonniques et l’Église catholique.

 

Note de la rédaction
Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.

De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
En outre, il est important pour des débutants de commencer par le début, notamment par les ouvrages de base, pour éviter les risques de confusion dans les représentations.

Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info   

 À NOTER: bien des conférences de Rudolf Steiner qui ont été retranscrites par des auditeurs (certes bienveillants), comportent des erreurs de transcription et des approximations, surtout au début de la première décennie du XXème siècle. Dans quasi tous les cas, les conférences n'ont pas été relues par Rudolf Steiner. Il s'agit dès lors de redoubler de prudence et d'efforts pour saisir avec sagacité les concepts mentionnés dans celles-ci. Les écrits de Rudolf Steiner sont dès lors des documents plus fiables que les retranscriptions de ses conférences. Toutefois, dans les écrits, des problèmes de traduction peuvent aussi se poser.
Merci de prendre connaissance
d'une IMPORTANTE mise au point ici.

 

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