Soi-esprit.info

Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner

Questionnements, essais et considérations portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner

Citation
  • «(...) c’est précisément parce qu’elle n’est pas une école d’anthroposophie que l’école Waldorf peut être façonnée et oeuvrer selon l’esprit de l’anthroposophie.»
    Stuttgart, 23 janvier 1923 - GA257

    Rudolf Steiner


Filderklinik pt


Dans la revue Politica Hermetica, n°29 – 2015, Aurélie Choné, actuellement Professeure au Département d'Etudes allemandes de l’Université de Strasbourg, publie un compte rendu relatif au livre de Peter Staundenmaier : Between Occultism and Nazism. Anthroposophy and the Politics of Race in the Fascist Era, Leyde- Boston, Brill (coll. «Aries Book Series»; 17), 2014; VII-412p.

Cet intéressant compte-rendu peut être téléchargé sur cette page du site academia  ou ci-dessous :

Parmi les points, dans ce compte-rendu d'Aurélie Choné, qui me semblent particulièrement importants :

«Le caractère très polémique de la thématique et les débats violents à ce sujet dans le monde académique - les uns présentant Steiner comme un raciste camouflant son dédain pour les hommes de couleur sous un discours initiatique - les autres soulignant son humanité, sa tolérance et son engagement contre le racisme et le nationalisme - montre à quel point le sujet est passionnel. C’est qu'il touche à notre propre rapport au fascisme. Comment l'appréhender scientifiquement? Et comment traiter des relations entre fascisme et ésotérisme sans les assimiler? L’ouvrage de Peter Staudenmaier est caractéristique de l'influence de l'École de Francfort sur la manière dont de nombreux intellectuels abordent l'étude des courants ésotériques depuis les années soixante: la «théorie critique» repose sur le «paradigme des Lumières» et tend à présenter tout ce qui relève du mythe, du symbole, de la mystique, de la gnose, de l'ésotérisme, comme suspect, potentiellement dangereux sur un plan politique et moral».

[Caractères en gras : S.L.]

Plus haut dans le compte-rendu d’Aurélie Choné, on trouve aussi ce commentaire :

«(…) peut-être aurait-il été souhaitable de mieux distinguer Steiner des anthroposophes des années 1930, et de mettre davantage en avant l'importante réception de l'anthroposophie dans les milieux antifascistes. Seule une perspective dialectique permet - me semble-t-il - d'approcher au plus près d'une certaine vérité historique, alors que l’ouvrage laisse penser - et son titre, Between Occultism and Nazism, le suggère aussi - que l'anthroposophie est quasiment structurellement liée au nazisme, en tout ca au moins autant qu'à l'occultisme. Il est certes important de relever les connexions qui ont existé entre nazis et anthroposophes - cela comble une lacune historique, et Peter Staudenmaier s'emploie remarquablement bien à le taire -, mais li est tout aussi essentiel de donner la parole aux anthroposophes qui se sont opposés au nazisme et au fascisme. (…)»

 

Uwe Werner, qui fut notamment responsable de la Goetheanum-Dokumentation de 1995 à 2011 a publié (entre autres) une étude qui porte sur «Les Anthroposophes et leurs institutions en Allemagne au temps du régime nazi – 1933–1945». Celle-ci est accessible sur soi-esprit.info.

Dans cette étude il formule une critique sévère du livre de Staudenmaier:

«Staudenmaier construit une «réalité» qui n’a jamais existé. Cependant, ce titre n’est pas choisi au hasard, car il lui permet de suggérer que les anthroposophes auraient eu un rapport avec les politiques de races des nazis, c’est à dire avec la stérilisation, l’euthanasie et le génocide.  

Staudenmaier ne cherche pas à savoir si l’anthroposophie a une proximité à l’idéologie nationale-socialiste. Il entend uniquement à la démontrer. Il part d’une conviction idéologique personnelle, d’un a priori qu’il tente ensuite de justifier par des procédés qui ne sont pas des démonstrations, ni des preuves »

Certaines méthodes mises en œuvre par Staudenmaier relèveraient carrément de la manipulation selon Uwe Werner. Ainsi il mentionne 6 exemples de la méthode utilisée par Staudenmaier pour soutenir sa thèse préconçue :

1 - Tronquer un texte fondamental pour en inverser le sens 
2 - Fonder une prétendue proximité entre Steiner et un représentant de la droite allemande 
3 - Établir des relations de sympathie entre des nazis et l’anthroposophie pour justifier une proximité
4 - Baser son argumentation sur un prétendu fonds antidémocratique de l’anthroposophie
5 - Induire l’importance d’un fait en évitant de le relativiser
6 - Utiliser une méthode de suggestion par omission»

La critique complète que Werner adresse au livre de Staudenmaier ainsi qu’un descriptif de la méthode mise en œuvre par Staundenmaier (selon Werner) est directement accessible sur soi-esprit.info via ce lien.

Stéphane Lejoly

  

Galerie de vidéos civiliennes

TempsCivilien Youtube1 pt