Soi-esprit.info

Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner

Questionnements, essais et considérations portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner

Citation
  • «(...) c’est précisément parce qu’elle n’est pas une école d’anthroposophie que l’école Waldorf peut être façonnée et oeuvrer selon l’esprit de l’anthroposophie.»
    Stuttgart, 23 janvier 1923 - GA257

    Rudolf Steiner

csm Ovarial Ca Mistel mit Beeren viscum album


En septembre 2021, Jérémui GELPI défendait une thèse de doctorat en pharmacie, à l'université de Lorraine portant sur "Viscum album, son histoire, ses utilisations en phytothérapie et homéopathie".

Si la thèse porte, entre autres, sur les applications thérapeutiques du viscum album (gui) en oncologie telles que pratiquées en médecine anthroposophique (emploi et posologie, contre-indications, efficacité thérapeutique et limites...) elle porte comme son titre l'indique de manière plus large aussi sur la plante elle-même, notamment : sa description botanique, sa phytochimie, sa toxicologie et aussi les histoires et croyances qui y sont liées.

Bien que la lecture de cette thèse semble a priori passionnante, le nombre d'heures par jour demeurant limitées à 24 actuellement, nous nous contenterons de rapporter ci-dessous quelques extraits de la conclusion de ce travail concernant plus spécifiquement ses applications thérapeutiques, ainsi qu'une reproduction de sa table des matières (pour vous donner l'envie de lire la thèse et pourquoi pas de nous communiquer un recensement à publier sur soi-esprit.info ? 😊).

Ces extraits mettent en évidence les capacités de certaines substances composant le gui à obtenir des diminutions significatives de la masse tumorale, lors d'expériences in-vitro.

Par contre, au niveau des applications cliniques, les résultats ne semblent pas déjà probants actuellement, quant à la la survie avant rechute ou de la survie en règle générale (nous ne faisons pas ici référence à l'amélioration de la qualité de vie des patients cancéreux pendant un traitement oncologique conventionnel ou après celui-ci). Ceci ne doit toutefois pas mettre un terme à la recherche, compte tenu de la complexité et de la diversité des situations concernées (diversité de types de cancers, de types d'extraits de gui, etc.).

(...) « De nombreuses études d’abord in-vitro ont par conséquent cherché à tester et mesurer le potentiel intérêt du gui sur différents aspects relatifs au développement cellulaire et à l’activité du système immunitaire. Les essais visant à éprouver les capacités cytotoxiques des lectines du gui ML-I, II et III ont permis de mettre en évidence et à plusieurs reprises des diminutions significatives de la masse tumorale. Ceux se concentrant sur ses autres constituants ont de plus permis d’observer une stimulation substantielle du système immunitaire favorisant alors sa lutte contre les cellules tumorales.

Pour ce qui est des applications cliniques, c’est tout naturellement que l’anthroposophie et les laboratoires commercialisant de telles préparations ont ainsi publié de nombreuses études concluant aux bénéfices tant en termes de survie qu’en termes de qualité de vie. Compilées dans plusieurs revues et méta-analyses, la majorité de ces études ont toutefois montré de nombreux défauts méthodologiques et biais présents. Ce fait peut s’expliquer aisément : la diversité du nombre de tumeurs, la présence ou non de traitements conventionnels concomitants ou passés et la multitude d’hôtes parasités par la plante rendent on ne peut plus complexe l’établissement de protocoles méthodologiquement solides pour l’étude.

Les études jugées comme étant les plus solides d’un point de vue méthodologique n’ont pas montré de réel bénéfice pour ce qui est de la survie avant rechute ou de la survie en règle générale. Parmi l’ensemble des essais, l’amélioration de la qualité de vie a montré l’intérêt potentiel le plus intéressant vis-à-vis des données disponibles et de leur fiabilité statistique sans pour autant permettre de valider un bénéfice certain.

Ces différents résultats ne peuvent pour l’heure permettre de valider le bénéfice des extraits de gui dans le cadre d’un traitement oncologique. Cependant, la contradiction des résultats et l’efficacité démontré in-vitro doivent être vus comme une piste d’intérêt capable de légitimer la poursuite des recherches sur le sujet. »

(...)

« De nombreux essais se sont consacrés à étudier le bénéfice quant à l’emploi du gui en limitant leurs champs d’étude à un extrait précis dans un contexte de pathologie oncologique là encore précis. Cependant, même si les études les plus solides d’un point de vue méthodologique ont dû se concentrer sur un extrait spécifique utilisé dans un état pathologique précis, la composition chimique d’un même extrait végétal est susceptible de varier. Et, bien que certains fabricants proposent des extraits de Viscum album titré en lectine, la concentration des autres molécules reste inconnue.

Un état cancéreux ne saurait être identique à un autre, au même titre qu’une tumeur ne saurait être semblable à une autre de façon générale. Bien que répondant pour la plupart à une origine cellulaire et des mécanismes commun, leur type, stade et localité varient.

Il est alors difficile de conclure quant à l’intérêt du gui au sens large dans la prise en charge des cancers tant les contextes cliniques, thérapeutiques et chimiques peuvent se montrer distincts.

Les connaissances évoluent. Le postulat de base proposé par Steiner et Wegman au travers de l’anthroposophie sur l’emploi du gui en cancérologie doit évoluer et ses recommandations gagner en précisions sur les contextes oncologiques et modes d’utilisation.

Pour améliorer les connaissances actuelles, il serait intéressant de disposer d’extraits dont les concentrations des différentes molécules soient connues. De plus, même si les modes de fabrication diffèrent, à l’exemple d’une fermentation ou non des spécialités, il serait avantageux que ces différents modes de fabrication soient standardisés d’un laboratoire à l’autre et d’un lot à l’autre.

Il est à envisager que Viscum album ne dispose finalement d’aucun intérêt dans le domaine de l’oncologie, comme il est possible que certains extraits précis soient efficaces dans la prise en charge d’une pathologie cancéreuse précise. Face aux bénéfices potentiels, il semble important que la recherche continue de mener des études sur le sujet. »

 

La thèse de doctorat peut être téléchargée via cette page: 
http://docnum.univ-lorraine.fr/public/PHA_T_2021_2088_GELPI_JEREMY.pdf  ou via ce lien.

Stéphane Lejoly

Nous reproduisons ci-dessous la table des matières de la thèse de doctorat :

 

 

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