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(...) La mort est une réalité qui possède deux côtés totalement différents. La mort, vue d'ici, du côté du monde physique, a certes beaucoup d'aspects fort tristes et douloureux. Mais c'est vrai qu'on ne voit ici la mort que d'un côté : quand on est mort, on la voit de l'autre côté. Et là, elle est l'événement le plus satisfaisant, le plus parachevé que l'on puisse connaître. Car là, elle est faite de vie. Tandis qu'elle est ici (...).
(...) Et maintenant essayez de réfléchir au nombre de choses que vous accomplissez dans votre vie, et qui se déroulent pour ainsi dire automatiquement : vous vous apercevez que la vie entre le réveil et l'endormissement comporte énormément de moments passifs, alors que la vie entre l'endormissement et le réveil est très active. Il règne là une activité intense, énorme. Il est intéressant de constater que ceux qui sont relativement mous dans la vie extérieure, pendant la veille, sont les plus affairés entre l'endormissement et le réveil. Dans cette phase, l'être humain déploie une incroyable activité, mais, dans la vie normale, il n'en sait rien. Et quand on regarde plus précisément ce que fait l'âme - le « moi » et le corps astral - on découvre que cette activité est vraiment intimement liée à toute l'existence de l'être humain. (...).
(...) le temps que nous passons ici entre la naissance et la mort est relativement court, comparé au temps que nous passons dans le monde spirituel entre la mort et une nouvelle naissance. À partir des points de vue les plus différents, nous avons développé ceci : en général, ce temps que l'être humain doit passer entre la mort et une nouvelle naissance est beaucoup, beaucoup plus long que celui d'une vie physique, ici-bas, entre la naissance et la mort (...).
(...) chaque novice de l’ordre des jésuites doit faire des exercices qui l’introduisent dans la vie occulte, mais dans le champ de la volonté, et qui imposent à la volonté dans la sphère de l’occulte une discipline sévère, un dressage, pour ainsi dire. Et ce qu’il y a là de significatif, c’est que ce dressage de la volonté ne se limite pas à la seule surface de la vie, elle sourd d’une zone plus profonde, parce que l’élève se trouve introduit dans le domaine occulte – dans le sens, s’entend, dont on vient de parler. (...).

(...) «Sur cette image se télescopent deux impulsions absolument contradictoires, absolument incompatibles, absolument inconciliables :
(...) Avec quelle énergie ne s’emploie-t-on pas à renvoyer l’enfant ou le jeune homme le plus vite possible à son propre jugement ? Avec quelle énergie ne s’emploie-t-on pas à éduquer l’enfant à l’encontre de tout ce que j’ai pu dire dans mon livre L’Éducation de l’enfant à la lumière de la science de l’esprit ? Or il est important que l’enfant vive pour toute chose une représentation imagée, que la compréhension par l’entendement n’intervienne que le plus tard possible. Or on n’a que peu de sens pour cela aujourd’hui. Notre culture déjà a très peu de sens pour cela. Mais il ne s’agit pas de refouler cette culture, la science de l’esprit ne doit pas être réactionnaire. Elle prendra évidemment en compte la marche culturelle matérielle, mais ce progrès extérieur matériel exige qu’un contrepoids y soit opposé (...).
(...) Vous avez donc un exemple où deux personnes se battent ; l’une attaquant et l’autre étant réduite à se défendre bien malgré elle, alors qu’elles sont du même avis. Comment cela est-il possible ? Une telle chose ne peut se produire que si les deux personnes n’ont plus rien à faire de la réalité, même restreinte, dont il est question et parce qu’elles vivent autre chose que la réalité. (...).
(...) L’orgueil et la vanité jouent un rôle immense dans l’attitude que l’homme prend dans tous les pôles et à tout point de vue de la vie. Combien de personnes occupent leur poste pour avoir été flattées ou piquées dans leur orgueil par la structure sociale ? Tous les titres, les rangs et les ordres ne reposent en définitive que sur l’élément luciférien. Demandez-vous, sans faire valoir quelque préjugé, quelle part il y a de réponse à l’hameçon de l’orgueil (cet appât de l’orgueil) dans la position qu’occupent les gens. Voyez comment la position des uns au-dessus ou au-dessous des autres, est l’effet d’une structure sociale qui calcule avec l’orgueil (...).
(...) les pensées que nous formons ici sur terre à propos du monde spirituel sont la nourriture de la force principale qui reste après la mort : la force de pensée. La force de pensée est, dans la vie entre la mort et une nouvelle naissance, comme la force de la faim ici-bas, mais alors elle ne sera pas rassasiée. Dans la vie entre la mort et une nouvelle naissance nous pouvons avoir des imaginations, des inspirations et des intuitions, mais nous ne pouvons pas avoir de pensées en tant que telles. Il faut les acquérir ici-bas. C’est pour acquérir des pensées que nous devons entrer dans la vie terrestre (...).
Divers articles, podcasts, vidéos, etc. publiés sur le site soi-esprit.info ou ailleurs, susciteront nécessairement des questionnements, besoins de clarifier, d’amender, de répondre, de témoigner, d’exprimer un désaccord voire, pourquoi pas, une totale opposition sur tel ou tel point.
Ceci se produira d’autant plus que sont traitées sur ce site des notions particulièrement subtiles et complexes issues de la science de l’esprit de Rudolf Steiner. Tout le monde n’a pas à être en accord avec tout.
Pour favoriser l’expression de ces points de vue et le débat, un espace « courriers de lecteurs » est créé sur soi-esprit.info à dater de ce mois de septembre 2022.

Le jeu libre occupe une place centrale dans les jardins d'enfants des écoles Waldorf Steiner. Philipp Reubke nous explique pourquoi dans son bel article On ne s'amuse pas, on joue sur sur Aether.news.

Dans son article « Adepte ou insoumis » paru sur Aether.news, Philipp Reubke écrit : « L’histoire de la spirale en branche de sapin ou en mousse avec une bougie en son centre n’est pourtant pas une invention de Jean-Baptiste Malet [Ndlr : le journaliste auteur d’un pamphlet publié dans le Monde diplomatique en 2018, intitulé « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme »] . Il existe bien de nombreuses structures Steiner-Waldorf pour la petite enfance en Europe qui organisent une telle fête pour les moins de six ans aux mois de novembre et décembre. Cependant, je ne connais aucun endroit dans l’œuvre de Steiner où il conseille ou demande aux éducatrices d’organiser une telle fête.

Note de la rédaction (SL) : Dans un chapitre du livre « Le cas Tomberg. Anthroposophie ou Jésuitisme » (à l'annexe II point 3), Christian Lazaridès aborde spécifiquement l’argument chronologique qui est utilisé par certains tombergiens, dont Robert Powell, pour étayer l'identification entre Valentin Tomberg et le Bodhisattva. Au-delà du cas spécifique de Valentin Tomberg, l’étude de Christian Lazaridès s’avèrera particulièrement précieuse aussi pour apprendre à discerner et à déconstruire ce type d’argumentation mise en œuvre à l’égard d’autres personnalités encore, à qui sont attribuées des «qualités et identités spirituelles» impropres sur base de raisonnements chronologiques fallacieux. Remarquons au passage, que malgré les grossières falsifications opérées par Robert Powell et d'autres auteurs, relatées dans le livre précité, ainsi que ci-dessous et dans un autre extrait sur ce site, Robert Powell poursuit leur diffusion, y compris bien sûr à Dornach (voir par exemple le texte de son intervention du 22 au 29 juillet 2022).
(...) Il s’agit de considérer la réalité des choses. Une non-vérité exerce une action objective. Les pensées sont des réalités agissantes, ce ne sont pas simplement des concepts. Un mensonge agit comme une force, même si personne ne sait que c’en est un, certes, mais il y a pire : lorsqu’un mensonge existe, mais qu’on ne veut pas le reconnaître comme tel, il agit néanmoins dans la réalité comme un mensonge. Un mensonge même soutenu dans une bonne intention agit comme un mensonge (...).
(...) ne peut-on pas constater que les gens qui ont reçu l’éducation scolaire ne se souviennent plus tard que de ce qui est entré dans leur vie de sentiment ? Ils ne font d’ailleurs souvent même pas cela, ils se réjouissent au contraire de pouvoir, au plus vite, tout oublier de leur scolarité. Cela ne signifie rien d’autre sinon que le reste de l’organisme observe la formation de la tête. Si le reste de l’organisme recevait de la part de la tête ce dont il a besoin, on ne se rappellerait pas l’école seulement par le souvenir, mais on porterait le regard sur elle, comme on regarde un paradis, sur ce que le maître a apporté, avec en tout instant un contentement intime, avec attachement, comme sur une source à laquelle on puise sans cesse le rajeunissement. Si l’on avait une éducation du cœur et pas seulement de la tête, ce serait donc une source de jouvence. Grâce à son éducation, l’être humain aurait donc ainsi toute sa vie durant à donner au reste de l’organisme, dont le développement est beaucoup plus lent (...).
(...) Notre époque est une époque très, très partagée. Un regard superficiel pourrait facilement n’y voir que son côté matérialiste. Mais ce n’est pas tout, la situation est bien plus complexe. En somme, on peut dire que, par son caractère fondamental, notre époque moderne est extraordinairement spirituelle. Jamais il n’y eut, au cours du développement de l’humanité, des concepts et des représentations plus spirituels que ceux que notre science naturelle amène à la surface. Seulement ces concepts sont, si je puis dire, minces, abstraits. Ils sont en substance effectivement tout à fait spirituels, mais ils ne sont pas propres, tels qu’ils apparaissent, s’ils ne sont pas traités correctement, à exprimer le spirituel. (...).
(...) Les êtres humains se sont tout à fait habitués à la pensée abstraite et ils s’y trouvent bien, ils s’y sentent ainsi intelligents. Ils croient avoir la vérité dans la pensée et n’éprouvent aucun besoin de confronter leur pensée avec la réalité. Or c’est une chose qu’il nous faut réapprendre, sans quoi nous en resterons à la déclamation d’idées abstraites dépourvues de toute valeur pour la vie réelle.La grande maladie de notre temps, c’est la déclamation d’idées abstraites dénuées de valeur pour la vie réelle. Lorsqu’on proclame aujourd’hui que les plus capables doivent occuper les postes importants, c’est, à vrai dire, une idée merveilleuse ! N’est-ce pas un idéal que de libérer la voie pour les plus capables ? On se sent, en notre période matérialiste, comme porteur en sa poitrine d’une valeur sans pareille pour l’avenir tout entier lorsqu’on déclame un tel idéal. Mais à quoi bon un tel idéal abstrait, si on en reste à déclarer son neveu ou son gendre comme étant le plus capable ? Il ne s’agit vraiment pas de reconnaître et de proclamer un idéal abstrait, mais de le confronter en son âme et de reconnaître la réalité en son essence, de la ressentir, de la pénétrer, de l’élaborer (...).
(...) Rien n’est plus nécessaire, dans notre mouvement spirituel, que d’avoir un regard clair et avisé sur ce qui se passe dans le monde. Rien n’y est plus désavantageux, au contraire, que d’y cultiver, comme cela arrive tout de même parfois, excusez le terme un peu rude, une addiction au sommeil spirituel, devant les événements du monde. C’est un regard des plus clairs sur les événements de l’existence extérieure qu’il faut rechercher. À un tel mouvement, rien n’est plus facile que de venir y accrocher toutes sortes de tendances humaines, comme la charlatanerie ou la supercherie. (...)

Dans son introduction critique à la pédagogie Waldorf, Ullrich en vient à une évaluation ambivalente de l’école Waldorf : en elle vit selon lui : « une pratique remarquable et en même temps une théorie douteuse » La contribution suivante explore la seconde partie de cette affirmation. Elle ne prétend donc pas évaluer toute l’ampleur de l’ouvrage d’Ullrich et le remettre en question de manière critique — ceci a déjà eu lieu dans la recension de Jost Schieren. Elle se concentre plutôt sur deux thèmes : la réflexion sur la position de l’anthroposophie au plan de la théorie scientifique [en vigueur, ndt] et l’analyse de l’affirmation d’Ullrich que la psychologie du développement de Steiner serait pré-scientifique et à ranger comme un « anachronisme psychologique ».
Résumé : Dans quel rapport se tiennent mutuellement mystique et science ? Pour clarifier cela, on sonde le concept de Protoscience dans ses couches de signification ambivalentes. Cela permet, tout en reliant mystique et science, de mettre aussi en évidence les caractères les éloignant l’une de l’autre : alors que la science actuelle, en considération de sa relation aux objets physiques, se rattache foncièrement à des manières de voir et pratiques mystiques (par exemple en référence à l’alchymie et l’astrologie), elle se démarque véhémentement de l’implication mystique de la conscience humaine et de sa quête spirituelle de Dieu. Cette démarcation encourage, d’une part, la marche triomphale de la science (naturelle) moderne, accompagnant la naissance de l’auto-conscience de l’époque moderne dans sa propre gouvernance et dans le sérieux de son investigation expérimentale méthodique. D’autre part, Il devient évident qu’une élimination totale des aspects plus profonds, rationnellement non saisissables, de la conscience, n’a pas été atteinte, ni n’est non plus exécutable. À l’appui d’exemples, on élucide comment un penser et un agir motivés par la mystique, peuvent être indiqués en tant qu’expression symbolique de ces forces de conscience-là précisément, que la science actuelle rend principalement d’abord possibles. Ceci s’effectue sur l’arrière-plan d’une investigation immanente de la conscience permettant d’unir la revendication existentielle-empirique holistique de la mystique d’avec un concept de recherche méthodiquement élaboré. Une telle forme nouvelle de recherche est appelée pour cela à estimer la mystique aussi bien dans sa scientificité actuelle avant-coureuse et immature, qu’à reconnaître son potentiel renvoyant dans un futur lointain à une culture scientifique transrationnelle et à la réaliser sous une forme conforme à l’époque.
[l'expression champ de tension(*) est aussi possible, comme dans la version allemande ndt]

Parmi les universitaires de l’éducation, l’enseignement Waldorf tend à être vu avec un degré considérable de scepticisme critique. Cette critique n’est pas focalisée sur l’enseignement, en tant que tel, mais sur la vision du monde qui est derrière, à savoir, l’anthroposophie. Prange (Prange, 1985, 2005), Ehrenhard Skiera (Skiera, 2009), sans parler de Heiner Ullrich (Ullrich, 1986, 1988, 2015), tous insistent de façon pénétrante sur le fait que la dépendance de l’enseignement Waldorf de l’anthroposophie la rend inacceptablement, « grevée d’une vision du monde ».
Normalement nous ne sommes pas en lien, lors de notre état de conscience éveillé, avec ceux que nous nommons les morts, et ce en raison du fait que nous dormons en permanence devant une partie du monde environnant. Si nous pouvions pénétrer dans ce monde devant lequel nous dormons, nous ne serions plus coupés du monde dans lequel évoluent les humains entre la mort et une nouvelle naissance. De même que nous sommes entourés d’air, nous le sommes par le monde dans lequel se trouve l’être humain entre la mort et une nouvelle naissance. Comme je l’ai dit, si nous ne percevons rien de ce monde, c’est dû au fait que nous dormons devant lui.

Recension de l’ouvrage d’Heiner Ullrich : Pédagogie Waldorf. Une introduction critique, 182 pages. Beltz-Verlag — Weinheim, Bâle 2015. Le pédagogue scientifique Mayençois, Heiner Ullrich, s’occupe depuis plus de trente ans de l’école Waldorf. Dans son mémoire de thèse de l’année 1986, « Pédagogie Waldorf et conception occulte du monde ». Une confrontation philosophique de l’éducation avec l’anthropologie de Rudolf Steiner » (Ullrich 1986), il s’explique déjà avec les bases anthroposophiques de la pédagogie Waldorf. Dans les publications suivantes, il s’approche de la pédagogie Waldorf par le côté de la recherche empirique (voir Ullrich 2004 & 2007). À l’occasion du 150ème anniversaire de Rudolf Steiner, il publia une biographie de Steiner (Ullrich 2011).
| « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même » Vérité et Science, Rudolf Steiner |