Sources

Cinquième conférence, Stuttgart, 23 novembre 1915
C'est la rédaction de Soi-esprit.info qui a donné son titre à cette conférence :
« Quelle est, après notre mort, l’expérience la plus importante, la plus décisive, pour maintenir la conscience de soi ? »
Expériences de l’âme dans la mort. Perception de l’abandon de tout élément terrestre. Le panorama de la vie. Le regard sur l’expérience de la mort au cours de la vie entre la mort et une nouvelle naissance. Entrée dans le kamaloca. Expérience des actes accomplis et de leur action sur autrui, formation du karma. Essence de la vie onirique. Rapport de notre conscience dans le sommeil avec la vie dans le kamaloca. Action du corps éthérique des défunts précoces.
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Fragments
Quelques fragments donnés à titre purement indicatif. La conférence est bien plus riche !
Dans cette conférence donnée à Dornach le 23 novembre 1915, Rudolf Steiner décrit le passage de l’âme humaine à travers la porte de la mort et les premières expériences de conscience qui s’ensuivent dans le monde spirituel, dont une est décisive pour l’éveil de la conscience de soi dans les mondes spirituels.
L’être humain, quittant son corps physique, éprouve d’abord la sensation d’être abandonné par la Terre et par tous les êtres qui lui étaient proches.
Ce détachement provoque un retournement de l’expérience de la vie : alors que, sur Terre, la vie afflue de l’extérieur, après la mort elle jaillit de l’intérieur. De ce jaillissement intérieur naît un panorama vivant de la vie terrestre, où défilent toutes les expériences vécues entre la naissance et la mort. Ces images puissantes, s’animent grâce à la force vitale que l’âme engendre désormais par elle-même. L’être humain ne reçoit plus la vie, il la produit. Dans cette activité intérieure auto créatrice, il apprend à se connaître d’une manière inconnue dans la vie physique. Sur Terre, la conscience de soi (qui n’est pas à confondre avec le Moi (ou le Je)) naît du choc du monde contre le Je, du fait de vivre dans un corps physique ; après la mort, elle naît d’un acte créateur intérieur. Ne possédant plus de corps physique pour se refléter, on doit se créer soi-même, se donner en permanence son propre être. C’est dans cette auto-création spirituelle que réside la conscience du Je dans les mondes supérieurs : l’être humain se sait vivant parce qu’il s’engendre continuellement en l’esprit.
Ainsi, ce que l’on appelle la « vision du moment de la mort » n’est pas pour le défunt une horreur, mais au contraire une révélation sublime : l’expérience immédiate de la victoire de l’esprit sur la matière, du pouvoir de l’être de se maintenir et de se recréer hors du corps. Cette expérience du moment de la mort, qui demeure en permanence présente tout au long de la vie entre la mort et une nouvelle naissance, constitue la base de la conscience de soi dans le monde spirituel pendant cette période — non plus une conscience réfléchie, mais une conscience créatrice, toujours issue du jaillissement de l’esprit à partir de lui-même.
Le panorama vivant de la vie terrestre est ensuite pénétré de lumière et de son : la musique des sphères et les forces du cosmos y vibrent, révélant la parenté de l’âme avec l’univers. Au terme de ce processus, le corps éthérique se détache et l’âme entre dans le « monde des âmes » ou Kamaloca. Là commence la reviviscence morale de la vie terrestre : l’être humain revit ses actions, non plus de son propre point de vue, mais du point de vue de ceux qui en ont subi les effets. Par cette expérience, il engendre la force intérieure de compensation karmique, la volonté de réparer dans de futures existences ce qui fut causé dans la précédente.
Il existe un lien particulier entre cette expérience post-mortem et le rythme terrestre du sommeil et de la veille. Chaque nuit, durant le sommeil, l’âme revit et juge les événements de la journée ; cette activité inconsciente prépare la conscience que l’homme aura après la mort. Dans le monde des âmes, l’être humain « se souviendra » alors de ses nuits terrestres, de ce travail intérieur invisible qu’il accomplissait durant le sommeil.
Une différence essentielle apparaît selon l’âge au moment de la mort : avant trente-cinq ans, le tableau de vie est encore éclairé par des réminiscences du monde spirituel d’avant la naissance ; après cet âge (environ), celles-ci s’effacent, et l’âme fait face à la seule substance même de sa vie terrestre, qu’elle doit maintenant enflammer de sa propre lumière intérieure.
Rudolf Steiner évoque enfin le destin spirituel de nombreux jeunes morts à la guerre : leurs forces éthériques inemployées ne se perdent pas, mais demeurent actives dans l’atmosphère spirituelle de la Terre. Ces forces, imprégnées de sacrifice, agiront concrètement. Elles se liront aux germes de compréhension qui iront à leur rencontre de la part des enfants de la terre.
Cette conférence d’une immense richesse (bien plus riche que ce que ces quelques lignes peuvent indiquer), offre une vision parmi les plus essentielles du passage de la mort, au moment où la séparation d’avec la Terre devient un éveil à la créativité de l’esprit humain, et où la mémoire du moment de la mort fonde la conscience de soi dans les mondes supérieurs tout le long de la vie entre la mort et une nouvelle naissance.
















