
|
NDLR : Cet article de Günther Zwahlen portant le titre : « L'intervention des Asuras au XXème siècle » Cet article est la version écrite d'une conférence — sur l'action des Asuras — donnée par Günther Zwahlen (1930 - 2016) en 1998 à la branche Paracelsus de Bâle. Ce thème est particulièrement d'actualité dans le contexte de la publication de l’affaire Epstein. Éditeur responsables : Thomas Heck et Eva Lohmann-Heck (Email : NdT : Les citations (de R. Steiner, et autres) ne sont pas les traductions publiées par les Éditeurs en langue française. |
Éditorial de Thomas HeckL'une des tâches de notre époque, la cinquième époque de culture post-atlantéenne, consiste non seulement à connaître l'action des êtres spirituels en nous-mêmes et dans notre environnement proche et lointain, mais aussi à la reconnaître, à la percevoir et à distinguer comment et où ils agissent. Certes, cela vaut avant tout pour nous-mêmes, mais aussi pour notre environnement proche et lointain. Car les événements mondiaux resteraient totalement incompréhensibles si l'on ne tenait pas compte de l'action des forces retardatrices des adversaires. Ils ne peuvent réaliser leurs intentions qu'à travers les êtres humains, sans que ceux-ci en aient conscience : « Les impulsions spirituelles profondes qui jaillissent du monde suprasensible pour se déverser dans la volonté et l'action, et qui façonnent la vie sociale humaine, restent inconnues de cette conscience [ordinaire]. L'être humain peut vivre dans la conviction qu'une certaine motivation le pousse à agir ; en réalité, cette motivation n'est que le masque conscient d'une motivation qui reste inconsciente. »[1] C'est ainsi que peut également agir le mal essentiel – qui est toutefois nié par le matérialisme dominant. Reconnaître cela et trouver une manière appropriée d'y faire face fait partie des tâches centrales de notre époque afin de permettre à l'humanité de continuer à évoluer et d'atteindre ainsi l'objectif de développement de la Terre. Rudolf Steiner l'a souligné à maintes reprises, notamment dans la citation suivante sur la Pentecôte : Là où s'arrête la connaissance sensorielle, L'âme crée la clé Quand elle chasse par elle-même le sommeil Voici maintenant la version écrite —rédigée par lui-même[2] — de la conférence donnée par Günther Zwahlen (1930 - 2016) en 1998 à la branche Paracelsus de Bâle sur l'action des Asuras. Ce thème est actuellement d'une importance capitale, notamment dans le contexte de la publication des documents Epstein, car il met en lumière des agissements humains dont l'absurdité dépasse l'entendement. Cela resterait incompréhensibles si l'on continuait à ignorer ou à nier l'action d'un mal essentiel à travers les hommes. Il faut toutefois être conscient que ce qui est actuellement révélé au grand jour n'est probablement que la partie émergée de l'iceberg. L'humanité devra désormais y faire face et sortir de l'apathie et de la résignation qui règnent à l'égard des structures de pouvoir existantes, mais surtout de l'erreur selon laquelle on ne peut rien faire : « L'homme peut faire ce qu'il doit faire ; et s'il dit : je ne peux pas, c'est qu'il ne veut pas. »[3] Pour en savoir plus, voir Rundbrief n° 26 [NdT : pas encore traduite] Mais il s'agit tout d'abord de poser les bases nécessaires à la compréhension et à la reconnaissance de ce qui se passe, et pas seulement en ce qui concerne les documents Epstein. Il faut toutefois se demander pourquoi ces publications ont lieu précisément maintenant : se pourrait-il que l'on veuille détourner l'attention d'autres développements ? C'est tout à fait possible et même probable. Mais commençons par les bases nécessaires à la compréhension. Nous remercions chaleureusement Christoph Zwahlen d'avoir donné son accord pour la publication de la conférence de son père. Thomas Heck, 18 février 2026 |
L'intervention des Asuras à notre époque
Das Eingreifen asurischer Wesen in unserer Zeit
Conférence de Günther Zwahlen (1930 - 2016)
La conspiration contre l'esprit
Rudolf Steiner
Ce que la vision matérialiste du monde décrit chez les hommes deviendrait réalité si cette vision matérialiste du monde triomphait. Et il appartient aux hommes, par une autre vision du monde, de ne pas laisser ce matérialisme triompher... Cette vision matérialiste du monde n'est pas seulement une erreur, c'est une conspiration, la conspiration contre l'esprit. (GA 254, 1986, S. 266).
L'intervention des Asuras au XX° siècle
Günther Zwahlen
Chers amis,
Dans le numéro de mars [1988] de la revue mensuelle « Die Christengemeinschaft », un court article annonçant un congrès sur le thème « Le Christ et le mal » qui se tiendra en octobre à Kassel commence par ces mots : « Le mal est actuellement à la mode. Aussi frivole que soit une telle affirmation, elle n'en est pas moins justifiée, voire nécessaire. Le mal est à la mode dans un double sens. D'une part, en tant qu'objet de réflexion : de nouveaux livres paraissent sans cesse, qui explorent avec plus ou moins de profondeur le mystère du mal. D'autre part, nous voyons le « mal » agir comme une force très réelle et de plus en plus présente dans notre vie civilisée. » Voilà pour la citation.
Ce que ces mots expriment correspond à notre expérience quotidienne. Le « mal » est pour ainsi dire devenu la réalité de notre quotidien, la signature de notre époque, la signature du XX° siècle.
Certes, le « mal » existait déjà auparavant, pas seulement au XX° siècle. Guerres, destructions, viols, cruautés de toutes sortes, mais : la relation de l'homme au « mal » et sa manière de le traiter ont pris au cours du XX° siècle un caractère tout à fait différent, sans précédent, et ont revêtu des formes jusqu'alors inconnues. Et l'on doit se demander : pourquoi en est-il ainsi ? Quelle est la raison pour laquelle le « mal » connaît de tels triomphes ?
Je pense que seule la science de l’esprit peut répondre aux questions soulevées.
Et la réponse la plus concise est la suivante : la raison en est l'intervention et l'action d'une catégorie d'êtres maléfiques qui, jusqu'à présent, ne pouvaient agir de cette manière. Rudolf Steiner a appelé ces êtres des Asuras. C'est d'eux que nous allons parler ce soir, avec pour thème : l'intervention des Asuras au XX° siècle.
Mais tout d'abord, une remarque préliminaire : j'imagine que certains d'entre vous se disent : « Encore le mal, toujours le mal ; il serait temps de parler du bien. » Or, on ne peut pas parler du mal sans parler aussi du bien, et inversement. Car le mal ne peut être reconnu et représenté qu'à l'aune du bien, et le bien qu'à l'aune du mal. Malgré les réserves que l'on peut avoir à l'égard du thème récurrent du « mal », il est important, juste et nécessaire de se confronter au mal sur le plan cognitif. Premièrement, il n'y a pas un moment dans notre vie où nous ne sommes pas confrontés à ce qu'on appelle le mal ; et deuxièmement, c'est la tâche culturelle, historique et, pourrait-on dire, conforme au plan d'évolution de notre époque, la 5e époque de culture post-atlantéenne, l'époque du développement de l'âme de conscience, à savoir la tâche de percevoir et de comprendre la nature du mal, l'action du mal et la destinée du mal, et de mettre à profit ces connaissances pour sa vie, pour son développement, pour le service de l'humanité.
Si nous voulons comprendre l'action des forces asuriques, nous devons d'abord savoir ce que sont les forces asuriques. Nous devons savoir comment et pourquoi leur action diffère de celle des forces lucifériennes et ahrimaniennes qui nous sont déjà familières. Pour cela, nous devons nous rappeler quelques connaissances élémentaires issues de la science de de l’esprit.
Ce tableau montre le processus de développement de l'être humain et des êtres hiérarchiques qui lui sont supérieurs, mais qui lui sont intimement liés : les Anges, les Archanges, les Archaï et les Exusiai. Parmi tous ces êtres, l'être humain franchit aujourd'hui, conformément à l'ordre établi, le stade de l'homme, c'est-à-dire qu'il devient un être doté d'un moi individuel. Les êtres qui lui sont supérieurs ont franchi leur stade humain lors d'incarnations planétaires antérieures de la Terre :
Les Anges pendant l'ancienne Lune, les Archanges pendant l'ancien Soleil, les Archaï pendant l'ancien Saturne, et les Exousiaï dans des stades de développement qui précèdent encore l'ancien Saturne.
Pour être complet, notons qu'il y aura des stades de développement planétaire qui suivront l'état terrestre : le futur Jupiter, la future Vénus, le futur Vulcain, et qu'il existe des entités hiérarchiques qui sont encore beaucoup plus élevées dans leur développement que les Exusiai : les Dynamis, les Kyriotetes, les Trônes, les Chérubins et les Séraphins. Au-dessus d'eux tous se trouve le fondement divin du monde, la Trinité divine. Continuons maintenant notre réflexion : les hommes, les Anges, les Archanges, les Archaï et les Exousiaï.
[Faites un clic sur l'image pour l'agrandir]
Ils représentent cinq lignées évolutives ou généalogiques différentes, dont l'ordre est reflété dans le tableau 1. Mais ces désignations « homme », « Ange », « Archange », « Archaï », « Exousiaï » ne sont pas seulement des noms pour les êtres de ces cinq lignées évolutives, ce sont plutôt des grades[i] qui peuvent être occupés par des entités de différentes lignées évolutives.
Tous les êtres qui accomplissent le développement de leur Je pendant leur vie sur Terre travaillent à leur stade d’Homme [Je, Ich]. Ceux qui travaillent à leur Soi Esprit [GS] sont au stade d’Anges, et ainsi de suite. Ce qui est présenté schématiquement dans le tableau 1 représente le développement normal des différentes lignes d'évolution.
Seulement, toutes les entités n'ont pas suivi jusqu'à présent un développement normal. Il y a des êtres qui devancent leur évolution – nous ne parlerons pas d'eux aujourd'hui – et il y en a qui sont en retard dans leur évolution. C'est de ceux-là dont nous devons parler. Car ce sont ces êtres en retard qui forment aujourd'hui les foules des êtres dits « mauvais » et qui sont intimement liés à nous et à notre évolution. Ainsi, il existe aujourd'hui, par exemple, des entités issues de la génération des Archanges qui eux aussi sont au stade d’Anges. Ou bien il existe des entités issues de la génération des Archaï qui eux aussi n'ont que le niveau des Anges. Cela représente déjà trois catégories d'Anges : premièrement, les êtres conformes à l'ordre, deuxièmement, les Archanges qui ont régressé d'un niveau, troisièmement, les Archaï qui ont régressé de deux niveaux[ii]. À tous les niveaux du développement, des entités peuvent régresser[iii].
Un deuxième tableau vise à illustrer cela à l'aide de l'exemple des Archaï :
Tableau 2 : (exemple) L’évolution des Archai
[Faites un clic sur l'image pour l'agrandir]
Le développement du Je [Ich] des Archaï actuels s'est déroulé sur l'ancien Saturne. Au fur et à mesure que l'évolution progressait sur l'ancien Soleil, une partie de ces Archaï a développé son Soi Esprit de manière ordonnée[iv] et a atteint le niveau angélique (+), tandis qu'une autre partie est restée au niveau du Je et donc au niveau humain.
En continuant leur chemin sur l'ancienne Lune, certaines entités des deux groupes restèrent un pas en arrière, tandis que d'autres firent un pas en avant. Nous avons maintenant devant nous : premièrement, des êtres correctement développés au stade des Archanges, deuxièmement, des êtres restés un pas en arrière au stade des Anges, troisièmement, des êtres restés deux pas en arrière au « stade humain ». Ce processus s'est répété lors de l’évolution terrestre. Certaines entités ont également franchi cette étape de manière régulière (+ + +). Elles forment aujourd'hui les cohortes d’Archaï développés de manière régulière (v. Tableau 2 : Archaï I ).
Toutes les entités restées un pas en arrière depuis l'ancien Saturne (+ + - , + - + , - + +) appartiennent aujourd'hui au rang des Archanges, qui se distinguent selon leur profil d’évolution. Tous les êtres qui sont demeurés deux pas en arrière depuis l'ancien Saturne appartiennent aujourd'hui au rang des Anges, qui se distinguent à leur tour selon leur profil d’évolution. Et une autre partie encore de ces êtres est restée une troisième fois en arrière depuis l'ancien Saturne (- - -). Ceux-ci travaillent encore à leur développement du Je, de leur stade humain.
Tous ces êtres, qui ont pris un retard dans leur développement, sont aujourd'hui sous l'influence des grandes forces adverses[v]. C'est parmi eux que se recrutent les hordes d'entités imprégnées de l'influence luciférienne, ahrimanienne et asurique : les représentants du mal. Les êtres qui ont pris un retard d'un pas ont un caractère luciférien (▲), ceux qui ont pris deux pas de retard ont un caractère ahrimanien (•), ceux qui ont pris trois pas de retard ont un caractère asurique (*).
Nous pouvons établir des tableaux tout à fait analogues pour les lignées évolutives des Archanges et des Anges (voir le tableau 3) et aboutir ainsi aux types les plus divers d'êtres au niveau des Anges, au niveau des Archanges, au niveau de l'humanité. Et les êtres qui sont restés en retard dans leur évolution sont, aujourd'hui sur Terre, ceux qui causent ce qu'on appelle le mal. Les êtres qui sont demeurés en arrière d'un pas sur Terre forment les hordes des êtres lucifériens, ainsi nommés d'après leur chef Lucifer. Ils sont principalement issus de la génération des Anges. Les êtres qui sont restés en arrière de deux pas sur Terre forment les hordes des êtres ahrimaniens, ainsi nommés d'après leur chef Ahriman. Ils sont principalement issus de la génération des Archanges.
Les êtres qui sont demeurés trois pas en arrière sur Terre forment les hordes des Asuras, dont le chef – selon une remarque de Rudolf Steiner – est également Ahriman. Ils sont principalement issus de la génération des Archaï.
Et comme vous pouvez le voir dans le tableau 1, la génération des Archaï a une relation particulière avec le corps physique de l'être humain, car elle a traversé son stade humain en même temps que la constitution du corps physique de l'être humain, sur l'ancien Saturne. De même, la génération des Archanges a une relation particulière avec le corps éthérique, et la génération des Anges a une relation particulière avec le corps de sensation de l'être humain.
Dans ces conditions, nous sommes entrés dans l'état terrestre, où — non seulement les êtres humains et tous les êtres correctement développés, mais aussi ceux qui étaient restés en arrière — devaient poursuivre leur évolution. Et à l'ère lémurienne, après la séparation de la Lune[4] de la Terre, les êtres humains qui s'étaient formés dans un courant de développement spirituel s'incarnèrent peu à peu. Ils s’incarnèrent dans les corps qui s'étaient également développés dans le courant de l’évolution terrestre jusqu'à cette aptitude à recevoir des êtres spirituels[vi], mais ils trouvèrent dans ces corps les êtres lucifériens, ahrimaniens et les Asuras déjà à l'œuvre, et tombèrent immédiatement sous leur influence.
Et maintenant, faisons un grand bond en avant : à l'époque égyptienne (-2907 à -747), l'être humain développe l'âme de sensation à partir du corps de sensation. Cela signifie que l'influence luciférienne s'étend désormais à l'âme de sensation — ou au corps astral, qui est constitué de l'unité du corps de sensation et de l'âme de sensation. Dans la culture gréco-romaine (-747 à +1413), l'être humain développe l'âme d’entendement à partir du corps éthérique. Cela signifie que l'influence ahrimanienne s'étend à l'âme d’entendement. Et après 1413, dans la cinquième époque de culture post-atlantéenne, notre tâche consiste à développer l'âme de conscience à partir des forces du corps physique. Cela signifie que l'influence des Asuras s'étend et se manifeste dans l'âme de conscience.
La mission du mal
Nous sommes ainsi arrivés à notre époque. Avant d'aborder la question de savoir comment ces êtres agissent chez l'être humain, nous devons nous pencher brièvement sur le sens de ce qu'on appelle le mal, la destinée du mal.
Quelle est donc la destinée de l'être humain ? Quel est l'objectif que lui ont fixé les êtres créateurs, les Exusiai ? Il existe un lien direct entre ce qu'on appelle le mal et l'objectif de développement de l'être humain : l'être humain doit évoluer pour devenir le premier être libre. Mais la liberté n'est possible que si je peux choisir entre deux choses, si je peux faire ou ne pas faire quelque chose, et si c'est moi qui en décide. La liberté n'est possible que si je peux m'opposer à mon créateur et dire non. C'est-à-dire si je développe un Je [Ich] indépendant et responsable. Et pour avoir la possibilité de le faire, l'individualité humaine est confrontée à chaque vie terrestre à l'action des forces du mal dans son corps et son âme. Le mal est donc lié à ce qu'il y a de plus précieux chez l'être humain, à son Je, au développement de son Je.
Mais l'être humain ne doit pas seulement évoluer vers « l'esprit de liberté », mais aussi vers « l'esprit de liberté et d'amour ». L'impulsion de l'amour a été apportée à l'humanité par un être divin qui s'est d'abord manifesté à travers la hiérarchie des Exusiai. Nous appelons cet être le CHRIST.
Tableau 3
[Cliquez sur l'image pour l'agrandir]
Nous avons ainsi réuni les acteurs qui ont marqué l'histoire du XXe siècle :
- Les êtres humains qui doivent devenir des « esprits de liberté et d'amour ». Ils sont aujourd'hui en train de développer leur âme de conscience et d'expérimenter leur Je, leur personnalité, dans leur âme de conscience.
- Les Anges qui se sont développés normalement, c'est-à-dire conformément à l'ordre régulier. Leur mission consiste à agir en tant qu'esprits protecteurs individuels des êtres humains.
- Les Anges anormaux, qui constituent essentiellement les légions des êtres lucifériens.
- Les Archanges au développement normal. Ils agissent comme esprits guides de peuples individuels.
- Les Archanges anormaux, qui constituent essentiellement les hordes des êtres ahrimaniens.
- Les Archaï normalement développés. Ils agissent comme esprits du temps ; c'est-à-dire qu'ils sont responsables du développement de toute une époque.
- Les Archaï anormaux, qui constituent essentiellement les hordes des Asuras.
Pourquoi Rudolf Steiner appelle-t-il ces êtres des Asuras ?
Asuras est le nom sanskrit donné aux êtres que l'ésotérisme chrétien appelle en grec Archaï (singulier : archè) –. Au début de son activité de conférencier, Rudolf Steiner utilisait le nom Asuras, courant dans le langage théosophique, également pour désigner les Archaï normaux. Ainsi, lorsque Rudolf Steiner parle d'Asuras, il ne fait pas nécessairement référence aux Archaï maléfiques, restés trois niveaux en arrière, mais tout simplement à des êtres issus de la génération des Archaï. Il utilisait cette désignation aussi bien pour les Archaï normaux que pour ceux restés un, deux ou trois niveaux en arrière. Et ne pas en tenir compte a déjà conduit, à mon avis, à des malentendus.
Par exemple : on entend souvent dire que l'esprit national des peuples nord-américains – c'est-à-dire des États-Unis – est une entité asurique, et non un Archange. Et immédiatement, nous associons cela à l'idée d'une entité maléfique de troisième catégorie, retardée de trois niveaux dans son évolution. Mais ce n'est pas le cas. L'esprit national de ce peuple nord-américain n'est pas un Archange normal, mais un Archange anormal, à savoir : un être issu de la génération des Archaï, mais qui est demeuré en arrière d'un niveau dans son évolution et se trouve donc au niveau des Archanges. Cet Archange anormal a une capacité d'action tout à fait différente de celle d'un Archange « normal ». Les êtres de la génération des Archanges actuels ont accès à l'être humain par le corps éthérique, car ils ont traversé leur stade humain à l'époque de l'ancien Soleil, lorsque le corps éthérique du futur être humain s'est formé. Un être issu de la génération des Archaï, qui eurent leur stade humain à l'époque de l'ancien Saturne, donc en même temps que la fondation du corps physique de l'être humain, peut – même s'il est resté au stade d'Archange – agir jusque dans le physique de l'être humain. Ces êtres le peuvent, certes pas en formant et en façonnant – seuls les êtres issus de la génération des Exusiai le peuvent – mais en intervenant de manière active. Cela signifie qu'ils peuvent influencer directement la constitution physique des êtres humains, les préparer, les prédestiner, par exemple à une plus grande vulnérabilité face aux forces « maléfiques » de toutes sortes. Il est nécessaire de savoir cela, notamment en ce qui concerne l'esprit populaire nord-américain, si nous voulons comprendre l'histoire du présent et de l'avenir proche.
Mais complétons maintenant notre liste d'acteurs. Nous devons ajouter :
- Les êtres normaux de l'ordre des Exousiaï. Ce sont les esprits de l'humanité, c'est-à-dire les guides responsables de tout le niveau planétaire terrestre. Les Exousiaï ont créé les êtres humains, ils sont nos parents divins. Notre Je individuel est la substance spirituelle des Exousiaï. C'est également à travers eux que le Christ agit.
- Mais même ces êtres peuvent présenter un aspect anormal, un aspect « maléfique », qui agit en opposition totale à l'action positive du Christ : c'est le Démon Solaire, parfois aussi appelé l'Antéchrist. Son nom occulte : Sorat. Il résulte[vii] du nombre apocalyptique 666 selon la numérologie kabbalistique.
Notre liste d'acteurs est ainsi complète. Au XX° siècle, nous sommes donc confrontés à quatre types de « mal » :
- le mal luciférien,
- le mal ahrimanien,
- le mal asurique,
- le mal soratique, démoniaque-solaire[viii].
Comment agissent les forces du mal ?
Et maintenant, nous devons poser la question suivante : comment agissent ces forces maléfiques ? Comment leur influence sur les êtres humains se manifeste-t-elle ? Nous allons désormais nous concentrer davantage sur les Asuras. Car au cours de notre XX° siècle, ces êtres ont commencé à agir sur les êtres humains d'une manière tout à fait nouvelle et sans précédent, avec des conséquences d'une gravité et d'une ampleur encore jamais vues.
Les êtres lucifériens agissent dans et à travers notre corps astral. Le corps astral constitue la base de nos sentiments. C'est pourquoi nous ressentons l'action luciférienne à travers nos sentiments. Les êtres lucifériens sont les tentateurs intérieurs. Ils suscitent en nous des désirs, des passions, des penchants et des envies. Ils nous poussent à la fantaisie[ix], à l'exaltation, à l'hystérie. Ils nous incitent à l'égoïsme, à la jouissance égoïste jusqu'à l'égotisme, jusqu'à l'abandon de soi[x]. Le culte de la personnalité, actif et passif, fait également partie de ce chapitre. On pourrait dire que la jouissance égoïste est la marque de fabrique de Lucifer. Égoïsme, égocentrisme, luxure, jouissance de soi sans égard pour les autres, pour l'environnement. Lucifer veut nous emmener dans un monde spirituel et psychique voluptueux, loin de la Terre. Il nous incite à fuir la Terre.
Les êtres ahrimaniens agissent dans notre corps éthérique et dans notre âme d'entendement. De là, ils influencent l'être humain dans son ensemble. Le corps éthérique et l'âme d'entendement constituent la base de notre pensée. C'est pourquoi nous percevons l'action ahrimanienne à travers nos pensées. Elle s'immisce dans la perception sensorielle, ou plutôt dans notre rapport à la perception sensorielle.
Ahriman est l'esprit du mensonge et de l'erreur.
Il fait de nous des philistins[xi] sobres, à l'esprit aride. Sous son influence, l'être humain devient matérialiste, athée. Il est considéré et traité comme « l'animal le plus évolué », il devient un objet, une marchandise. Vous voyez immédiatement le rapport avec le XX° siècle, avec notre époque.
Illustration : comportement économique et financier moderne, scientificité moderne. Les marques distinctives d'Ahriman sont pour ainsi dire la recherche froide de la sagesse et le manque de conscience.
Ses trois commandements impies sont :
- Ce qui m'est utile est juste,
- La fin justifie les moyens,
- Ne te fais pas prendre.
Dans le Nouveau Testament, Ahriman est décrit comme le « Prince de ce monde ». Rudolf Steiner l'appelait le « Prince illégitime de ce monde ». Pour lui, les êtres humains sont des idiots utiles. Il souhaite les enchaîner à la Terre, à la matière, à travers leur conscience. Son objectif est d'enchaîner à la Terre les êtres humains, qui perdraient ainsi complètement leur liberté.
Ahriman ouvre la voie aux Asuras.
Et maintenant, ces Asuras ? Ils agissent dans notre corps physique et dans notre âme de conscience. De là, ils tentent d'influencer l'être humain dans son ensemble, tout comme les autres forces maléfiques dans leur situation. Le corps physique – et désormais aussi l'âme de conscience – constituent la base de notre volonté. C'est pourquoi nous percevons l'action asurique comme portée par la volonté. La volonté délibérée, pleinement consciente et intentionnelle de faire le mal, la volonté de nuire à son prochain, de lui infliger des souffrances, de le détruire, de l'anéantir et d'y prendre plaisir, est une action asurique. Sadisme. - Les Asuras ne cherchent pas seulement à emprisonner la conscience de l'être humain dans la Terre, mais aussi à la lier à la sensualité de la Terre. Et cela aura des conséquences tout à fait différentes du mal luciférien et du mal ahrimanien.
Nous commettons le mal luciférien de manière indifférente, négligente, irréfléchie, égoïste, pour ainsi dire. Le mal ahrimanien : hypocrite et sans scrupules. Le mal asurique : intentionnel, volontaire et y prenant plaisir. Et l'un entraîne l'autre : dès l'instant où nous invoquons Lucifer, Ahriman apparaît également – et aujourd'hui, au XX° siècle, les Asuras s’insinuent dans son sillage. Leur impulsion équivaut à un renforcement considérable, voire à une exacerbation du mal ahrimanien. – Et d'autre part : dès l'instant où nous invoquons Ahriman et sa suite, Lucifer apparaît également.

Michael, peinture d'Ambrogio Lorenzetti
L'intervention des Asuras
Mais revenons à notre thème central : l'intervention de ces êtres, les Asuras, au XX° siècle. Voyez-vous, pour que les Asuras puissent exercer leur influence de cette manière sur les êtres humains, il faut que l'âme de conscience soit développée jusqu'à un certain degré. Or, ce n'est que depuis environ 600 ans, depuis 1413, que nous vivons à l'époque où l'être humain doit développer son âme de conscience. Nous avons parcouru près d'un tiers de cette époque. Et ce n'est que maintenant, au XX° siècle, que le niveau de développement de l'âme de conscience est généralement atteint, de sorte que les Asuras peuvent agir de la manière décrite. Bien sûr, il y avait déjà auparavant des individus précurseurs. Mais maintenant, cela devient de plus en plus général.
Considérons maintenant l'histoire du XX° siècle et notre présent actuel sous l'angle des forces asuriques qui interviennent nouvellement dans le développement. Nous savons que l'année 1998 représente, d'un point de vue spirituel, une sorte d'apogée dans notre siècle, où beaucoup de choses qui ont marqué l'histoire de notre XX° siècle atteignent leur point culminant, comme l'a exprimé de manière prophétique Rudolf Steiner. J'irais même jusqu'à dire que beaucoup de choses trouvent une résonance renforcée. Car nous ne devons pas considérer cette année 1998 de manière ponctuelle, c'est-à-dire de manière statique, mais de manière dynamique, comme le point culminant d'un processus dynamique. Mais l'aboutissement ne doit pas être compris comme un point culminant qui est dépassé, de sorte que ce qui a atteint son apogée s'estompe ensuite. Il faut plutôt comprendre que la plus grande force d'impulsion est maintenant atteinte. Et même si, à ce point culminant, la force d'impulsion venait soudainement à disparaître, le wagon de chemin de fer poussé - prenons cette image - continuerait à rouler pendant longtemps. Et la résonance signifie qu'il n'y a pas qu'une seule force qui agit, mais plusieurs, qui se superposent maintenant, à cet instant précis, de manière à se renforcer mutuellement. Citons les forces motrices les plus importantes qui ont marqué le XX° siècle :
- en 1998, le rythme de 666 ans de l'influence du Démon Solaire (1998 correspond à 3 fois 666 ans depuis la naissance du Christ),
- en 1933, la Bête apocalyptique qui surgit des profondeurs (prise du pouvoir par les nazis en Allemagne, avec toutes les conséquences que cela implique),
- en 1899, la fin du Kali Yuga, l'âge sombre, et le début d'un nouvel âge lumineux (l'occultisme populaire parle aujourd'hui de l'ère du Verseau [note importante[xii]]),
- en 1879, le début de la Régence de Michaël,
- depuis les années 1840, la chute des esprits des ténèbres du cosmos vers la Terre,
- le fait que l'humanité dans son ensemble « franchisse le seuil du monde spirituel », comme l’exprime Rudolf Steiner,
- L'incarnation physique prochaine d'Ahriman dans le premier tiers du XXIe siècle [note importante [xiii]],
- L'incorporation de l'Antéchrist luciférien au cours de la même période, éventuellement au même moment.
(Remarque : il y a 14 ans, j'ai donné une conférence sur les différents aspects de l'Antéchrist, intitulée « L'Antéchrist et les impulsions antichrétiennes ». Elle rassemble les principales indications de Rudolf Steiner. À la demande de nombreux membres, cette conférence a été reproduite sous forme de manuscrit (…) [Th.H.: nous essayons d’en obtenir les droits, pour la publier dans une prochaine Rundbrief ).
Et comme dernière force motrice, nous devons maintenant mentionner l'entrée en action des Asuras.
L'éclipse totale du 11 août 1999, dont la zone d’observation couvrait l'Europe, semble presque symptomatique. Nostradamus l'avait déjà mentionnée en 1558 comme un point culminant, voire un tournant dans l'histoire de l'humanité. Il y a un avant et un après. Rudolf Steiner parle également du XX° siècle comme d'un tournant, et il a qualifié le Congrès de Noël 1923/24 de début de ce tournant, de « début du tournant cosmique ».
Quelle est donc la signature de ce XX° siècle, entre le Congrès de Noël et l'éclipse totale ? C'est l'attaque contre le Je de l'être humain, c'est-à-dire contre ce qui relie l'être humain au Christ. C'est pourquoi le XX° siècle revêt un caractère tout à fait antichrétien. En juin dernier, je me suis inspiré des exposés de Rudolf Steiner pour donner une conférence intitulée : « Des êtres humains sans Je, des êtres humains sans Je humain » [Remarque : cette conférence paraîtra dans un prochain numéro]. Nous avons dû constater qu'il existe aujourd'hui dans le monde entier un grand nombre de phénomènes humains qui nous apparaissent à première vue comme des êtres humains ordinaires, mais dans lesquels aucune individualité humaine n'est incarnée. À la place de l'individualité humaine, on trouve des êtres élémentaires, des êtres démoniaques, des êtres maléfiques. Et cela peut également inclure des Asuras. Mais alors, ils sont les marionnettes d'une spiritualité soratique démoniaque-solaire.
C'est pourquoi, au XX° siècle, nous trouvons dans les événements historiques et dans les contextes sociaux une interaction entre ces pseudo-êtres humains dépourvus de Je humain et des êtres humains qui succombent plus ou moins à l'influence asurique. Car, soit dit en passant, nous sommes tous sous cette influence, c'est un symptôme de notre époque qui aura des répercussions dans l'avenir. Voici quelques illustrations à ce sujet :
- La révolution bolchevique de 1917/18 et sa continuation sous le stalinisme. Des millions d'innocents ont été sauvagement assassinés. Il régnait une absence totale de liberté, une oppression de l'individu.
- Le régime nazi en Allemagne de 1933 à 1945, qui a plongé le monde entier dans la guerre, dont l'impulsion était la destruction, l'extermination. Pensez aux camps de concentration, à l'Holocauste, à l'extermination systématique des Juifs en Europe par une cruauté asurique. Des orgies de cruauté voluptueuse et lubrique étaient célébrées. On ne peut qu’évoquer les exemples de tortures et de supplices infligés avec volupté, c'était trop cruel, trop horrible.
Mais l'impulsion asurique continue d'agir : pensez à l'Afghanistan, à la terreur infligée à la population par les milices talibanes, où l'on coupe par exemple la main des gens - au nom de Dieu - parce que dans le besoin ils ont volé une pomme, ou encore où les femmes sont battues en pleine rue parce qu'elles se promènent sans voile. On trouve des situations similaires en Iran. Ou pensez à l'Algérie, où chaque jour, sans raison, des enfants, des femmes et des personnes âgées ont la gorge tranchée[xiv]. Pensez aux atrocités commises au cœur de l'Afrique, par exemple au Rwanda, au Burundi et dans plusieurs autres pays. L'assassinat mutuel de dizaines de milliers de Hutus et de Tutsis. Pensez aux événements qui se poursuivent dans les Balkans, en ex-Yougoslavie, et plus particulièrement actuellement dans la province du Kosovo. Les orgies de viols et les massacres. Pensez au Mexique (Chiapas). Dans tout cela se révèle l'œuvre des Asuras : le mal commis avec délectation. Mais cette action se manifeste également à plus petite échelle : par exemple dans la violence dans les cours d'école, dans le harcèlement moral au travail, dans le harcèlement sexuel, dans la terreur psychologique largement répandue (selon les médias, augmentation de 400% l'année dernière). [Pour mémoire : la conférence a été donnée en 1998. Combien d'autres exemples faudrait-il citer aujourd'hui !]
Il s'agit d'une attaque contre l'être humain, qui doit être opprimé, affaibli, humilié, éliminé. Pour cela, il n'est pas nécessaire de recourir à des armes, à des guerres ou à des actes terroristes. On peut aussi mener une guerre économique, financière ou sociale pour obtenir le pouvoir sur les autres. Il est par exemple tout à fait évident que les États-Unis aspirent à la domination mondiale par des moyens économiques. Ils s'arrogent une fonction de police à l'échelle mondiale et tentent d'imposer leurs lois au reste du monde. Ils ont déjà pris l'Europe en otage. Qu'est-ce qui agit ici ? Eh bien, une impulsion asurique dirigée contre le Je. Vous vous souvenez peut-être que, dans ma conférence de juin dernier, j'ai dû souligner que les instigateurs de cet objectif sont (ou peuvent être) des êtres humains dépourvus de Je. Ils s'organisent en sociétés secrètes, en sectes religieuses et en certains cercles orientés vers l'économie mondiale, voire vers la criminalité. Pour n'en citer qu'un : l'économie mondiale, qui, malgré toutes les affirmations contraires, rend dépendant, a par exemple contraint la Suède à détruire plusieurs centaines de tonnes de concombres en 1997. Ils n'ont pas pu être exportés parce qu'ils ne répondaient pas à la norme internationale : leur rayon de courbure était trop important. Ou encore, plus récemment, les oléiculteurs espagnols qui protestent parce qu’une telle réglementation les prive de leurs moyens de subsistance, car d'autres veulent s'emparer de ce secteur économique (par la loi — fausse légalité).
![]()
Icône de Michaël
Nous associons un tel comportement à un état d'esprit que nous appelons l'américanisme. Grandes fusions d'industries et d'institutions financières, licenciements massifs, égoïsme sans scrupules partout. Pour se justifier, on invoque des contraintes objectives, alors qu'il vaudrait mieux parler d'idées obsessionnelles. Nous avons déjà souligné que l'esprit du peuple nord-américain n'est pas un Archange ordinaire, mais un Archaï resté au stade d'Archange, c'est-à-dire un Archange anormal. Et nous avons souligné que, comme cet Archange anormal appartient à la lignée évolutive des Archaï, il peut, contrairement aux esprits normaux de peuples, agir jusque dans le physique des êtres humains. Il prépare ainsi la voie aux Asuras triple-retardés, auxquels il est apparenté. Et nous voyons comment un mal en entraîne un autre. À ce sujet, je voudrais lire une citation :
« Et une vie économique comme celle des Anglo-Américains, qui devait déboucher sur la domination mondiale : si elle ne se laisse pas imprégner par une vie spirituelle et une vie politique indépendantes, elle aboutit au troisième des abîmes de la vie humaine, le troisième de ces trois. Le premier abîme est le mensonge, la dégénérescence de l'humanité par Ahriman. Le deuxième est l'égoïsme, la dégénérescence de l'humanité par Lucifer. Le troisième est, dans le domaine physique, la maladie et la mort ; dans le domaine culturel : la maladie de la culture, la mort de la culture.
Le monde anglo-américain peut bien conquérir la domination mondiale : sans la triarticulation, cette domination mondiale entraînera la mort et la maladie de la culture, car celles-ci sont tout autant un don des Asuras que le mensonge est un don d'Ahriman et l'égoïsme un don de Lucifer. Ainsi, le troisième, qui se place dignement aux côtés des autres, est un don des forces asuriques ! »[5]
Et pour compléter cela, une remarque faite précédemment :
« Quiconque adhère à des principes purement matérialistes peut être sûr qu'il possède en lui quelque chose qui provient de ces Asuras. »[6]
Eh bien, l'américanisation de notre culture, de notre civilisation, est aujourd'hui observable au quotidien. Mots-clés : musique de divertissement, vêtements, alimentation, éducation, langue — la langue, en particulier, est un indicateur sensible — je n'ai pas besoin de citer d'exemples. Caractéristique commune : uniformisation des masses. Et on a souvent l'impression que les gens se soumettent avec enthousiasme à ces formes, ces comportements, etc. prédéfinis. C'est une attaque contre le Je de l'être humain.
Partout où la vie spirituelle doit être conduite vers la servitude, nous rencontrons l'action des forces adverses qui attaquent le Je de l'être humain. Non seulement dans l'Islam et dans toutes sortes d'autres mouvements religieux, mais aussi dans des groupes chrétiens.
C'est également le cas, par exemple, dans la recherche d'influence politique, que l'on observe également dans le catholicisme romain. Ses prescriptions dogmatiques concernant le comportement, le mode de vie et les croyances de ses membres sont influencées par ces entités. Ce n'est pas un hasard si Rudolf Steiner a déclaré dans l'une de ses conférences : « L'Église romaine est le masque le plus distingué des forces adverses. »
Cela rend soudain compréhensibles les audiences personnelles du président Clinton auprès du pape : les États-Unis doivent dominer la vie économique, l'Église romaine la vie spirituelle. À côté du drapeau étoilé des États-Unis, la couronne d'étoiles de Marie est placée comme drapeau européen. L'Europe dans le sillage des États-Unis et de l'Église romaine.
Tout ce que je viens d'esquisser brièvement – même de manière très lacunaire – dans le cadre de cette société fermée peut nous ouvrir les yeux sur l'action nouvelle des forces asuriques. Rudolf Steiner :
- Les Asuras développeront le mal avec une force beaucoup plus intense que les forces adverses
ahrimaniennes et lucifériennes[7].
Et :
- Tout ce qui est mauvais tire sa force de ces esprits (Asuras)[8].
Nous arrivons à la question la plus importante de notre réflexion : quelles sont les conséquences de l'activité des Asuras pour les êtres humains ? Et comment peut-on y faire face ? Laissons Rudolf Steiner lui-même répondre :
« Le mal que les esprits lucifériens ont apporté aux êtres humains en même temps que le bienfait de la liberté, ils le dépouilleront complètement au cours du temps terrestre. Le mal que les esprits ahrimaniens ont apporté peut être dépouillé dans le déroulement de la loi karmique.
Mais le mal que causent les forces asuriques ne peut être expié de cette manière. Si les bons esprits ont donné à l'être humain la douleur et la souffrance, la maladie et la mort afin qu'il puisse évoluer malgré la possibilité du mal, ils ont aussi donné la possibilité du karma face aux forces ahrimaniennes afin de compenser l'erreur. Face aux Asuras, cela ne sera pas aussi facile au cours de l'existence terrestre. Car ces Asuras feront en sorte que ce qu'ils ont saisi s'unisse à la sensualité de la Terre – et c'est le bien le plus profond de l'être humain : l'âme de conscience avec le Je.
Il sera arraché petit à petit des morceaux du Je, et dans la même mesure où les Asuras s'installent dans l'âme de conscience, l'être humain devra laisser derrière lui sur Terre des morceaux de son existence. Ce qui sera tombé entre les mains des forces asuriques sera irrémédiablement perdu. Ce n'est pas que l'être humain tout entier doive leur succomber, mais des morceaux seront arrachés de son esprit par les forces asuriques. Ces forces asuriques s'annoncent à notre époque par l'esprit qui règne et que nous pourrions appeler l'esprit de la sensualité à l’état pur et de l'oubli de toutes les entités spirituelles et des mondes spirituels réels.[9] »
Le Je de l'être humain est attaqué. Des morceaux sont arrachés du Je de chaque être humain. Et ce qui est ainsi arraché est irrémédiablement perdu. J'ai rencontré des personnes qui, avec une grande crainte, ont compris que des morceaux étaient arrachés de l'individualité éternelle de l'être humain, dans les cas extrêmes jusqu'à la dissolution de cet être. Je comprends cela différemment, car l'individualité humaine a été créée pour l'éternité. Il ne s'agit pas de l'individualité spirituelle, du Je supérieur, mais - je pense - du Je terrestre, du Je inférieur, du Je personnel. Dans chaque incarnation, nous développons un Je personnel adapté à cette incarnation, par exemple la conscience d'être Fritz Müller ou Emma Meyer. Ce Je personnel se développe sur la base du corps physique. Il est entièrement marqué, formé et déterminé par celui-ci. Mais, comme nous l'avons montré, les Asuras agissent dans ce corps physique. Et cela prend désormais une nouvelle signification, à partir de la cinquième époque de culture post-atlantéenne. Car en même temps, l'être humain développe désormais son âme de conscience. Elle est une transformation du corps physique, tout comme l'âme d'entendement est une transformation du corps éthérique et l'âme de sentiment une transformation du corps de sensation. Cela signifie toutefois que les Asuras ont accès à l'âme de conscience. Mais le développement et la formation du Je personnel se produisent désormais – pour la première fois dans l'histoire de l'évolution – au sein de l'âme de conscience. Et cela conduit en même temps à la fondation du Soi Esprit, le premier membre spirituel de l'être humain. Le Je personnel acquiert pour la première fois un caractère tout à fait différent de celui qu'il avait jusqu'alors. Et de ce Je personnel, des morceaux sont arrachés, qui sont irrémédiablement perdus. Pourquoi sont-ils irrémédiablement perdus ? Qu'est-ce que notre Je personnel, vu d'un point de vue supérieur ? Il est et contient le fruit de cette vie terrestre. Il est le fruit de cette vie terrestre particulière.
Et ce fruit du Je personnel doit être assimilé dans l'existence après la mort jusqu'à la prochaine naissance et intégré dans le Je individuel. Si des morceaux sont arrachés du Je personnel, le fruit de cette vie terrestre nous est volé. Il nous manquera à l'avenir. Bien sûr, le Je supérieur, le Je individuel, subit également une perte. Et pourquoi ces fragments perdus sont-ils irrécupérables ? Eh bien, le Je personnel, dont il est question en termes de karma, s'est formé et développé dans un corps physique bien précis. Ce corps physique est unique. Pour récupérer précisément les pertes subies, il faudrait pouvoir répéter cette vie dans des conditions exactement identiques. Or cela est impossible, même dans un corps cloné. Notre Je personnel se développe donc sur la base du corps physique – même quand c’est en opposition avec celui-ci – dans l'idéal de manière régulière, ordonnée, c'est-à-dire conformément au karma. Si ce processus est perturbé, affecté par l'action asurique, il en résulte un dommage, un développement erroné du Je. Et comment est-il endommagé par les forces asuriques ? Eh bien, nous venons de le dire : par une vie dissolue, par une vie vicieuse, par des cruautés, etc., qui sont voulues par la personne qui vit ainsi. Voici quelques mots de Rudolf Steiner à ce sujet :
« Partout où règne la débauche, la matière est présente, dans laquelle de puissantes forces asuriques diffusent une intellectualité raffinée dans le monde... Le magicien noir puise ses forces les plus puissantes précisément dans le marécage de la sensualité. Les rites sexuels servent à attirer dans ces cercles. »[10]
La sexualité est justement l'un des canaux par lesquels les Asuras attaquent. Et la sexualité est justement le thème central de la société moderne. Des sciences sociales à la psychologie, de la publicité à l'art, du divertissement à l'éducation, partout, ouvertement ou de manière cachée, la sexualité occupe une place centrale. Elle est considérée comme l'un des éléments les plus importants de l'affirmation de soi, de la réalisation de soi. Oui, beaucoup ne sont déjà plus capables de voir une rencontre entre un homme et une femme autrement que sous l'angle de la sexualité – action asurique. Rudolf Steiner à ce sujet :
« La pire chose qui se fait aujourd'hui, c'est de confondre amour et sexualité. C'est la pire expression du matérialisme, la chose la plus diabolique de notre époque... La sexualité n'a absolument rien à voir avec l'amour pur et originel. La science a poussé cela jusqu'à l'ignominie en produisant toute une littérature qui s'attache à mettre en relation ces deux choses qui n'ont aucun rapport entre elles. »[11]
La sexualité a tout à fait sa raison d'être. Mais aujourd'hui, elle a perdu son sens, elle est devenue une fin en soi, elle est devenue asociale. Il suffit de penser au nombre croissant de viols, même en pleine rue. Ou pensons aux abus sexuels sur les enfants. En Suisse, une fille sur quatre et un garçon sur neuf sont victimes d'abus sexuels. Et il est désormais indéniable que le développement de la personnalité de ces enfants est perturbé. Il existe aujourd'hui une littérature sérieuse et abondante sur ce sujet. Je me contenterai de citer un livre de l'auteure néerlandaise Liz Beijndorp : « Les 147 personnes que je suis ». Il s'agit d'un exemple de personnalité multiple résultant d'abus sexuels pendant l'enfance et l'adolescence. Les Je de l'agresseur et de la victime sont endommagés.
Cet aspect asurique englobe également toutes sortes de perversions sexuelles, dont on peut se faire une idée rien qu'en lisant les annonces. Et cela va jusqu'à la sodomie, comme on a pu le lire récemment dans le magazine « Beobachter ». Et les tentatives intellectuelles de justification et les efforts visant à rendre ces pratiques socialement acceptables, à les légaliser, voire à les institutionnaliser, ne manquent pas non plus.
Je continue à citer la conférence :
« On pourrait dire qu'aujourd'hui, les puissances asuriques séduisent l'être humain de manière plus théorique. Elles lui font souvent croire que son ego est le résultat du monde physique seul. Aujourd'hui, elles les séduisent avec une sorte de matérialisme théorique. Mais à l'avenir – et cela s'annonce de plus en plus à travers les passions sauvages de la sensualité qui descendent de plus en plus sur la Terre – elles obscurciront le regard des êtres humains sur les entités et les forces spirituelles. L'être humain ne saura rien et ne voudra rien savoir d'un monde spirituel. Il enseignera de plus en plus non seulement que les idées morales les plus élevées de l'être humain ne sont que des manifestations supérieures des instincts animaux, il enseignera non seulement que la pensée humaine n'est qu'une transformation de ce que possède également l'animal, il n'enseignera pas seulement que l'être humain n'est pas seulement apparenté à l'animal par sa forme, mais qu'il descend aussi de l'animal dans toute son essence, mais l'être humain prendra cette conception au sérieux et vivra ainsi.
Aujourd'hui, personne ne vit encore selon le principe selon lequel l'être humain descendrait, par nature, de l'animal. Mais cette vision du monde finira inévitablement par s'imposer, avec pour conséquence que les êtres humains qui y adhèrent vivront comme des animaux, s'abaisseront au niveau des pulsions et des passions purement animales. Et dans certaines choses qu'il n'est pas nécessaire de caractériser plus en détail ici, qui se manifestent actuellement sous forme d'orgies débridées de sensualité inutile, notamment dans les grandes villes, nous voyons déjà la lueur grotesque de l'enfer des esprits que nous appelons les Asuras. »[12]
Ces déclarations reflètent notre culture actuelle. Ce que Rudolf Steiner avait prédit pour l'avenir au début du XX° siècle, en 1909, est aujourd'hui largement devenu réalité à la fin du XX° siècle. Et ce phénomène ne va pas s'atténuer, il va au contraire s'amplifier. Ce que nous désignons par les mots-clés matérialisme, athéisme, sexisme continuera à s'amplifier et durera encore longtemps. Car l'efficacité des Asuras n'en est qu'à ses débuts.
Tout progrès vers le bien – ce à quoi nous aspirons tous – rend possible un progrès équivalent vers le mal. C'est le destin de l'humanité et une condition nécessaire pour que les êtres humains puissent atteindre leur but divin. Nous sommes tous exposés aux tentations du mal et nous sommes donc tous capables de mal. Mais personne n'est responsable des désirs lucifériens, de la haine et du mensonge ahrimaniens, de la sensualité asurique qui montent en lui. Sa responsabilité commence dans la manière dont il réagit, dont il gère cela. Le mal n'est pas un verdict, nous ne sommes pas à sa merci, nous y sommes simplement exposés. Si les Guides de l'humanité[xv] ont pris des mesures sociales contre le mal, telles que la douleur et la souffrance, la maladie et la mort, la soumission à la loi du karma, nous avons aussi, à titre tout à fait personnel, du plus profond de notre être, la possibilité d'opposer le bien en nous au mal en nous et de vaincre les forces du mal en nous.
- Nous vainquons Lucifer par la morale. Il ne s'agit pas ici de la morale conventionnelle, mais de la morale qui découle de la force du Je de l'être humain.
- Nous vainquons Ahriman grâce à un jugement sain, à la vérité et à l'honnêteté.
- Nous surmontons l'influence des Asuras par une véritable humanité et bonté, par la compassion et l'amour.
Et puis, nous avons également mentionné une quatrième force maléfique, la force solaire démoniaque soratique. Ce Démon Solaire est le grand metteur en scène du mal. Ahriman est à son service et dirige les forces ahrimaniennes et celles des Asuras. Le Démon Solaire, qui a impulsé l'intensification du mal au XX° siècle – comme nous avons essayé de le comprendre – jusqu'à atteindre sa plus grande force de choc, nous pouvons le qualifier de grand adversaire du Christ. Il veut empêcher les êtres humains d'atteindre leur but, qui est de devenir des esprits de liberté et d'amour ; il veut les empêcher de suivre la Terre dans son passage de l'incarnation planétaire Terre au futur Jupiter, afin qu'ils restent en arrière dans leur évolution. En d'autres termes, son action maléfique ne vise pas seulement à corrompre le corps astral de l'être humain, à corrompre le corps éthérique et l'âme d'entendement, à corrompre le corps physique et l'âme de conscience et le Je personnel ; son action vise le Soi Esprit, le Je supérieur, le vrai Je. L'intervention des forces asuriques sous la direction d'Ahriman, inspirée par le Démon Solaire, représente donc un grand danger pour l'avenir. Mais nous pouvons aussi y opposer quelque chose de très personnel :
- Nous vainquons Lucifer par la morale, [NdT : l’action juste].
- Nous vaincrons Ahriman par la vérité et la sincérité[xvi].
- Nous vaincrons les forces asuriques par notre humanité et notre bonté véritables.
- Et le Démon Solaire, Sorat, si nous pouvons dire à juste titre : « Non pas moi, mais le Christ en moi ».
_______________
[NdT : d’habitude, dans cette Rundbrief, je ne recommande pas de site internet ou de vidéo. Exceptionnellement, je vous suggère de regarder, ce que je considère à ce jour le meilleur exposé sur la « diabolique » affaire EPSTEIN : Par Jean-Dominique MICHEL, anthropologue de la Santé : "L’agonie de l’Occident", sur YouTube, 24 fév 2026 : https://youtu.be/OAOWLJnIsgg?si=XLsOcJuz3JkS8LsB
Benoît Dusollier
Notes de l'auteur (ou si précisé, de Thomas Heck)
[1] Note de Thomas Heck : GA 35, 1984, S.349
[2] Note de Thomas Heck : Version écrite — rédigée par lui-même — de la conférence donnée par Günther Zwahlen (1930 - 2016). Publiée à titre privé en 2013.
[3] Note de Thomas Heck : GA 185a, S.148
[4] GA194, Dornach, 15.12.1919
[5] Dornach, 15.12.1919
[6] GA 93, Berlin, 23.5.1904
[7] GA 107, Berlin, 22.3.1909
[9] GA 107, Berlin, 22.3.1909
[10] GA 93a, Berlin, 17.10.1905.
[11] GA 143, Köln, 8.5.1912.
[12] GA 107, Berlin, 22.3.1909
Notes de la rédaction de Soi-Esprit
[i] Nous pourrions dire aussi des « échelons ».
[ii] Nous pourrions encore comprendre ce passage comme ceci à partir du texte en allemand : « deuxièmement, les Archanges qui sont demeurés en arrière d'un niveau, troisièmement, les Archaï qui sont demeurés en arrière de deux niveaux ». En effet, par exemple dans le cycle de conférences « Âmes des peuples », pour faire comprendre ce dont il s’agit, Rudolf Steiner évoque l’image d’un écolier qui redoublerait sa classe et devrait dès lors demeurer par exemple dans la 1ère classe une année de plus avant de pouvoir passer en 2ème classe. Plutôt qu’une régression, qui fait plutôt penser à un retour en arrière à un stade antérieur depuis un stade supérieur, il s’agirait plutôt de comrendre que le stade supérieur n’a jamais encore été atteint, l’être concerné étant demeuré au stade antérieur. Voir aussi la note suivante.
[iii] Comprendre plutôt ceci : « À tous les niveaux du développement, des entités peuvent demeurer en arrière ». Par la suite dans le texte en langue française nous ferons les remplacements ad hoc chaque fois que nécessaire, toutefois sur base d’une vérification du document originel en allemand.
[iv] « régulièrement »
[v] Il est quelque peu curieux que l’auteur présente que ces entités demeurées en arrière sont sous l’influence des puissances adverses… dans la mesure où selon notre compréhension actuelle, ce sont les êtres humains qui sont sous l’influence de ces entités qui constituent elles-mêmes les puissances adverses de l’humanité. Mais peut-être veut-il signifier par là que ces entités sont sous l'influence d'entités cosmiques (par exemple Ahriman qui influence la cohorte d'entités appelées ahrimaniennes).
[vi] C’est-à-dire, dans ce contexte, à recevoir les êtres humains eux-mêmes passés par un certain courant d’évolution spirituelle.
[vii] Ce nom s’obtient à partir du nombre apocalyptique 666 selon la numérologie kabbalistique.
[viii] Nous traduisons le « sonnendämonisch/soratisch Bösen » par « le mal soratique démoniaque-solaire » plutôt que par « le mal solaire/soratique » expression qui pourrait prêter à confusion : en effet une personne non prévenue pourrait sinon comprendre que le « solaire » est un mal (et même un mal très prononcé), alors que Sorat est le démon solaire, qui est opposé au Christ, le régent des forces solaires qui a établi sa demeure sur terre depuis le Mystère du Golgotha. Sorat veut anéantir tout ce qui émane du Christ ainsi que les Je humains.
[ix] « fantaisie » : à comprendre dans ce contexte plutôt dans le sens de chimères, de fantasmes, de désir bizarre et fantasque, voire aussi de fantasmagorie (et pas spécialement dans le sens de l’imagination créatrice libre de l’artiste ou de l’enfant par exemple, même s’il existe une parenté avec la première signification).
[x] « jouissance égoïste jusqu'à l'égotisme » et « jusqu'à l'abandon de soi » semblent ici contradictoires. L’auteur ne voudrait-il cependant pas dire par là que la jouissance égoïste peut prendre une telle ampleur, prendre une telle place, que l’activité du « je » est comme sacrifiée, abandonnée, soumise aux pulsions du corps astral ? Le Je est à alors tel point dominé par le corps astral qu’il se perd en lui ; il en est que le jouet, la marionnette non libre. C’est un forme d’abandon de soi qui n’est pas du tout à confondre avec « l’abandon de soi » qui trouve sa source dans le Je lui-même, par exemple lorsqu’il décide de s’adonner librement, en toute clarté et conscience, à autre chose que lui-même, par amour de la chose (ou de l’être, ou de l’acte) (entre autre, dans un acte authentique de connaissance).
[xi] Il s’agit d’une expression ancienne peu usitée ajourd’hui qui se rapporte à une personne de goût vulgaire, fermée aux arts et aux lettres, aux nouveautés.
[xii] Il y a ici une grosse confusion possible liée aux propos de l’auteur :
« L'ère du Verseau est l'une des douze ères astrologiques ou zodiacales, déterminées par le phénomène astronomique de la précession des équinoxes mais aussi, en dehors du coté astrologique, un concept faisant appel à une nouvelle période, plus avancée et évoluée, pour l'humanité. » Ou encore : « Le concept d'ère du Verseau a été intégré aux croyances New Age, notamment dans le mouvement hippie (ainsi, la comédie musicale Hair s'ouvre sur un hymne à la venue de « the age of Aquarius »). De nombreux mouvements ésotériques et plusieurs sectes prophétisent encore aujourd'hui l'imminence de cette « période bénie ». En effet, « le Verseau symbolise la solidarité collective, la coopération, la fraternité et le détachement des choses matérielles » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%88re_du_Verseau ).
Il n’y a surtout pas à confondre le début de l’ère du Verseau avec la fin du Kali Yuga, ni à considérer que cette ère est imminente, d’une quelconque façon !
Remarquons, et ceci est très important que :
- « À notre époque, où astrologues et ésotéristes déclarent que l'Ère des Poissons se termine, ou est terminée, et que l'Ère du Verseau est imminente, ou bien qu'elle a déjà commencé, il est grand temps de s'interroger sur ce qu'a voulu dire Rudolf Steiner (1861-1925) en affirmant et en réaffirmant que l'Ère des Poissons a en fait débuté en 1413, début des « Temps modernes », qu'elle durera jusqu'au milieu du 4e millénaire, et que c'est seulement alors qu'il sera question d'une Ère du Verseau. » L’article de Christian Lazaridès d’où est tirée cette citation fait le point sur cette question. Il est publié sur Soi-esprit.info « Vivons-nous les commencements de l'Ère des Poissons ? »
- Il existe des personnes dans le mouvement anthroposophique qui entretiennent activement de graves confusions, pour ne pas dire falsifications, entre autres au sujet de l’ère du Verseau, de sa chronologie, du New Age, de la relation avec des courants « spirituels » qui n’ont rien à avoir avec l’anthroposophie, etc. (ce qui est le cas notamment du New Age – Il n’y a que les esprits les plus grossiers qui croient que l’anthroposophie fait partie, pour ainsi dire, du New Age). Deux textes éclairants sont à découvrir notamment ici : « Suggestions occultes (suite) : le mésusage d'un argument chronologique dans l'identification de Tomberg au Bodhisattva » ou encore ici « Robert Powell et Tomberg (et la prétendue nécessité d'un lien entre christianisme ésotérique et Église catholique) ».
[xiii] Ici encore il convient de remettre radicalement en question la certitude habituelle qui prévaut dans nombre de milieux anthroposophiques relative à l’incarnation d’Ahriman. Rudolf Steiner a-t-il réellement annoncé l'incarnation physique d'Ahriman dans le premier tiers du XXIe siècle ? Peut-être que oui,… mais ce n’est pas certain du tout ! « Sur la foi, ou l’autorité, d’un seul fragment de phrase (14 mots en allemand), dans une seule conférence de Rudolf Steiner, celle du 1er novembre 1919 à Dornach, s’est peu à peu installée l’idée – depuis un siècle donc, mais surtout depuis 1950 (depuis 70 ans) quand commencèrent à paraître des commentaires de cette conférence – que l’incarnation d’Ahrimane pourrait avoir lieu très prochainement, à la charnière entre 2e millénaire et 3e millénaire, ou au tout début du 3e millénaire, ou un peu plus loin dans ce début du 3e millénaire ». Source de cette citation : « Une contradiction qui passe inaperçue … ou Le problème de la datation de l’incarnation d’Ahrimane ». Sur base de cet étude, on n’affirmera pas que l’incarnation d’Ahriman n’aura pas lieu au début du XXIe siècle, mais on n’affirmera pas non plus le contraire, car il existe plusieurs interprétations possibles des propos tenus par Rudolf Steiner.
[xiv] Rappelons pour les jeunes générations que cet article est rédigé à la fin des années 1990. Les années 1990 en Algérie, connues sous le nom de « décennie noire », ont été marquées par une terrible guerre civile (1992-2002) opposant l'État à des groupes islamistes armés. Ce conflit a fait entre 60 000 et 150 000 morts, des milliers de disparus et un traumatisme profond, débutant après l'annulation des élections de 1992.
[xv] Il s’agit des guides spirituels de l’humanité (rien à avoir avec les dirigeants politiques !).
[xvi] « Wahrhaftigkeit » se traduit aussi par « véracité » (le fait de dire la vérité).
|
Les articles publiés sur le site www.soi-esprit.info ou a fortirori les billets publiés sur leurs blogs personnels, n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. |
Courriers des lecteurs

















