Question d'un auditeur à la suite de l'écoute sur YouTube de la conférence que nous avons intitulée "Pourquoi le meurtre le plus odieux, celui d’un Dieu innocent, est-il en même temps le salut de l'humanité ?". Cette conférence date du le 3 avril 1917 et est issue du cycle du cycle "Le Mystère du Golgotha". Elle est également accessible sur le site web au format mp3).
Voici la question dans le commentaire de l'auditeur, et ensuite notre réponse :
Merci en ce jour de Pâques pour cet éclaircissement, de comment le meurtre de Jesus a sauvé nos âmes ... mais je n'ai pas tout compris... Qu'est ce qui se réincarne, l'esprit ou l'âme ?
Merci pour votre question pertinente et importante.
Il m'est très difficile de répondre en quelques mots sans craindre de déformer plus ou moins fortement la compréhension que l'on peut obtenir par l'intermédiaire de la science de l'esprit au sujet de votre question. Je vais néanmoins tenter de donner quelques éléments de « réponse », qui seront toutefois d'autant plus abstraits qu'il faudrait idéalement les développer de manière bien plus longue et approfondie, et à partir de points de vue multiples.
La réincarnation signifie qu'au cours de son évolution, un être spirituel individuel (donc l’esprit et non pas l’âme), descend plusieurs fois dans des formes d'existence physiques, entre lesquelles se trouve à chaque fois une existence purement spirituelle.
Le destin (karma) dans les incarnations terrestres ultérieures est essentiellement déterminé par les actes accomplis dans les vies terrestres antérieures. Selon la conception anthroposophique, c'est l'ESPRIT individuel immortel, le moi de l'homme (le « je » (supérieur)), qui se réincarne.
À l'exception de cas exceptionnels, ce n'est pas l'âme qui se réincarne. Elle est en effet en grande partie périssable et, après la mort, elle se disperse dans le monde astral général, à l'exception d'un reste impérissable. L’âme doit être en quelque sorte « réédifiée quasi à neuf » pour la prochaine incarnation terrestre, portant des caractéristiques nouvelles.
L'immortalité personnelle - la conscience de la personnalité qui perdure après la mort - n'est acquise que par l’ÂME DE CONSCIENCE, dans la mesure où celle-ci est déjà orientée vers le spirituel et forme ainsi une unité avec le soi-esprit impérissable (manas) (il faudrait ici de longues caractérisations pour pouvoir se faire une idée claire de ce qui est entendu par « âme de conscience » et la différencier de « l’âme de sensibilité » et de « l’âme d’entendement ». Toutes trois font partie de l’âme humaine entre la naissance et la mort).
Dans la conférence que vous avez écoutée, il est entre autres dit ceci :
« Il n’était pas besoin d’arracher l’esprit à la mort, c’est l’élément de l’âme qu’il fallait arracher à la mort. Cet être qui s’est uni de l’extérieur à l’évolution terrestre à travers le corps de Jésus de Nazareth, on le ressentait comme le Christ, apparu pour sauver les âmes ».
Dit de manière simplifiée : le corps est soumis à l'hérédité (mais en réalité… pas seulement !), l'âme au destin qu'elle s'est elle-même créé et l'esprit (éternel) continue à se développer à travers les incarnations successives.
La doctrine de la réincarnation de l'esprit doit donc être strictement distinguée de la transmigration de l'âme ou métempsychose.
La transmigration des âmes (en grec Metempsychosis), enseignée dans presque tous les mystères orientaux, dans l'hindouisme, le bouddhisme, mais aussi dans la kabbale juive sous le nom de Gilgul Neschamot et de manière similaire par Pythagore, ne doit pas être confondue avec la réincarnation de l'individualité humaine, c’est-à-dire avec la réincarnation de l'esprit. Les anciens initiés savaient que les désirs non transformés de l'homme donnent au corps astral une forme animale après la mort dans le kamaloca. Il en va de même lorsque le corps astral est extériorisé au cours du chemin de formation spirituelle. Afin d'éviter cela, l'élève spirituel devait auparavant travailler strictement à une purification psychique (catharsis) correspondante. Dans la doctrine secrète juive, il est également décrit comment ces formes astrales peuvent s'incorporer temporairement en tant que bonne (ibbur) ou mauvaise âme (dibbouk) dans une personne incarnée sur terre.
Merci infiniment pour votre réponse. Toutefois les bouddhistes dont j'ai suivi et pratiqué + de 10 ans les enseignements nient l'existence de l'âme immortelle , tout est impermanence chez eux et pour certains d'entre eux, ce sont des morceaux de conscience qui renaissent (ils ne veulent pas parler de réincarnation). mais j'ai retenu de votre réponse que c'est l'Esprit qui se reincarne + une petite partie de l'Âme de Conscience
Merci pour vos précisions !
En effet, il n'y a pas de réincarnation à proprement parler selon la conception bouddhiste que vous mentionnez (et que mentionne aussi Rudolf Steiner dans certaines conférences. Par exemple via cette playlist (https://www.youtube.com/playlist?list=PLvYqcLy7FLDbMpCYeOr-aw1Lfg4PKQeuM) vous trouverez une conférence passionnante de Rudolf Steiner intitulée "Bouddha et le Christ" où il rapporte une légende bouddhiste, celle où le sage Nagasena s'adresse au roi Melinda et lui montre, à travers des exemples, qu'il n'y a pas de réincarnation à proprement parler, d'une individualité immortelle).
Il faudrait dès lors encore bien nuancer ce que j'ai écrit au sujet de la transmigration des âmes ci-dessus (encore appelée métempsychose), en insistant sur le fait que celle-ci n'est pas une réincarnation à proprement parler (d'une INDIVIDUALITÉ), mais bien l'incorporation de formes animiques, résultant de désirs passés.
À ce sujet, saviez-vous que Rudolf Steiner décrit des choses merveilleuses au sujet d'actions déterminantes du Bouddha au sein du courant d'évolution chrétien, notamment au moment où a lieu le Mystère du Golgotha (et plus précisément au moment de la naissance de l'enfant Jésus de la lignée de Nathan) ? Ceci est à découvrir dans le cycle de conférences que Rudolf Steiner a consacrées à l'Évangile de Saint-Luc, où cette présence et action significative du Bouddha transparaît avec une intensité particulière. Référence du livre en question : GA 114 - L'évangile de Luc (aux Éditions Triades).















