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Sixième conférence, Dornach, le 2 mars 1924
Comment le karma intervient dans l'évolution de l'homme. Veille et sommeil dans le physique et dans le psychique. Représentation et souvenir. La substance grise et la substance blanche du cerveau. Nous ne sommes vraiment homme que dans la conscience diurne, dans l'inconscient nous sommes insérés dans l'univers. Rapport de l'organisation tête avec la troisième Hiérarchie, de l'organisation rythmique avec la deuxième Hiérarchie, de la sphère de la motricité avec la première Hiérarchie. Interpénétration du monde et de la divinité. Les entités de la troisième Hiérarchie sont à la base de l'activité qui se révèle dans le souvenir, elles nous conduisent à travers le domaine inconscient de la vie terrestre. Les entités de la deuxième Hiérarchie travaillent dans la vie après la mort à modeler le karma intérieur. Les entités de la première Hiérarchie, les créateurs de ce qui est terrestre, reproduisent en une juste activité compensatrice, sous forme de contre images, ce que l'homme a formé dans la vie terrestre. Nos actes nous apparaissent comme faits du destin dans la vie suivante. Derrière la loi du karma résident les actes et les expériences des dieux.

"(...) Représentez-vous seulement ce qui suit. Si vous vous rappelez les expériences que vous avez faites, vous remontez dans le passé en partant de maintenant. Et vous pensez en effet que vous remontez dans le passé. Mais il n’en est pas ainsi. Vous ne remontez que jusqu’au moment où vous vous êtes éveillé la dernière fois (voir dessin). Puis vous avez dormi – et ce qui a eu lieu dans cet intervalle s’efface – et ensuite le souvenir reprend vraiment du dernier endormissement jusqu’à l’avant-dernier réveil. Et ainsi de suite en remontant. Et quand vous portez le regard en arrière, il faut toujours intercaler les moments d’inconscience, qui représentent la durée du tiers de notre vie. De cela nous ne tenons pas compte. (...)"

"(...) Lorsque donc vous avez vu du bleu, l’impression de ce bleu descend en vous (voir le dessin) ; ici (en haut), vous vous formez la représentation de ce bleu. Elle s’efface. Après trois jours, vous observez dans votre cerveau l’impression qui a subsisté. Et en regardant en vous-même, vous vous représenterez maintenant le bleu. La première fois où vous l’avez vu, vous avez été stimulé de l’extérieur, par l’objet. La deuxième fois, quand vous vous en souvenez, vous êtes stimulé de l’intérieur, parce que la qualité bleue s’est imprimée en vous. Le processus est le même dans les deux cas. Il s’agit toujours d’une perception, le souvenir aussi est une perception. Si bien qu’en réalité, notre conscience diurne se situe dans la faculté de représentation ; mais en-dessous se déroulent certains processus qui n’affleurent en nous que par la représentation, à savoir la représentation-souvenir. (...)"

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