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Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner Anthroposophie

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  • « Il nous faut absolument perdre l'habitude de ne considérer que le contenu des choses et de ne pas voir à partir de quel point de vue une chose, quelle qu'elle soit, s'est répandue dans le monde. Elle peut en effet s'avérer bienfaisante, voire salutaire, si elle voit le jour à partir d'un point de vue valable pour une période donnée, mais introduite par une impulsion différente, elle peut être ou extrêmement ridicule ou bien même dangereuse. C'est quelque chose dont il faut tout spécialement tenir compte de nos jours. Car il apparaîtra toujours plus clairement que, lorsque deux personnes disent la même chose, eh bien, il ne s'agit justement pas de la même chose selon ce qui se cache derrière cette affirmation ».

    Dornach, 6 décembre 1918 – GA186

    Rudolf Steiner
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Rudolf Steiner

 

NDLR : Ce document a été initialement écrit à l’attention d’une personne qui voulait savoir qui était Rudolf Steiner et ce qu’était l’anthroposophie. Ce  beau texte pourrait être utile à toute personne qui, ne connaissant rien ni de Rudolf Steiner, ni de l’anthroposophie, se pose de telles questions.

 

L’étude de la biographie de Rudolf Steiner montre une personnalité foisonnante dont la pensée s’est révélée féconde non seulement dans des écrits philosophiques et spirituels mais aussi dans de nombreux domaines de la vie pratique et professionnelle.

Mais cette créativité étonnante, multiple et féconde n’est pas sortie de nulle part. Elle a sa source dans l’approche que Rudolf Steiner avait du monde et de l’être humain, lesquels ne peuvent être connus sous toutes leurs facettes si l’on se limite à ne les regarder que sous leurs seuls aspects matériels. Pour lui, la science de la matière a un problème de méthode. Elle se montre unilatérale car elle applique la même méthode pour tous les domaines. Selon Rudolf Steiner, la méthode devrait se modifier selon que l’on étudie un minéral, un végétal, un animal ou un être humain. Autrement dit, étudier ce qui est mort, ou vivant, ou doué de sensibilité ou encore de soi-conscience requiert, dans chaque cas, une approche différenciée, spécifique. Vouloir expliquer ce qui est vivant à partir des lois de la matière morte conduit la science à une impasse. De même, l’apparition de la sensation d’une couleur ou d’un son restent inexpliqués si l’on s’en tient aux seuls processus matériels. Et que dire de la faculté de penser, de conduire un raisonnement par soi-même, comme on peut le faire, par exemple, dans une démonstration géométrique ? La certitude d’avoir atteint une vérité par la pensée logique fait apparaître dans la conscience un élément qui repose sur lui-même et non pas sur les seuls processus se déroulant parallèlement dans le système nerveux.

Rudolf Steiner ne remettait pas en cause les expériences faites par la science de la matière. Ce qu’il contestait ce sont, dans de nombreux cas, les conclusions tirées de ces expériences. Il montrait qu’elles sont souvent unilatérales. Et si l’on se pose la question : pourquoi l’étaient-elles ? On trouve la réponse dans le fait que cette forme de science a exclu a priori toute une partie de la réalité, celle qui n’est pas accessible aux perceptions sensorielles. Le supra sensoriel est déclaré comme étant exclu du domaine de la science. Il y a donc là un dogme qui enferme cette science. C’est ainsi que, de science de la matière, elle est devenue science matérialiste. Rudolf Steiner a donc voulu élargir la recherche à ce qui est du domaine suprasensible, ce qui est du domaine de l’invisible pour les yeux, de l’inaudible pour les oreilles. Cette recherche il l’a appelée science de l’esprit.

La science de l’esprit a une méthode qui est adaptée au domaine auquel elle s’adresse. Elle n’utilise des appareils de mesures que pour ce qui est accessible aux sens. Pour le suprasensible, ce sont les facultés humaines qui doivent se développer pour devenir capables de penser les phénomènes et de devenir aussi fiables que les appareils de mesures matérielles. La science matérialiste a exclu l’Homme de l’expérience scientifique, au profit d’appareils qui étaient estimés comme étant objectifs. Rudolf Steiner, comme Goethe avant lui, réintroduit l’Homme dans l’expérience. Mais est-ce une réintroduction du subjectif qui viendrait troubler la fiabilité de l’expérience ? Si c’était le cas, on ne pourrait parler de science lorsqu’il s’agit d’aborder le non-visible.

Pour sortir de l’enfermement que provoque la science matérialiste, il est nécessaire de dépasser la séparation abstraite qui est faite entre le sujet et l’objet. On déclare habituellement que ce qui se passe dans le sujet est subjectif. Il est donc sous entendu que cela ne peut pas être objectif. Pourtant, par exemple, on peut faire, de tête, des calculs très complexes qui sont tout à fait objectifs. On peut résoudre de tête des énigmes ou des problèmes de géométrie, sans qu’il n’y ait rien de subjectif qui vienne teinter le raisonnement. L’activité pensante peut donc dépasser l’opposition subjectif-objectif. Rudolf Steiner a résolu cette question avec beaucoup de précision dans son livre fondateur La philosophie de la liberté. Il y fait la différence entre les pensées et ce qu’il appelle le penser, c'est-à-dire l’activité pensante. Le penser engendre les pensées. Il peut le faire de façon contrainte, par exemple, par habitude ou par automatisme ou encore sous l’effet d’un dogme. Mais le penser peut se libérer de toute contrainte extérieure et faire apparaitre, par lui-même, des pensées objectives. Il devient alors un penser libre.

Muni de ce penser libre, l’être humain peut aborder le domaine du vivant. Il saisira alors que la plante n’a pas seulement une organisation physique (des racines, des feuilles, des fleurs, etc.). Elle a aussi une organisation qui fait pousser la tige, verdir les feuilles, colorer les pétales, murir les graines et qui maintient tous ces éléments en vie. Lorsque cette organisation de vie se retire, la plante perd son élan vers le haut, ses couleurs et se fane. Cette organisation de la vie transforme la matière qui est dans le sol et dans l’air pour la soumettre à d’autres lois qui sont celles de la vie. Cette organisation de la vie, Rudolf Steiner l’appelle le corps éthérique. La plante, l’animal et l’Homme sont dotés d’un corps éthérique. Le minéral n’a qu’un corps physique. Dans le cristal, le corps éthérique a agi au moment de la formation puis s’est retiré. Il ne lui reste que la forme physique qui témoigne de l’activité formatrice. La science de la matière ne peut trouver l’origine de la forme. Pour y parvenir, il faut s’élever au domaine de la vie, à l’éthérique.

Nous pouvons également rendre notre penser capable d’aborder le domaine du psychisme, dans l’animal et dans l’Homme. Nous découvrons alors une troisième organisation, un corps psychique que l’on appelle le corps astral. C’est en lui qu’apparaissent les sensations, mais aussi les sentiments, les désirs, les pensées et les intentions. Le corps astral d’un poisson est différent de celui d’un oiseau ou d’un mammifère. Sans avoir développé les organes qui permettent de voir le corps astral on peut en observer les manifestations, lorsque l’on regarde, par exemple, la façon dont un animal se déplace ou ses intérêts et ses instincts. La plante, n’ayant pas de corps astral agissant en elle, n’est pas dotée d’une motricité propre.

L’Homme possède une quatrième organisation qui se manifeste par le fait qu’il a la soi-conscience. Il peut se percevoir lui-même et se dire Je. Il peut aussi se déterminer lui-même, prendre des décisions, conduire sa vie. L’animal est soumis aux lois de l’espèce à laquelle il appartient. L’Homme est lui-même sa propre espèce qui imprime sa marque dans les autres corps, tout au long de son enfance, de son adolescence et de sa vie d’adulte. Ainsi, un peintre ou un musicien peuvent rendre leur corps astral capable de mouvements extrêmement affinés. Par l’action de son Je, l’Homme dépasse le cri de l’animal et l’élève dans le domaine de la parole.

Rudolf Steiner décrit plus en détail ce qui vient d’être présenté brièvement sur les quatre « corps » de l’être humain, dans le livre Théosophie, introduction à la connaissance suprasensible du monde et à la destination suprasensible de l’Homme. Il y montre aussi comment on peut parvenir à fonder le fait que l’Homme a un passé prénatal et comment son esprit est amené à revenir dans un corps après avoir séjourné dans le monde de l’âme, puis dans le monde de l’esprit, après son dernier séjour sur le plan terrestre. Il apparaît que sa description de la réincarnation est très différente de celle qui a cours en orient. Il montre aussi que ce n’est pas une question de croyance. Mais que l’observation attentive de la vie peut nous permettre de saisir que les causes de ce que manifeste un être humain ne sont pas toujours explicables par son passé terrestre et qu’elles doivent être cherchées dans un passé qui précède la naissance sur le plan physique. De même, par une observation précise, nous pouvons remarquer que nos actes ont un devenir, qu’ils ne sont pas entièrement achevés. À la fin de sa vie, le vieillard porte encore en lui des intentions qu’il ne peut réaliser dans cette vie. Vont-elles disparaître lorsque le corps physique sera détruit dans le feu ou dans la terre ? Ou bien les autres corps, ceux qui appartiennent aux mondes invisibles, emportent-ils ces intentions dans le monde de l’esprit pour qu’elles puissent préparer un devenir ?

Celui qui vit avec ces questions réalisera qu’elles lui ouvrent des perspectives importantes pour sa propre vie. Mais il pourra aussi se dire qu’il est bien démuni pour y apporter des réponses. Nous vivons dans un monde qui veut des réponses immédiates à tout, sans voir que certaines questions se construisent avec le temps.

Si l’on poursuit la lecture du livre Théosophie, on sera peut-être étonné de voir que Rudolf Steiner décrit les étapes de la vie de l’âme après la mort et, de même, la vie de l’esprit humain lorsqu’il s’élève, par paliers, dans le monde où vivent les réalités spirituelles. On pourra se demander si Rudolf Steiner présente une théorie qu’il aurait construite ou s’il reprend des traditions ancestrales. Or il ne s'agit ni d'une théorie, ni d'un syncrétisme. Il dit lui-même qu’il ne fait que décrire des phénomènes qu’il a pu observer par sa recherche, par ce qu’il appelle l’investigation du monde de l’esprit. Pour pouvoir investiguer le monde spirituel, il faut avoir d'abord développé la capacité de voir et d'entendre dans ce monde ; il est aussi nécessaire d'avoir une capacité de discerner entre ce qui est réel et ce qui est illusoire ou erroné. La possibilité de se tromper est beaucoup plus grande lorsqu'on observe le monde suprasensible que dans le monde sensible. C'est la raison pour laquelle Rudolf Steiner recommandait une discipline très sérieuse et une pratique rigoureuse de la méditation et d'exercices qui l'accompagnent.

Dans son livre Comment acquière-t-on des connaissances sur les mondes supérieurs ?, Il décrit comment la nature nous a doté de l’œil physique et qu’il appartient à chacun, s’il le désire et s’il se met en chemin pour y parvenir, de développer les yeux de l’âme, le regard spirituel. C’est ce que l’on appelle : devenir clairvoyant. De quoi s’agit-il ? Rudolf Steiner parle-t-il de la voyance du médium ? Ou du troisième œil des hindous ? En lisant ce livre, on remarque qu’il ne fait aucun sensationnalisme, d’une part et que, d’autre part, le chemin qu’il propose n’est pas une reprise des traditions orientales. Il présente un nouveau chemin de développement spirituel qui correspond à notre époque et qui a un caractère occidental. Cela veut dire qu’il ne s’agit pas de renier la pensée logique à laquelle est parvenu l’être humain d’aujourd’hui. Au contraire, celle-ci devient la base pour former le jugement individuel sur les descriptions que peut faire celui qui est clairvoyant. C’est donc par la pensée que nous pouvons apprendre à discerner la réalité des résultats que nous propose un investigateur de l’esprit comme l’est Rudolf Steiner. Et l’on remarquera que dans ses livres et dans ses conférences retranscrites, il fait appel, à l’activité intérieure du lecteur, à une pensée non pas passive, mais mise en mouvement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les livres de Rudolf Steiner ne sont pas les plus faciles à lire. Pourtant, le langage employé est profondément humain et universel.

Celui qui s’intéresse aux livres de Rudolf Steiner est frappé par l’étendue des domaines dans lesquels il apporte des connaissances nouvelles. Peu à peu, on se rend compte qu’il n’y a rien d’encyclopédique dans ce qu’il dit. Il semble puiser directement à la source des phénomènes. Alors, était-il un ‟canal” comme l’on dit aujourd’hui ? Était-il utilisé par des forces supérieures pour transmettre des ‟messages” ? Ce serait ne pas comprendre sa démarche de recherche que de penser ainsi. À maints endroits, il décrit comment il a dû investiguer certaines questions, parfois pendant plus de vingt ans, pour en trouver la réponse et être en mesure de les présenter de façon intelligible, dans ses livres et ses conférences.

S’il a donné des conférences dans presque tous les pays d’Europe et sur les sujets les plus variés, il y a un élément essentiel qui se trouve au centre de son œuvre : l’être du Christ dont il dit qu’il s’est incarné en Jésus de Nazareth, quand celui-ci avait 30 ans. Il fait la différence entre la personne de Jésus, en tant qu’homme et l’être cosmique qui est au cœur de l’évolution du monde et de l’Homme. Cet être a vécu trois années en Jésus, depuis le baptême du Jourdain jusqu’à sa mort au Golgotha. Son livre De Jésus au Christ montre l’importance de cette différence que les religions actuelles ont, apparemment, perdues de vue. Celles-ci tirent leurs connaissances actuelles de la lecture des textes. Elles procèdent par déductions, par exemple, en comparant les Évangiles. La démarche de Rudolf Steiner est différente. Par l’investigation du monde de l’esprit, il accède à ce qui s’est inscrit ou imprégné dans la ‟substance” de l’univers. Tous les évènements, tous les actes humains laissent, en quelque sorte, une trace qui s’inscrit dans cette ‟substance” qu’en Sanscrit on appelle l’Akasha. Apprendre à déchiffrer l’Akasha demande un long travail si l’on ne veut pas commettre des erreurs d’interprétation. Un autre travail, tout aussi conséquent, consistait, pour Rudolf Steiner, à trouver la façon de transposer dans la langue allemande ce qu’il avait ainsi découvert ; à mettre des scènes contemplées en images suprasensibles dans une forme accessible à la pensée de telle sorte que le lecteur ou l’auditeur pouvait, par sa propre pensée, vérifier la vérité de ce qui était dit.

Ainsi, Rudolf Steiner décrit comment il a pu vivre et observer des évènements qui ont eu lieu au temps où le Christ cheminait sur terre. La lecture de ces descriptions donne un sens élargi à ce que l’on peut, par exemple, lire dans les Évangiles. Elles ne les contredisent pas. Au contraire, elles donnent à ces textes une dimension insoupçonnée et certaines phrases énigmatiques commencent à faire sens.

Si l’on comprend ce mode de connaissance qui vient d’être décrit, on verra que Rudolf Steiner n’a pas déduit ces descriptions à partir de la lecture des Évangiles. Bien au contraire, c’est en puisant directement à ces connaissances qu’il a pu éclairer ces textes dont il dit qu’ils sont extrêmement précis, mais qu’ils expriment un sens caché qu’une lecture au premier degré ne permet pas de comprendre.

Pour permettre de saisir en quoi le Mystère du Golgotha est au centre de l’évolution de l’humanité, Rudolf Steiner a décrit, à partir de points de vues très variés, l’évolution de la conscience de l’Homme au travers des âges et des civilisations. On est étonné par le nombre de conférences dans lesquelles il parle de l’histoire, mettant en relief l’apport de telle ou telle personnalité. Et l’on découvre que certaines d’entre elles, qui sont banalisées ou laissées de côté par les manuels scolaires, sont parfois celles qui ont apporté des éléments déterminants dans l’évolution de l’humanité.

Les historiens et les scientifiques actuels on tendance à penser que notre mode de connaissance du monde a toujours été le même, mais qu’il était simplement moins étendu. En quelque sorte, l’Homme serait devenu de plus en plus intelligent. L’apport de Rudolf Steiner permet de voir que l’intelligence n’est qu’un mode de connaissance, celui de notre stade actuel d’humanité. Il en existe d’autres dont témoignent les anciennes civilisations, par leurs écrits, par leurs œuvres artistiques (architecture, sculpture, peinture, musique, poésies), par leurs réalisations civilisatrices, par leurs découvertes scientifiques, etc. Sur cette base, il devient possible d’imaginer que d’autres modes de connaissance viendront après celui de l’intellectualisme actuel. Peut-être pourrions nous avoir la prudence de nous interroger sur ces questions. Nous éviterions alors de trop hypothéquer l’avenir en n’enfermant pas le futur dans nos certitudes issues de l’intelligence abstraite d’aujourd’hui. Pour y parvenir, n’avons-nous pas besoin d’une connaissance élargie et vivante du passé ?

 

Pour approfondir ce qui vient d’être brièvement présenté, voici quelques références de livres de Rudolf Steiner, avec les liens vers le site des éditions Triades qui les distribuent :

Selon les intérêts particuliers, on trouvera beaucoup d’autres ouvrages sur des thèmes spécifiques abordés à partir de l’Anthroposophie (Pédagogie, art, médecine, histoire, triarticulation sociale, économie, philosophie, agriculture, …).

Mars 2025

 

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