Soi-esprit.info

Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner Anthroposophie

Questionnements, essais et contenus portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner.
Beaucoup d'articles sur ce site requièrent un travail d'étude sérieux, portant sur des connaissances épistémologiques et ésotériques, pour être compréhensibles.

Citation
  • « Aussitôt qu'après la mort nous avons abandonné le corps éthérique de la manière que j'ai exposée, il se dégage de nos expériences nocturnes une évaluation morale de notre être. Nous ne pouvons faire autrement que de juger moralement ce que nous revoyons ainsi de notre vie. Les choses prennent alors une forme singulière.
    Ici-bas, sur terre, nous portons un corps composé d'os, de muscles, de vaisseaux sanguins, etc. Après la mort, un corps spirituel se constitue, formé de ce que nous valons moralement. Chez un être bon, c'est un corps moral lumineux et beau ; chez un être mauvais, il répand une lueur douteuse. Ce corps se forme pendant cette rétrospective de la vie, et ne constitue encore qu'une partie de ce qui s'agrège à nous et viendra former ce que je pourrais appeler notre « corps spirituel » ; car une partie de ce que nous recevons maintenant dans le monde spirituel se compose de nos valeurs morales; l'autre partie nous est donnée simplement comme un vêtement formé de la substance des mondes spirituels. »

    Christiana (Oslo), 17 mai 1923 – GA226

    Rudolf Steiner
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Question d'un auditeur à la suite de l'écoute sur YouTube de la septième conférences du cycle "Pâques - Mystère de l'humanité - Présence de Michaël". Ces conférences sont également accessibles sur ce site web au format mp3).

Voici la question exprimée dans un commentaire posté par l'auditeur, et ensuite notre réponse :

 

Je découvre le lien de la fête Chrétienne de Pâques avec celle païenne d'Adonis, mais je pensais que Pâques s’était toujours célébrée le 1er dimanche après la 1ere pleine lune suivant l'équinoxe de printemps...

 

Bonjour et merci encore pour vos questions et vos commentaires qui sont extrêmement stimulants, pour moi aussi ! Ils m'invitent à me poser bien plus de questions et à approfondir ce que je croyais souvent, bien trop rapidement, avoir compris, alors que ce n’est pas nécessairement le cas !

Je vous fais ci-dessous un retour au sujet de votre commentaire sachant qu'il peut toujours aussi y avoir des problèmes de traduction dans les conférences de Rudolf Steiner et manifestement c'était le cas dans celle-ci, j'en ai repéré plusieurs à la fin de la conférence. Mais je n'ai pas non plus tout retraduit. Nous allons donc devoir nous baser sur le texte tel qu'il existe aux éditions anthroposophiques romandes.

Ainsi que vous le mentionnez, la fête de Pâques est en effet célébrée le premier dimanche après la première lune qui suit l'équinoxe de printemps.

Au début de la conférence, Rudolf Steiner dit ceci :

« Durant les premiers siècles du christianisme, non pas dès sa fondation, mais au cours des premiers siècles de celui-ci, la fête de Pâques est devenue une fête chrétienne importante, une fête chrétienne liée à l'idée fondamentale, à l'impulsion fondamentale du christianisme, celle qui provient du fait de la résurrection du Christ. Pâques est la fête de la résurrection. Mais cette fête nous renvoie à des temps plus anciens que l'ère chrétienne, à des fêtes liées à l'équinoxe de printemps qui sert à calculer la période pascale, liée aux fêtes qui célèbrent la renaissance de la nature, le réveil des forces de croissance et le renouveau de la vie dans la nature ».

Puis, il évoque, et ceci est le point important, que la fête païenne correspondante qui se situe à peu près à la même période de l'année (c'est-à-dire au printemps - il ne s'agit donc pas de la fête d'Adonis, il ne précise pas dans ce passage de quelle(s) fête(s) il s'agit), qui est une fête de la résurrection de la nature, une réapparition de ce qui était en sommeil dans la nature pendant l'hiver, ne correspond pas du tout à ce qui est l'essence de la fête de Pâques, de par la signification intime de la fête de Pâques.

Certes, la fête de Pâques est fêtée au printemps, mais la fête païenne qui lui correspond quant à sa signification plus intime, ou plutôt les fêtes païennes qui lui correspondent, étaient des fêtes qui étaient célébrées à l'automne et non pas au printemps. La fête d'Adonis en était une d'entre elles (parmi d’autres, je présume).

Il présente ensuite ce qu'était cette fête d'Adonis, telle qu'elle était célébrée extérieurement, exotériquement pour ainsi dire, et aussi quelle était sa signification intérieure dans les Mystères auxquels n'avaient accès que les candidats à l'initiation et les initiés. Il montre que la signification intime de cette fête d'Adonis n'avait rien à voir avec une résurrection de la nature extérieure (telle qu’elle se manifeste au printemps), mais bien qu'elle était en rapport avec une résurrection de l'âme (de l’être humain). Alors que la nature extérieure se mourrait pendant l'automne, le candidat à l'initiation lui, faisait l'expérience d'une résurrection de son âme lors de l'initiation dans les Mystères (d’Adonis). Or, au cours de l'évolution, l'humanité perdit la faculté, la capacité de faire cette expérience au cours de l'automne. Elle n'avait plus les forces de vivre intérieurement et réellement cette résurrection de l'âme. « La force que recelait la fête d'Adonis s'est perdue ».

C'est ainsi qu'il ne fut pas possible de fixer la fête de Pâques à l'automne, mais que, compte tenu des forces perdues par l'humanité, il fut nécessaire de la célébrer au printemps. « On a besoin du soutien de la nature extérieure, de la résurrection extérieure. On veut voir comment les plantes jaillissent et sortent de la terre, comment le soleil gagne en force, comment la lumière et la chaleur deviennent plus puissantes. Pour célébrer l'idée de la résurrection, on a besoin de la résurrection dans la nature. »

Rudolf Steiner ne précise pas dans cette conférence « qui » fixa cette fête au printemps ni avec quel type de conscience, mais par d'autres conférences de Rudolf Steiner, on peut comprendre que généralement cela n’était pas le fait d’êtres humains conscients, mais que ce sont des entités du monde spirituel qui ont agi de telle façon à ce que les choses se produisent ainsi. D’ailleurs factuellement, la mort et la résurrection du Christ ont eu lieu au printemps et pas à l’automne.

Remarquons que parmi d’autres points essentiels dans cette conférence, Rudolf Steiner montre aussi qu’avec l'événement du Golgotha, est accomplie non seulement une résurrection de l'âme, mais carrément et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une résurrection d’un CORPS, ce qui est d’une portée incommensurable (et ne doit surtout pas être confondu par exemple avec la réincarnation qui est encore tout autre chose, ni avec les initiations païennes quelles qu’elles soient, qui ne sont jamais parvenues à cela, y compris l’initiation dans les Mystères d’Adonis).

Pour en revenir à votre commentaire : dans la conférence il n’est dont pas dit que la fête de Pâques ne fut pas fêtée autrefois au printemps, mais bien que «  (…) la fête de Pâques chrétienne n'est absolument pas une fête qui, de par sa signification intime et de par son essence, corresponde aux fêtes païennes de l'équinoxe de printemps. Au contraire, conçue comme fête chrétienne, Pâques coïncide, si nous nous référons au temps de l'ancien paganisme, avec d'antiques fêtes qui se situent en automne et sont issues des mystères. Lors de la fixation de la date de la fête de Pâques, qui par son contenu est manifestement en rapport avec certains anciens mystères, le point le plus étonnant est que cette fête de Pâques nous rappelle les malentendus profonds surgis au cours de l'évolution de l'humanité au sujet de certains des aspects les plus importants de la conception du monde. »

La « coïncidence » entre la fête de Pâques et d’antiques fêtes en automne existe donc au niveau de leur signification intime mais pas au niveau temporel (Pâque n’était pas fêtée à l’automne).

TOUTEFOIS, il est vrai que dans cette conférence, il y a juste après un passage qui peut fortement prêter à confusion. On lit en pages 126 et 127 dans la version en langue française ceci :

« En effet, au cours des premiers siècles de l'ère chrétienne, on a confondu la fête de Pâques avec une fête très différente. D'une fête d'automne, elle a été déplacée pour devenir une fête de printemps. »

En allemand on trouve ceci :

« Denn es ist ja nichts Geringeres geschehen, als daß das Osterfest verwechselt worden ist im Laufe der ersten christlichen Jahrhunderte mit einem ganz anderen Feste, daß es dadurch verlegt worden ist von einem Herbstes-feste zu einem Frühlingsfeste. »

Qui pourrait être compris comme ceci :

« Car il s'est en effet produit rien de moins que la confusion, au cours des premiers siècles du christianisme, entre la fête de Pâques et une toute autre fête, ce qui a eu pour conséquence de la faire passer d'une fête d'automne à une fête de printemps. »

Par « faire passer d’une fête d’automne à une fête de printemps » je comprends dans ce contexte qu’il ne s’agit pas d’un « déplacement » d'une date dans le calendrier, mais bien du fait que l’on a confondu sa signification (son essence) avec celle d’une fête du printemps alors que sa signification est en rapport avec les fêtes de l’automne.

Bref, le passage en page 126 et 127 prête vraiment à confusion. Je vais peut-être modifier ou annoter le texte de cette conférence qui peut intégralement être lu ici : https://www.soi-esprit.info/articles/pensees-anthroposophiques/798-la-fete-de-paques-une-partie-de-lhistoire-des-mysteres-de-lhumanite

Merci encore pour votre commentaire qui a permis d’identifier une importante source de confusion possible !

 

Merci infiniment pour votre longue réponse ... je viens d'en trouver une autre plus courte, cette date du 1er dimanche après la 1ere pleine lune suivant l'équinoxe de printemps...a été fixée au concile de Nicée, avant elle était célébrée à une date fixe au 14 Nisan, selon la tradition juive (sortie d'Egypte de Moïse) mais toujours au printemps ...

 

 « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même »
Vérité et Science, Rudolf Steiner