Merci pour cet article qui remet bien les points sur les "i".
Je suis personnellement atterré de constater qu'il y a tant de personnes de bonne foi qui se disent enthousiastes des écrits de Philippe Guillemant (lui même de bonne foi) ou d'autres comme lui, parce qu'ainsi elles sont convaincues que "la science", en particulier celle qu'on appelle la "reine des sciences", c'est-à-dire la physique, parvient maintenant à "prouver" en quelque sorte l'existence du spirituel. Le matérialisme serait ainsi dépassé grâce aux progrès de la physique elle-même.
Je trouve aussi ce type d'attitude chez certains anthroposophes qui ont étudié l'anthroposophie (apparemment) depuis des décennies. Ceci ne fait que montrer, et cela m'est très douloureux, qu'ils ne comprennent vraiment PAS DU TOUT certains fondements parmi les plus ESSENTIELS de cette science de l'esprit d'orientation anthroposophique. D'où d'ailleurs si souvent leur façon naïve, péremptoire et simpliste de présenter et de se représenter l'anthroposophie elle-même, laquelle discrédite (et cela se comprend) l'anthroposophie aux yeux des publics qui pensent (eux).
Pour le dire très crûment : ces personnes ne sont pas "à la hauteur", notamment à la hauteur du sérieux et de la rigueur avec lesquelles il est nécessaire de travailler l'anthroposophie pour en faire autre chose qu'un système de croyances, un de plus pourrait-on dire.
Je fais des constats similaires avec d'autres domaines techniques ou scientifiques. Par exemple dans une vidéo où Idriss Aberkane présente les grandes personnalités qui sont à la base du développement de l'intelligence artificielle (je n'ai plus les références de cette vidéo sous la main). On se pâme alors d'admiration pour son érudition, qui est en effet très vaste, sans toutefois s'apercevoir du caractère archi-nominaliste de toutes les pensées qu'il présente ainsi que celles de tous les penseurs auxquels il fait référence, au sujet de l'intelligence. À nouveau ici la réalité de l'esprit est niée et réduite à de seules conceptions nominalistes-mécanicistes. Si tant de personnes n'y voient que du feu, y compris certains anthroposophes, c'est, entre autres, à nouveau parce que les fondements de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique ne sont pas travaillés (et aussi parce que leur culture scientifique est proche de zéro).
Donc merci de mettre en avant le caractère réductionniste des propos de Philippe Guillemant (et par là de beaucoup d'autres), tout en reconnaissant la valeur de sa tentative, car en effet il "s’exprime d’une manière intéressante et courageuse car il tente de réconcilier sciences et spiritualité de manière apaisée et non-conflictuelle".
J'en profite aussi pour signaler l'existence d'un excellent livre écrit par un physicien et anthroposophe, qui permet de comprendre bien plus en profondeur notamment l'histoire du développement de la physique des particules, et de mieux saisir ses liens (ou ses contradictions) avec la science de l'esprit d'orientation anthroposophique. Il s'agit du livre "RUDOLF STEINER ET L’ATOME - La prodigieuse aventure de la physique face à l’énigme de la matière" aux éditions Triades, écrit par Francis Keith.
Enfin pour terminer, il existe aussi une conférence particulièrement importante de Rudolf Steiner dans laquelle il montre qu'il ne peut exister de matière sans esprit, mais pas non plus d'esprit sans matière. Par "matière" il ne faut toutefois pas seulement entendre la "matière physique" sensible comme nous l'entendons habituellement. Cette conférence est datée du 17 août 1908 et publiée dans le livre "Philosophie et anthroposophie" aux éditions anthroposophiques romandes. En français elle comporte néanmoins d'importantes erreurs de traduction !



















