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    Ici-bas, sur terre, nous portons un corps composé d'os, de muscles, de vaisseaux sanguins, etc. Après la mort, un corps spirituel se constitue, formé de ce que nous valons moralement. Chez un être bon, c'est un corps moral lumineux et beau ; chez un être mauvais, il répand une lueur douteuse. Ce corps se forme pendant cette rétrospective de la vie, et ne constitue encore qu'une partie de ce qui s'agrège à nous et viendra former ce que je pourrais appeler notre « corps spirituel » ; car une partie de ce que nous recevons maintenant dans le monde spirituel se compose de nos valeurs morales; l'autre partie nous est donnée simplement comme un vêtement formé de la substance des mondes spirituels. »

    Christiana (Oslo), 17 mai 1923 – GA226

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psychologie art social guerir


Stephan Eisenhut

Publié dans la revue Die Drei - 6/2024

Traduction : Daniel Kmiecik
Source : Les traductions de Daniel Kmiecik − www.triarticulation.fr/AtelierTrad



Note de la rédaction :

La plupart des numéros de page des ouvrages de Rudolf Steiner mentionnés dans les notes de bas de page, concernent l'édition allemande de son oeuvre, et non pas les éditions en langue française.



Le domaine des impulsions morales

L'importance de la psychologie pour un art social de guérir

 

Les crises actuelles ne peuvent être maîtrisées que si suffisamment d'êtres humains trouvent un accès conscient au domaine des impulsions morales. Cela présuppose que le seuil du monde spirituel soit correctement franchi. La présente contribution montre pourquoi Rudolf Steiner, lors sa première description publique des trois composantes de l'organisme social, s'est tout d'abord intensément confronté à la psychanalyse, alors en train de naître. Or, si l'on entre dans le domaine de l'inconscient avec de faux moyens de connaissance, il en résulte un danger pour l'ensemble de la vie sociale en commun.

« Pas d'armes ni d'équipements guerriers », telle fut une exigence du parti Bündnis 90/Die Grünen [Les Verts] dans la campagne fédérale de 2021. À peine étaient-ils en responsabilité gouvernementale que soudainement, ils n'eurent plus assez d'armes — tout d'abord délivrées pour l'Ukraine et ensuite aussi vers Israël[1]. De larges déclarations qui sonnent bien au sujet de la politique de sécurité sur le site Web de ce parti : « Tout usage de la violence militaire est un mal et c'est le signe que la résolution pacifique des différends a échoué. C'est pourquoi nous, les Verts au Bundestag, accordons la priorité à la lutte contre les nombreuses causes de conflit et à la primauté du règlement pacifique des différends et de la promotion de la paix. »[2] De nombreux critiques peuvent ressentir cette béance manifeste entre revendication et réalité comme une forme particulièrement éhontée de mensonge. Néanmoins des représentants de ce parti défendent leur politique comme justifiée sur le ton d'une profonde conviction. Ils croient vraiment ainsi s'engager pour le bien. Ils ne remarquent seulement pas que les biens qu'ils se représentent et à quoi ils s'efforcent volontairement, divergent de manière abyssale. D'innombrables exemples de ce type se laissent désormais découvrir, de sorte que ce que l'être humain se représente ne correspond pas à ce qu'il ressent et fait. D'où cela vient-il donc ?

Le penser fonctionnel de l'être humain du temps présent ne s'enracine plus dans la réalité, c'est ainsi que l'on peut décrire une connaissance centrale de Rudolf Steiner. Et ce penser, devenu étranger à la réalité, est la cause première des crises sociales et des phénomènes de déclin que nous observons. Pour l'être humain moderne, la réalité c'est ce que ses sens lui communiquent et cela devrait donc être saisi au plus exactement possible. Or, c'est justement cela qui n'est pas la réalité, enseigne par contre la science de l’esprit. Ce ne sont en fait que des images de cette même réalité, que nous obtenons sur cette voie. Nous pouvons ordonner ces images avec notre penser ou les reconfigurer avec notre imagination. Elles sont aussi développables avec l'aide des connaissances mathématiques en modèles techniquement transposables. Si l'on y parvient, cela semble alors une preuve que nous sommes bien très proches de la réalité. Toutefois, nous nous mouvons alors dans un semblant de réalité. Ce semblant de réalité nous laisse libres ; il n'agit pas directement sur notre penser. Par ce semblant nous pouvons faire l'expérience que nous formons nous-mêmes nos idées par notre activité intérieure.

Le prix de cette liberté c'est que dans notre penser, nous nous éloignons tout d'abord toujours de la réalité vraie. Où trouver donc celle-ci et comment pouvons-nous parvenir réellement à elle ? La réalité vraie repose au-delà d'un seuil. Nous ne pouvons former des pensées conformes à la réalité ensuite qu'après avoir réussi à franchir ce seuil. Or, cela ne va pas sans dangers. Car dans la réalité authentique, des forces opèrent sur nous qui peuvent être fortement subjectivantes. Il est donc important que nous apprenions à franchir ce seuil de manière telle que nous le ressentions librement, sans en être illibrement et subjectivement terrassés. C'est seulement sur cette voie que les impulsions morales peuvent être découvertes, lesquelles peuvent agir ensuite à l'encontre des phénomènes de déclin de la vie sociale actuelle.

Ce cheminement peut donc devenir la base d'une science sociale conforme à la réalité.

Au point culminant de la première Guerre mondiale, le 14 novembre 1917, Rudolf Steiner tint une conférence devant un public de formation universitaire à Zurich, intitulée : Anthroposophie et science sociale. C'était la quatrième conférence publique d'une série qui avait été sollicitée à l'initiative de jeunes universitaires. Les trois domaines de l'organisme social furent alors traités pour la première fois en public. Entre ces conférences, Rudolf Steiner a aussi donné des conférences sur le même sujet, mais devant un public anthroposophique cette fois, où il éclaira plus fortement les arrière-plans occultes des événements de l'époque. Dans les conférences publiques, il décrit méthodiquement le cheminement de la science de l’esprit à l'avant-plan, alors que dans les conférences pour les membres, — en construisant sur ces  mêmes bases méthodologiques — il éclaire les contextes occultes très oppressants des événements contemporains. Tout cela se produisait alors que la première Guerre mondiale faisait rage et que ce travail mené entre les peuples, [à Dornach, par exemple, mais aussi à Stuttgart, ndt] était rendu difficile au travers de la propagande de guerre régnante[i].

 

Freud & Jung

En ces jours de novembre, Rudolf Steiner consacra un point fort au fondateur de la psychologie analytique. Le psychiatre Carl Gustav Jung, qui pratiquait à Zurich (1875-1961), s'était confronté avec les écrits encore assez peu connus à l'époque, de Sigmund Freud (1856-1939), en particulier avec l'Interprétation des rêves de celui-ci et il remarqua bientôt un lien avec ses propres idées. Il commença donc à étudier de manière intensive les écrits de Freud. Dans son écrit de thèse de 1905, il décrit le cas d'un trouble obsessionnel compulsif[ii] qu'il avait traité avec succès, en utilisant la méthode développée par Freud[3]. Entre 1906 et 1913, se développa entre eux une étroite amitié, — malgré, au début, des différences existantes sur la théorie sexuelle de Freud. Leurs chemins se séparèrent lorsque Freud commença à identifier sa méthode avec sa théorie sexuelle[4].

Après la rupture avec Freud, en 1913, Jung se tourna plus fortement sur son propre inconscient. Il prit méticuleusement note de ses rêves et imaginations et chercha ainsi à en retirer des connaissances sur ce qui s'élevait de la région sous-consciente de la vie de l'âme. En 1917, il publia son ouvrage : La psychologie des processus inconscients[5]. Rudolf Steiner se référa à celui-ci dans ses conférences de novembre 1917.

Steiner avait lui-même élaboré sur plusieurs décennies déjà une psychologie philosophique en édifiant sur celle-ci sa méthodologie de science de l’esprit. À l'automne de 1917, son ouvrage Des énigmes de l'âme était achevé et se trouvait sur le point de paraître. Dans ses conférences de novembre il commenta à ses auditeurs le cheminement cognitif qui y est décrit en le comparant aux essais de Jung et Freud. Il salua tout d'abord le fait qu'avec le cheminement ainsi ouvert, le domaine de l'observation de l'activité de l'âme se voyait ainsi replacé au centre de l'attention scientifique. Dans l'essai de Jung, se rajoutait le fait que celui-ci était grandement ouvert aux phénomènes spirituels qui se retrouvaient aussi dans l'expression des images mythiques et religieuses. Dans cette mesure, Jung offrait carrément l'opportunité de jeter ainsi un pont vers la science de l’esprit. Néanmoins, Steiner reconnut dans la manière de former les concepts de cet essai une problématique qui dût forcément mener à une pratique insuffisante :

Cette psychanalyse est remarquable du fait qu'un domaine se présente devant le chercheur en psychanalyse qui n'est pas englobé dans une conscience ordinaire, laquelle doit renvoyer à ce qui se trouve sous le seuil même de celle-ci. Mais on tente alors d'appréhender ce domaine avec un moyen de connaissance dont je voudrais dire qu'il est insuffisant. Et dans ces circonstances, on tente, avec ce moyen cognitif insuffisant d'être aussi actif en pratique — quand bien même tout d'abord seulement aux plans thérapeutique et pédagogique —, ainsi doit-on dire que la cause n'a pas seulement une importance théorique mais la cause a une importance pratique importante. […] Parce que cette psychanalyse est un domaine où la recherche et la vie sociale se rencontrent, pour ainsi dire, d'une manière dont nous aurons encore à discuter aujourd'hui pour d'autres domaines de ce genre.[6]

 

Psychologie des peuples

Les autres domaines dont Steiner discuta ensuite sont ceux de la vie sociale : le domaine de la vie économique, le domaine spirituel, duquel proviennent les impulsions morales, et la vie juridique. Dans la connaissance de ces domaines de vie se révèle la même problématique qui caractérise en soi le domaine de la vie de l'âme que la psychanalyse explore. Car dans ces domaines aussi, il ne ressort aucune formation de vie pratique conforme à la réalité, lorsqu'on les analyse avec seulement le penser intelligible ordinaire. Steiner cite ensuite l'avant-propos de C. G. Jung, qui caractérise pertinemment à son tour, le domaine qu'il vaut d'explorer, si l'on veut comprendre les causes de la guerre mondiale :

« Les processus psychologiques qui accompagnent la guerre actuelle, avant tout l'ensauvagement incroyable des jugements généraux, les oppositions des dénigrements, l'insoupçonnée rage de destruction, le flot de mensonges inouïs et l'incapacité des êtres humains à refréner le démon sanguin, ne sont en rien appropriés pour mettre urgemment devant les yeux de l'être humain pensant le problème de l'inconscient fiévreux et chaotique, sommeillant sous la conscience ordonnée du monde. Cette guerre a impitoyablement montré à l'être humain de la culture qu'il est encore un barbare, et en même temps, quelle barre de fer de discipline l'attend, s'il songeât à nouveau de rendre son prochain responsable de ses propres qualités mauvaises. Mais la psychologie d'un individu correspond à la psychologie des nations. »[7]

Jusque-là, à savoir, que la psychologie de l'individu soit imprégnée de la complexion de l'âme de toute sa nation, cela pouvait encore passer pour Steiner. La singularité de projeter ainsi tout le mal qui vit dans l'âme propre, sur le voisin, qui doit ensuite combattre avec tous les moyens possibles, cela se laisse encore malheureusement observer fortement de nos jours. Jung continue toutefois dans ses développements : « Ce que la nation fait, chaque individu le fait aussi. » Ici, par contre, Steiner dut s’opposer catégoriquement. Car Jung dénie ici la possibilité que l'individualité isolé soit foncièrement en situation, en pensant, de s'élever au-dessus de la complexion d'âme de sa nation. Sinon cette individualité ne serait en effet qu'un être rêvant purement et simplement, qui ne peut réaliser ce qui monte des tréfonds de son âme groupe [animale ndt] — c'est-à-dire de l'âme qui reste attachée au peuple.

Des collectifs nationaux en tant que tels produisent purement et simplement des phénomènes de déclin culturel qui débouchent finalement dans des guerres. Des vertus de la vie sociale afflueront à l'avenir dans la vie sociale encore par l'individualité isolée — et seulement si ensuite les êtres humains commencent à se reconnaître comme des entités spirituelles, s'ils s'efforcent aussi à reconnaître l'entité spirituelle d'autrui. Ce en quoi Steiner peut toutefois se rattacher à Jung c'est l'observation que le domaine de la vie sociale succombe pareillement aux forces qui suscitent chez l'être humain individuel des maladies psychiques.

 

L'activité du divin chez l'être humain

Pour Steiner, Jung est parvenu en un point intéressant, car en lui naît pour le moins un soupçon que « la vie de l'âme humaine se trouve en relation avec une vie spirituelle en dehors de lui-même. » Il lui est cependant impossible de faire quoi que ce soit « pour reconnaître cette relation dans toute sa réalité »[8].8 Pour préciser, Jung parvint, notoirement dans ses explorations psychologiques, à la conclusion que sans l'acceptation d'un concept de Dieu, on ne va guère beaucoup plus loin : « Le concept de Dieu est notoirement une fonction psychologique tout bonnement indispensable de nature irrationnelle, laquelle n'a principalement rien à faire avec la question de l'existence de Dieu »[9] —  ainsi Steiner cite-t-il de l'œuvre de Jung.

Tout ce qui a fait, non seulement l'être humain individuel, mais est aussi ce qui est passé au travers de l'humanité, peut :

être actif dans l'âme ; et tandis que la conscience ordinaire n'en sait rien, la sous-conscience tempête et déferle en se soulevant contre la conscience, et prennent alors naissance des apparitions remarquables, que sont aujourd'hui celles hystériques ou autres maladies de ce type. Tout ce que les êtres humains ont éprouvé à chaque fois dans le divin ou encore aussi en diableries, ainsi Jung le dit-il dans son livre le plus récent, parvient en haut ; l'être humain n'en sait rien, mais cela agit en lui.[10]

D'un côté, Jung reconnaît la nécessité de partir de l'activité d'un élément divin chez l'être humain, de l'autre, il ne découvre cependant aucune possibilité de faire l'expérience de cet élément divin dans sa réalité. Il se procure des concepts auxiliaires, pour le dire ainsi, qui lui permettent de travailler avec l'idée de dieu, sans devoir reconnaître l'existence réelle d'un élément divin.

Oui, mais qu'est-ce que cela signifie, lorsqu'on dit, d'un côté : « L'âme humaine doit instaurer des relations aux dieux dans son monde sous le seuil de la conscience » et, de l'autre, on détermine « qu'elle ne doit rien avoir à faire à l'existence de Dieu ! »[11] On reconnaît donc, d'un côté, que sans découvrir une relation, l'âme tombe malade ; de l'autre côté, il y a la sensibilité : l'âme doit se satisfaire d'une relation illusoire avec ce divin. Mais cela, selon Rudolf Steiner, dans les conférences destinées aux membres, devrait conduire à une pratique très dangereuse :

Avec un moyen cognitif insuffisant, ils s'approchent de la cause. C'est un jeu dangereux. C'est vrai que chez beaucoup de gens, un sous-conscient joue qui n'affleure pas et ne parvient pas à la conscience. Mais ce que les psychanalystes croient avoir découvert, c'est en général d’une moindre signification que tout le reste ; c'est la raison pour laquelle la guérison ensuite est en général vraiment douteuse. Lorsqu'on rencontre une dame quelconque de trente ans, et qu'on découvre une aberration sexuelle dans sa quatorzième année, laquelle n'a pas fini de vivre et continue donc de proliférer et provoque l'hystérie, on a alors encore ce qu'il y a de plus infime à observer. Ce peut être même juste dans un cas ou dans un autre, ensuite cela en appellera à plus ou moins de mystification, si l'on n'en juge guère la portée. Mais avant toute chose, une chose est vraie : chez l'être humain de notre époque se présentent d'innombrables éléments sous-conscients qui le hantent au point même d'en être harcelés, et les maladies culturelles de notre temps en ressortent.[12]

Le danger auquel Rudolf Steiner fait allusion ici dans les conférences aux membres, naît du fait que le psychanalyste foule un domaine de recherche, dans lequel des forces spirituelles réelles — notoirement l'entité spirituelle individuelle — sont opérantes. Il y transpose à présent la forme des concepts tels qu'il est habitué à les former à partir de sa perception sensible dans les sciences naturelles de l'époque et cela à un domaine qui se situe au-delà du seuil. Aussi utile et secourable que puisse être aussi ce type de formations conceptuelles : ici sur le domaine de la perception psycho-spirituelle, elles doivent carrément s'avérer aveugles. C'est-à-dire qu'elles [= ces formations conceptuelles, ndt] rendent impossibles la perception des entités qui opèrent là. Voulût-on percevoir ces entités et les reconnaître, alors il nous fallût transformer notre manière de penser à partir de notre propre vertu de sorte qu'elle correspondît aux singularités et requêtes du domaine de recherche psycho-spirituel.

 

L'être humain en tant qu'entité spirituelle

De fait, il en est ainsi que tout un chacun, par la fréquentation journalière de ses semblables, fait des expériences avec des êtres spirituels individuels. Par dessus le marché, tout être humain fait l'expérience de gens qui meurent dans son entourage. Il ne peut plus les percevoir ensuite, étant donné qu'ils ne disposent plus du corps physique pour ce faire. Celui-ci a été déposé avec la mort. Dans la science naturelle reposant purement sur la perception sensible, la conception s'est imposée qu'aucunes déclarations sur l'existence de l'être humain après la mort ne puissent être faites. Pour l'être humain qui pense en matérialiste, l'être humain individuel cesse d'être, lorsque son corps dépérit et meurt. Car son être spirituel individuel n'est plus sensiblement accessible à la perception sensible. Pour lui, c'est une question de croyance subjective désormais, quant à savoir si l'essence spirituelle de l'être humain continue d'exister après la mort.

À partir d'une perspective de science de l’esprit ceci est néanmoins une question qui relève du penser et pas seulement de la foi. Le penser de la science naturelle ne peut guère penser [ou lui rendre justice, ndt] l'être spirituel individuel qui est incarné dans un corps physique. Car cela requiert formellement de prendre au sérieux sa propre vie d'âme, tel un champ autonome d'observations qui peuvent idéellement être saisies ou appréhendées aussi clairement que le champ de l'observation sensible. Steiner avait déjà profondément exploré l'individualité humaine dans sa Philosophie de la liberté. Dans celle-ci, il s'agissait pour lui de « résultats d'observations de la vie de l'âme selon une méthode scientifique naturelle » — comme le propose le sous-titre de l'œuvre. La science naturelle matérialiste commet la faute de vouloir élucider le domaine de vie de l'âme en partant d'observations des sciences de la nature. Avec cela, elle ne rend guère justice à sa propre méthode, car elle doit partir d'un présupposé qu'elle n'observe absolument pas, mais qu'elle a simplement au mieux désormais postulé. Au contraire, Steiner emprunta un cheminement cognitif qui approfondit les deux domaines indépendamment l'un de l'autre. Pourtant, ce n'est que dans l'ouvrage Des énigmes de l'âme, qu'il fut en situation de dégager idéellement et clairement, par son travail d'investigation, les points de rattachement des deux domaines.[13] Le corps est l'instrument de l'âme, à l'occasion de quoi le système sensoriel et les nerfs sont la base de la représentation terrestre abstraite, le système rythmique, la base de l'activité terrestre des sentiments et les membres et le système métabolique [incluant catabolisme et anabolisme, ndt] sont le porteur des impulsions du vouloir terrestre.  L'âme, qui s'expérimente elle-même comme une entité spirituelle dans l'auto-observation du penser actif est cependant indépendante de cet instrument. Si le corps meurt, la possibilité de former des représentations terrestres abstraites ou d'exercer des actions extérieures fait alors défaut à l'âme. Mais en tant qu'être spirituel, elle existe encore et ceci activement. Fait seulement défaut à l'être humain actuel — généralement et seulement — la capacité de percevoir et de connaître une telle activité. Or celle-ci peut être écolée et entraînée. C'est précisément dans les conférences aux membres qui accompagnaient celles ouvertes au public que Rudolf Steiner dégagea par sa réflexion, la raison pour laquelle il est immensément important que l'être humain, dans sa vie terrestre actuelle, œuvre à acquérir cette faculté et ne se dise pas simplement : quant à savoir s'il y a une autre vie après la mort, j'en ferai l'expérience de toute manière lorsque je mourrai moi-même. Car l'art et la manière dont l'âme défunte s'active dans le monde spirituel, dépend essentiellement de ce qu'elle a activement acquise dans la vie terrestre précédente[14].

 

La vertu des défunts

L'être humain devient pour ainsi dire ce qu'il a pensé dans sa vie terrestre. S'il est ici un darwinien convaincu, par exemple, qui croit que l'être humain provient seulement de l'animal et qu'il fait vivre en lui cette pensée, cela mène ensuite à ce que son âme conservera cette représentation semblable qui lui est propre pour ce qui la concerne. Lorsque cet être humain meurt et qu'il fait l'expérience d'un être authentique dans le monde spirituel, il ne peut alors se considérer que selon l'idée que son âme s'est faite à ce propos. Mais c'est là un grand malheur pour lui.[15] Cela fait également une différence si l'on est un matérialiste conséquent et que l'on croit, lorsqu'on a perdu un être cher, qu'il ne reste de lui que ce qui se trouve dans la tombe ou dans les cendres d'une urne, ou bien si l'on peut réellement penser au défunt comme d'un être spirituel qui est encore là existant, qui échappe simplement à ma perception. Car le défunt sait l'idée réelle — et donc celle que l'on pense avec une certaine activité — que perçoivent les êtres humains incarnés.[16]

Mais qu'elle différence cela fait-il, si un être humain croit que son proche défunt n'existe plus, ou s'il a pour le moins le sentiment, et à partir de cela développe aussi un certain recueillement, que son proche défunt continue de vivre en tant qu'être spirituel individuel ? Steiner développa cela, étant des points de vue qui pouvaient s'avérer considérablement importants pour une psychothérapie fondée sur la science de l’esprit à l'avenir. Il montra notoirement que les défunts agissent dans le for intérieur de la vie de l'âme des vivants d'une manière qui provoque des états maladifs. Si une personne âgée d'une trentaine d'années révèle des symptômes de maladie hystériques, le psychanalyste dit :

Pour ces phénomènes hystériques qui apparaissent multiples, la cause première réside dans la vie de l'âme. Elle ne peut plus en rechercher les causes dans ce qui est simplement matériel, physiologique ou biologique. Eh bien, elles sont dans la vie de l'âme. Selon la prédilection de l'époque on recherche dans le sous-conscient de la vie de l'âme, après toutes sortes de causes pour l'apparition de tel ou tel autre phénomène hystérique. On dit : Voici une personne, des phénomènes hystériques surgissent chez elle ; cela vient du fait que ce qui agit, n'opère pas dans sa conscience, mais sous le seuil de celle-ci et ne cesse de frapper vers le haut, à l'instar d'une onde souterraine, sous la vie de son âme, et c'est ce qu'on doit chercher.[17]

La question n'est pas seulement de savoir que ce qui frappe et s'agite là, vers le haut, peut aussi se voir réellement reconnu. Steiner remet en cause qu’il est salutaire d'aller rechercher quelque chose dans cette province isolée de l'âme souterraine et dissimulée — ainsi s'exprimeraient les psychanalystes  — pour le faire remonter à la conscience. Car ce qui en vient à s'exprimer là, ce n'est pas une énergie quelconque qui n'a pas été consumée et qui ne doit être que simplement canalisée correctement, car c'est l'activité des défunts dans les âmes de ces personnes. À partir des faits que la psychanalyse décrit, on ne peut apprendre qu'une chose, à savoir que dans les âmes des êtres humains du présent d'innombrables choses inconscientes les hantent et les tourmentent, à partir desquelles proviennent de fait de nombreuses maladies culturelles.[18]

 

Psychothérapie et défunts

Steiner reprend à présent l'idée qui fut auparavant citée à propos de laquelle cela fait une différence que l'on croie qu'un proche défunt continue d'exister en tant qu'entité spirituelle ou pas. Que l'âme en vienne à penser que le défunt proche n'existe plus, alors cette idée continue de vivre en elle, sans qu'elle y consacre beaucoup d'attention. Le défunt, lui, se voit forcé par les lois universelles éternelles à vivre avec cette idée et il se met à hanter ensuite de son côté les âmes de ceux qu'il a laissées derrière lui sur la Terre.

Et de plus en plus de personnes sur le plan physique seront poussées vers des maladies de l'âme à cause de leur incrédulité en la vie des défunts. Ce ne sont pas des aberrations sexuelles de jeunesse, ce sont des idées de l'incroyance qui provoquent ces phénomènes. Car les pensées ont à notre époque la vocation de devenir de réelles puissances, non pas seulement de telles puissances réelles qui opèrent en soi ; elles agissent en soi, attendu que l'âme, après la mort, devient de plus en plus semblable à ce qu'elle s'est représenté dans son corps durant la vie sur Terre ; ces idées deviennent d'autant plus réelles dans un sens supérieur du fait qu'elles se lient à l'être même, dans ce cas les défunts eux-mêmes, se relient aux vivants d'une manière incorrecte.[19]

Comme moyen préventif, Rudolf Steiner donna ce qui suit :

Du fait seulement que l'on s'efforce, aussi bien que possible, à maintenir en vie un lien idéel avec les défunts, on se préserve ainsi que la relation avec les défunts devienne funeste pour les vivants restés derrière eux, et dans une certaine relation aussi entretenue avec le défunt lui-même, lequel se voit constamment contraint par une loi éternelle et sage, à la nécessité de hanter ceux qui, restant derrière lui, n'en viennent jamais à une conscience de ce qui s'épuise alors ainsi dans de tels phénomènes maladifs.[20] 

La question est à présent de savoir si Steiner a pensé cette indication purement et simplement comme prophylactique, car dans le public, il y avait forcément à l'époque des personnes qui avaient perdu leurs proches suite aux opérations de guerre — ou bien s'il voulut seulement inciter à ce qu'on développe une pratique de psychothérapie à partir de la science spirituelle ? Cela représenterait notoirement et passablement tout un défi de guider les personnes présentant des symptômes aigus de maladie mentale afin qu’elles puissent nouer une relation intérieure avec leur défunt. Le thérapeute devrait avoir pour cela une expérience très concrète, quant à la manière dont il pourrait reconnaître l'activité des défunts dans l'âme propre de ses patients.[21]

Ce sont des questions de spécialistes qui doivent être débattues au sein de groupes professionnels de psychothérapeutes. Mais elles se déclinent aussi là où l'on est censé développer une pratique de science sociale inspirée de l'anthroposophie. Car cela dépend centralement de la question de savoir si l'on parvient à développer une vie de l'esprit pouvant provenir d'impulsions sociales édifiantes, ou bien si des représentations théoriques peuvent être simplement échafaudées, quant à la façon dont on devrait instituer un organisme social. Ce dernier jouerait également en effet un jeu dangereux quant à la manière dont une pratique psychothérapeutique pût se voir purement construite sur des concepts abstraits.

 

Psychologie anthroposophique des peuples

Les efforts de Steiner visaient à amener nombre d'êtres humains à ce qu'ils puissent apprendre à franchir le seuil du monde spirituel en se protégeant sans être terrassés par les entités spirituelles qui y opèrent. Car les maladies de la culture qui s'achèvent par des guerres et des destructions, il les reconnaissait comme les conséquences à ces surmontements[iii]. Cela n'est pas reconnu parce que le passage du seuil s'accomplit dans le sous-conscient. Si une vie spirituelle parvient à se développer, à l'intérieur de laquelle un nombre de plus en plus important d'êtres humains apprennent à franchir le seuil consciemment, on peut en espérer des connaissances véritablement inspiratrices à partir desquelles surgiront des impulsions sociales salutaires et pratiques.[22] Dans sa conférence publique du 14 novembre 1917, Rudolf Steiner caractérisa la vie de l'esprit comme ce qui suit :

Un second domaine de la vie sociale c'est l'élément moral, la structure morale, l'impulsion morale, qui se déploie librement dans une communauté. Encore une fois, on plonge dans toutes sortes de domaines inconscients où l’on veut explorer les impulsions qui émergent des aspirations morales humaines – morales ici au sens le plus large du terme. Quiconque veut intervenir, que ce soit en tant qu'homme d'État, que ce soit en tant que parlementaire, ou même en dirigeant d'une entreprise et en voulant être un meneur, ne comprend la structure que s'il peut la maîtriser avec des concepts, qui ont au moins leur base dans des connaissances inspirées.[23]

La vie spirituelle est le domaine de la structure morale, ou bien des impulsions morales. Steiner reprend ici l'amorce de Jung, lequel renvoie dans un sens positif à la psychologie des peuples. Cette amorce devrait cependant être développée plus loin de sorte qu'au moyen d'une connaissance inspirée, des impulsions de l'âme peuvent être reconnues, qui vivent dans les divers peuples du monde. Ensuite on pourrait reconnaître les êtres humains originaires de l'ouest européen qui ont une tout autre structure de l'âme que ceux qui vivent à l'est. On ne peut seulement comprendre l'organisme social que s'il est étudié là

« où règnent des forces morales au sens le plus large du terme. Les forces du besoin aussi, que l'être humain fait valoir — ce sont toujours aussi des forces morales au sens le plus large du terme —, elles ne peuvent être maîtrisées que si l'on explore l'organisme social dans sa qualité concrète, à partir de ses représentations, quand bien même obscures, qui s'enracinent dans le monde inspiré. »[24]

Les bases de l'entente des peuples sont posées par la connaissance des diverses configurations d'âme, jusqu'à l'intérieur de la structure extérieure du besoin.

 

L'activité des défunts dans la vie sociale

Les porteurs d'impulsions morales sont les individualités humaines qui, en un lieu déterminé, sont actives dans la vie sociale. Elles peuvent apporter de bonnes ou de mauvaises impulsions dans la vie sociale. Dans les conférences ésotériques à l'intention des membres, Steiner dégagea par ses réflexions, parallèlement aux conférences publiques, l'activité des esprits des ténèbres, qui sont de plus en plus fortement actifs depuis 1879, si, de l'autre côté du plateau de la balance, un nombre croissant d'êtres humains ne parviennent pas à franchir le seuil consciemment et à accueillir de ce côté de bonnes impulsions morales.

Dans ses considérations Steiner porte fortement l’accent sur l'activité des âmes défuntes, tandis que dans les autres considérations ésotériques, il fait apparaître plutôt les relations entre les entités hiérarchiques se trouvant au-dessus de l'être humain ou bien sur les esprits élémentaires se trouvant parmi les êtres humains. Le monde spirituel est d'une complexité accentuée et difficile à comprendre étant donné que de l'autre côté du seuil, les entités spirituelles individuelles s'interpénètrent et n'apparaissent pas spatialement distinctes comme nous sommes accoutumés à le voir des objets distincts, spatialement séparés, de ce côté-ci du seuil, au travers de nos perceptions sensibles. C'est pourquoi Steiner dut sans cesse décrire l'activité de ces entités spirituelles à partir de perspectives nouvelles et tout en mettant ses auditeurs en confiance, en leur disant que ceux qui dynamisent activement leur penser développeront une telle mobilité idéelle qui les rendra capables d'apprendre à mieux distinguer toujours plus précisément ces entités spirituelles. On nous informe aussi là qu'il est important de reconnaître que le seuil menant au monde spirituel ne repose pas dans un « au-delà » soi-disant « indéterminé » mais tout concrètement entre notre vie représentative dans la conscience de veille et dans la vie rêveuse de nos sentiments. Ceux-ci ne sont pas simplement déterminés par des images extérieures sensibles, au contraire, ils sont bel et bien suscités — tout d'abord de manière qui nous est parfaitement inconsciente — par des entités spirituelles lesquelles opèrent des activités très conscientes de leur part [On peut penser ici à une analogie avec les phénomènes qui parcourent les sentiments des gens dans les foules au cours des manifestations, par exemple, ndt]. Selon Steiner , « nous sommes environnés d'activités de discernements intelligibles, de la même façon que nous sommes environnés d'air »[25] Notre conscience journalière est provoquée par nos perceptions sensorielles extérieures. Toutefois notre sentir ne s'oriente pas simplement à partir du plan physique, il se tient eo ipso (par le fait même : [de l'état de rêve du sentir entre autres, ndt]) en relation avec le monde spirituel. Le sentir se trouve réellement avec toutes les entités spirituelles, dont on peut dire alors qu'elles sont réelles.[iv] »[26]

Dans cette région inconsciente, les âmes des défunts sont également agissantes. Au-delà de l'importance de la psychologie des peuples exposée dans les conférences publiques, dans les conférences ésotériques Steiner fit ressortir la manière dont ces défunts déploient une activité dans la vie sociale. Quant à savoir si cette activité fait entrer de bonnes ou de mauvaises impulsions dans les âmes des vivants, cela dépend de ce qu'ont pensé les défunts dans leur vie terrestre antérieure. Le penser matérialiste conduit à ce que les âmes des défunts ne peuvent pas se détacher de la sphère terrestre. Elles tombent sous l'influence d'entités réellement mauvaises qui les utilisent à occasionner des impulsions de destruction sociale dans les âmes des vivants. Chez ceux-ci apparaissent ensuite de puissants sentiments de haine qui les incitent à accomplir des actes qui ne sont plus explicables par la raison.[27]

D'un autre côté il existe des âmes défuntes très élevées qui veulent laisser venir à l'humanité des impulsions progressives. Les êtres humains qui veulent réellement développer une pratique sociale doivent désormais apprendre à se protéger, d'une part, afin de ne pas succomber aux impulsions de destruction pour le dire ainsi — d'autre part, ils doivent aussi développer et exercer une réceptivité active aux impulsions salutaires que de tels défunt veulent communiquer.

 

Notes

 

Note de la rédaction : Pour rappel, les numéros de page des ouvrages de Rudolf Steiner mentionnés dans les notes de bas de page, concernent l'édition allemande de son oeuvre, et non pas les éditions en langue française.

 

[1] Le 12 novembre 2024, l'INS « Drakon » destiné à Israël est lancé à Kiel. Ce sous-marin « devrait être équipé de systèmes uniques, notamment de technologies révolutionnaires qui élargissent la gamme de capacités de Tsahal dans divers domaines », selon l'armée. » — www.timesofisrael.com/liveblog_entry/idf-names-its-newest-yet-to-be-delivered-submarine-dragon/  

[2] Www.gruene-bundestag.de/themen/sicherheitspolitik

[3] Deirdre Bair : C. G. Jung. Eine Biographie, Munich 2005, p.301.

[4] C. G. Jung : Nachtrag zu Zeitgenössisches [Addendum au contemporain] (1934), dans, du même auteur : Gesammelte Werke [Recueil des œuvres] vol.10, p.593.

[5] Du même auteur : Die psychologie der unbewußten Prozesse. Ein überblick über die moderne Theorie und Methode der analytischen Psychologie [La psychologie des processus inconscients. Un aperçu de la théorie et de la méthode modernes de la psychologie analytique], Zurich 1917. Les éditions ultérieures sont fortement révisées par rapport à celle utilisée alors par Rudolf Steiner.

[6] Rudolf Steiner: Die Ergänzung heutiger Wissenschaften durch Anthroposophie [] (GA 73), Dornach 1987, p.182.

[7] C. G. Jung : Die psychologie der unbewußten Prozesse [La psychologie des processus inconscients], première édition dont l'avant propos est cité ici d'après Rudolf Steiner : Individuelle Geistwesen und ihr Wirken in der Seele des Menschen [L'entité spirituelle et son action dans l'âme de l'être humain], (GA178), Dornach 1992, p.145

[8] GA 73, pp.189 et suiv.

[9] À l'endroit cité précédemment, p.192.

[10] À l'endroit cité précédemment, pp.190 et suiv.

[11] Ebd.

[12] GA178, p.112.

[13] Du même auteur : Von Seelenrätseln [Des énigmes de l'âme] (GA021), Dornach 1983, pp.150 et suiv.

[14] Voir à l'endroit cité précédemment, pp.36 et suiv.

[15] Voir à l'endroit cité précédemment, p.108.

[16] Voir à l'endroit cité précédemment, pp.111 et suiv.

[17] Voir à l'endroit cité précédemment, p.112.

[18] Voir à l'endroit cité précédemment, p.113.

[19] Ebd.

[20] Ebd.

[21] La psychologue pratiquant à Stuttgart, Iris Paxino, a repris les incitations de Rudolf Steiner et les met à profit en thérapie.  Dans son ouvrage, Brücken zwischen Leben und Tod — Begegnungen mit Verstorbenen [Des ponts entre la vie et la mort —  Rencontres avec les défunts], (Stuttgart 2022) elle donne des comptes rendus de ces rencontres sous une forme populaire. Un chemin cognitif méthodologique n'est pas développé en vue d'une pratique psycho-thérapeutique.

[22] L'expérience d'un tiers dans la rencontre humaine, comme l'a décrite ici dans cette revue, Simon Kuttner, est une forme particulière de la connaissance inspiratrice, que tous être humain peut relativement aisément travailler. Dans cette triade des impulsions des défunts peuvent être effectives et certes autant sous une forme négative et destructrice que positive et apportant une guérison sociale. Il importe de savoir qu'elle attitude d'âme j'ap porte à la rencontre d'autrui. Par une attitude simplement de démarcation, je ne pourrai pas trouver d'accès à son essence, alors qu'un simple don de soi, une attitude non-critique, la possibilité m'est accordée de trouver une position auto-consciente à ce qui émane de lui. De cette manière ou d'une autre, un tiers qui maintient l'inter-jonction peut se faire valoir. Si par contre il parvient à réaliser le balancement intérieurement actif entre les deux pôles, alors une vertu d'impulsion morale peut devenir éprouvable dans laquelle le tiers est agissant, ce qui peut aussi être éprouve comme salutaire dans la vie sociale. Voir Simon Kuttner : Anthroposophie et l'expérience du tiers, dans ; Die Drei 6/2024, pp.37 et suiv. [Traduit en français : DDSK624.pdf ; par ailleurs, ce fameux « balancement » a été étudié par Lucio Ruso en italie  sur son site osservatorio spirituale. ndt]

[23] GA 73, p.200.

[24] GA 73, p.200.

[25] GA178, p.151.

[26] À l'endroit cité précédemment, p.162.

[27] À l'endroit cité précédemment, p.176.

 

Notes du traducteur ou de la rédaction

[i] Pour ce faire une « idée » de cette propagande, du côté français, par exemple, il suffit de s'intéresser aux mensonges invraisemblables et stupides diffusés dans la presse aux ordres du côté français qui firent que Maurice & Jeanne Maréchal, choqués de cet abrutissement de la vérité, fondèrent Le Canard Enchaîné en 1915. Ndt

[ii] Le trouble obsessionnel-compulsif fait partie des troubles mentaux. Les personnes malades ont une contrainte ou un besoin interne de penser ou de faire certaines choses. Les personnes concernées se défendent généralement contre cette envie et la ressentent comme excessive et inutile, mais elles sont généralement incapables de faire quoi que ce soit pour la contrer. Wikipédia (DE) [voir aussi le travail de Lucio Russo en Italie : traduit en français : FJSLR215.pdf, Ndt]

[iii] Ndlr : il nous semble qu’un mot est manquant ici. Même si l’expression n’est pas très française, il nous semble qu’il faudrait lire ici « de ces non-surmontements ».

[iv] L'étude de la vie de ceux que l'Église romaine à « sanctifiés », par exemple, démasque cet aspect du sentir qui fut une voie d'accès au spirituel. L'étude en particulier du cas de Jeanne d'Arc et de son « procès » montre clairement que l'Archange l'a directement interpellée au travers du sentiment. Le résultat de son action fut spectaculaire en donnant naissance à deux grandes nations, seul moyen d'arrêter des conflits durables. Ndt

 

 

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