Sources

Cinquième conférence, Dornach, 11 juillet 1924
Il y avait dans les dispositions des âmes de ces deux groupes, pendant les premiers siècles chrétiens, un élément commun : une perception, légère mais néanmoins bien présente, de l'aura de la nature à l'oeuvre, et, entre l'endormissement et le réveil, la perception d'une lumineuse spiritualité entrant à flots dans le monde. Au sentiment de la nature s'ajouta aux Ve, VIe siècles, la réflexion sur la profondeur des forces qui déclenchent dans l'âme le bien et le mal, et cela notamment parmi les hommes marqués par l'influence de l'Orient (Bulgares, hérétiques). Vient ensuite le temps où la perception de la lueur scintillante au-dessus des plantes et des animaux s'éteint ; le murmure de cette spiritualité se tait, mais on peut encore parler de cela comme de quelque chose de connu ; puis ce fut le temps de ce qu'on appelle le crépuscule du Logos vivant. Cela est en liaison avec la naissance du catéchisme et le fait que la messe perdit son caractère ésotérique. L'attitude foncière des âmes qui vivent entre le VIIe et le XXe siècle: le Christ n'est plus connu dans son essence, le culte n'est plus compris ; il faut que naisse sur terre la force qui permettra aux âmes de recevoir le Christ.


















