Commentaire d'une auditrice à la suite de l'écoute sur YouTube de la première conférences du cycle "La mission de Michaël". Ces conférences sont également accessibles sur ce site web au format mp3).
Je n’y comprends pas grand-chose !
Merci pour votre commentaire honnête et d’autant plus précieux !
Lorsque pour la toute première fois j'écoutai une personne faire un exposé sur des contenus anthroposophiques (à ce moment je n'avais même pas encore ouvert un livre d'anthroposophie), je lui dis ensuite ceci : j'ai bien entendu et même « compris » chacun des mots séparément que vous avez exprimés, mais, et c'est un phénomène très curieux, très étrange, dans l’ensemble je n’y comprends absolument rien.
Tout cela était d'autant plus étonnant, d'un certain point de vue, que je n'éprouvais pas spécialement des difficultés à comprendre et à lire des ouvrages scientifiques, par exemple. J'avais terminé mes études universitaires avec d’excellents résultats. Je travaillais depuis lors comme chercheur à l'université en sciences humaines. Et pourtant, malgré ma formation intellectuelle, le contenu de cet exposé m’était incompréhensible.
Par la suite, lorsque je commençai à lire des livres de base d'anthroposophie, je rencontrais d’autres difficultés étranges : pour comprendre ne serait-ce que quelques paragraphes, je devais déployer une énergie intense, énorme. Et encore, dans bien des cas, je ne comprenais pas certaines formulations que je lisais.
Enfin, sitôt ces quelques paragraphes lus, je n'étais même pas capable, malgré les grandes forces que j'avais mises en œuvre pour tenter de les comprendre, de me souvenir clairement de bien des idées que je venais de penser lors de cette lecture, parfois seulement à quelques minutes d’intervalle ! Et il est certain que je ne m'en souvenais plus du tout lorsque le lendemain ou le surlendemain, voire quelques heures plus tard, je tentais de faire revivre en moi quelques concepts découverts dans ces quelques paragraphes.
En outre, même lorsque j'en avais compris quelque chose, du moins jusqu'à un certain degré, et malgré l'enthousiasme que je pouvais avoir pour certains contenus que je venais pourtant de penser, j'étais quasiment impuissant lorsque je tentais d'en partager quoi que ce soit de manière intelligible à d'autres personnes, même des personnes proches et relativement ouvertes d'esprit. Je ne parvenais qu’à bredouiller quelques mots, quelques phrases d’une manière très maladroite. S’il était déjà si difficile de parvenir à faire revivre intérieurement le contenu de certaines pensées issues de mes lectures, cela devenait pour ainsi dire impossible d’en partager quoi que ce soit à quiconque.
(Sans compter que je ressentais qu’il existait une espèce de fermeture « absolue », une espèce de mur infranchissable entre la plupart des personnes et moi-même, lorsque j’étais désireux de partager quelques bribes de contenus de connaissance anthroposophique. C’était comme s’il y avait un rejet instinctif et inconscient de ce type de connaissance, même chez des personnalités brillantes et qui se disaient curieuses d’esprit. Mais ceci est un autre phénomène et une autre histoire. J’en reviens à mon fil conducteur).
Ces étrangetés ne s’arrêtaient pas là : lorsque je reprenais, après un ou quelques jours, la lecture de quelques paragraphes que j’avais eu tant de peine à comprendre (et encore, partiellement), soudainement il me semblait que je pensais avec une certaine facilité des passages qui, il y a peu, étaient tout simplement inaccessibles. Qui plus est, alors que j’avais pourtant étudié si attentivement le texte lors de la première lecture, je m’apercevais, lors d’une seconde lecture, qu’il y avait des contenus d’idées ESSENTIELS, qui m’avaient complètement échappés lors des lectures précédentes. Et ce phénomène ne cessait de se répéter lors d’une troisième, quatrième, cinquième lecture…
Il y a d’autres phénomènes singuliers qui apparaissent lors de l’étude de la science de l’esprit d’orientation anthroposophique, au cours des jours, mois et années, que je ne saurais présenter ici, faute de temps !
Ces phénomènes montrent notamment ceci :
- Celui qui étudie des contenus issus de la science de l’esprit d’orientation anthroposophique, met en œuvre des forces intérieures qui sont d’emblées tournées vers la connaissance de RÉALITÉS suprasensibles (même s’il n’en n’est pas conscient au début). Il oriente son regard intérieur (son penser) vers ces réalités. Ces forces sont très différentes des forces de connaissances que nous mettons en œuvre pour connaître le monde sensible, le monde dit matériel. Nous ne pouvons pas nous appuyer sur les concepts issus du monde sensible pour appréhender ces réalités suprasensibles, ni sur nos habitudes de pensées qui sont toutes imprégnées d’une orientation unilatérale vers le monde matériel. Notre mémoire, qui est liée à notre corporéité (notamment à notre cerveau) et aux expériences que nous faisons dans le monde sensoriel-physique, ne nous est d’aucune utilité non plus.
- Du fait que nous mettons nous-mêmes en œuvre notre propre activité spirituelle intérieure pour saisir de la manière la plus claire possible des contenus de connaissance relatifs à des réalités spirituelles, notre « psychisme » (c’est-à-dire notre « âme » - Il faudrait longuement caractériser ce qui est entendu par ce mot), se transforme petit à petit. Et cela commence à produire très vite de premiers effets (par exemple lors d’une seconde lecture à quelques jours d’intervalle de certains textes). Nous constatons que nous devenons de plus en plus capables de cerner certains contenus d’idées qui étaient auparavant hors de notre portée et développons ainsi petit à petit des facultés nouvelles, par notre propre auto-éducation.
Les phénomènes dont je viens d’esquisser la description ne se produisent avec aucun autre contenu que l’anthroposophie selon mon expérience personnelle (sauf peut-être à de quelques rares exceptions) : ni avec des ouvrages scientifiques, ni avec des œuvres littéraires, et certainement pas avec d’innombrables ouvrages traitant d’ésotérisme, d’occultisme, de spiritualité, etc. Ces phénomènes sont spécifiques à la science de l’esprit d’orientation anthroposophique laquelle nécessite vraiment que, ne serait-ce que pour sa « simple » étude, l’être humain déploie de manière la plus énergique et la plus libre une certaine activité intérieure.
Lorsque vous écrivez « Je n’y comprends pas grand-chose » : votre propos est d’autant plus précieux qu’il est honnête. Car en effet, c’est une expérience commune aux personnes qui débutent avec l’anthroposophie d’avoir tant de difficulté à y comprendre quelque chose. Pour des néophytes il ne saurait même pas en être autrement (sauf PEUT-ETRE pour quelques cas exceptionnels…).
Méfions-nous au contraire des personnes qui prétendent avoir compris et qui n’ayant que faire du contenu de la science de l’esprit d’orientation anthroposophique, y substituent leurs fantasmes, leurs projections, leurs représentations personnelles issues d’intérêts égoïstes (qu’elles soient des adversaires ou qu’elles croient être des élèves de Rudolf Steiner).
J’écris tout cela, mais je ne sais toutefois pas si vous êtes dans le même cas que moi à l'époque où pour la toute première fois j’ai entendu une personne présenter oralement des concepts anthroposophiques. Si votre situation est différente alors mon propos n’est pas en adéquation avec votre commentaire 😊.

















