
Chers amis,
Depuis plus de quarante ans, l’APMA fait partie du paysage culturel de l’anthroposophie en France. Elle a aidé et continue d’aider des centaines de personnes à s’orienter sur le chemin d’une santé fondée sur l’approche anthroposophique, en répondant aux demandes de praticiens, en informant sur différents sujets par ses bulletins, ses brochures et son site mis à jour régulièrement. Elle organise aussi des rencontres, des ateliers et des conférences.
L’association bénéficie d’un local dans le 14° arrondissement de Paris où sont entreposées quarante années d’archives et de documentation. Deux secrétaires et une aide bénévole y travaillent à temps partiel. Un conseil d’administration de quatre personnes complète une équipe alerte et opérationnelle grâce à la répartition des tâches, la bonne entente et la joie de se dédier à une cause enthousiasmante.
L’APMA est ainsi un espace-carrefour entre les patients et les médecins et thérapeutes, le laboratoire, ou plutôt désormais l’entreprise Weleda. Elle est un véritable observatoire de la médecine anthroposophique en France et à l’étranger également via l’EFPAM[1] et sa participation aux congrès médicaux au Goetheanum. Toujours présente, attentive aux demandes et à l’actualité, elle veut poursuivre les objectifs qui ont été les siens depuis sa création par Michel et Colette Pradelle et quelques médecins et. Mais l’actualité est rude et plus que jamais le libre choix thérapeutique, son fondement, est menacé.
Aujourd’hui, si elle garde une belle image d’association vivante et utile, voire exemplaire, si de nombreuses personnes font appel à elle, l’APMA est affaiblie, dans ses forces vives, ses ressources humaines et économiques. Du fait des services qu’elle rend à tous, et parce qu’elle dépend de votre présence, nous nous devons d’en informer le Comité et les membres de la Société anthroposophique. Nous estimons que son avenir est dans les mains de tous, pas seulement dans les nôtres. Car les cotisations, les conférences, les articles, viennent d’une relation entre nous et vous. C’est pourquoi nous nous y prenons en avance, en tirant la sonnette d’alarme avant une décision irrémédiable de clôture.
Depuis quelques années déjà, c’est grâce aux dons que les comptes sont équilibrés, et nous ne cessons de remercier les généreux donateurs. En revanche, malgré les rappels, le nombre de cotisations diminue régulièrement. Il est passé de 2500 en 2010 à 843 en 2025 et il n’y a que très peu de nouveaux adhérents. C’est dans l’air du temps, nous sommes tous terriblement occupés, nous oublions de cotiser, sans nous rendre compte de ce que cela entraine et combien cela fragilise la structure. Peut-être aussi que la participation financière à la vie d’une association ne semble pas s’imposer à l’heure de l’accès libre à l’information par Internet. Le secrétariat a toujours répondu aux demandes, même à celles des personnes non-adhérentes. Le site est bien sûr consultable librement. Le répondeur de la Société anthroposophique donne le numéro de l’APMA pour toute information d’ordre médical. L’APMA peut sembler solide.
Nous vivons aussi l’effet des attaques répétées contre l’homéopathie en général et la médecine anthroposophique en particulier, qui effacent peu à peu des consciences l’existence même de ces pratiques. Nous prenons l’habitude de modes de communication virtuels, plus rapides, et la « médecine » commence à se pratiquer sans rencontre réelle (consultations en ligne, gestion informatique). Ces raisons se cumulent et contribuent à la menace qui plane sur le vivant, sur les valeurs qui fondent la médecine anthroposophique.
De façon polaire, cet état de fait crée un manque, celui d’une médecine à dimension humaine. L’APMA reçoit de nombreuses demandes, mais ne peut que partiellement y répondre : le nombre de médecins formés diminue régulièrement. Les médicaments ne sont plus remboursés, les thérapeutes rarement. Or des soins réguliers finissent par coûter cher.
Le pôle humain, c’est aussi notre équipe : malgré nos appels réitérés, il n’y a toujours pas de candidature au Conseil d’Administration. Jean Steinacher et Jessie Delage, qui la portent depuis plus de quinze ans, se retireront l’an prochain pour d’autres tâches. Marie-Claude Yannicopoulos ne souhaite pas renouveler son mandat. Nos secrétaires sont à la retraite : Marie Ange souhaite poursuivre sa tâche, Véronique réfléchit encore à la suite. En 2027, nous aurons une seule personne au CA.
L’APMA devient ainsi un lieu ressource important sur lequel on s’appuie, avec gratitude certes, mais de moins en moins une association de personnes défendant la même cause. Nous nous donnons un an, pour que chacun puisse avoir le temps de réaliser ce qui est en jeu et pour que les idées surgissent. En fait, nous avons deux options :
- admettre que le mode associatif est aujourd’hui dépassé, que le bénévolat des responsables, même pour des causes qui leur sont essentielles, n’est plus adapté, et envisager, sans renforcement du CA, la dissolution de l’association en 2027 ;
- au contraire prendre conscience de la valeur de l’APMA et permettre à une nouvelle équipe de dynamiser son potentiel : une base de données de 7500 personnes, et une documentation d’une grande richesse, des décennies d’histoire, d’archives, de savoir.
C’est la dernière voie que nous avons choisie depuis deux années : dynamiser le potentiel que sont les adhérents et les amis de l’APMA en impulsant et en soutenant des initiatives locales, pour que se développent des réseaux de patients compétents. Certains s’en sont emparés, comme à Colmar et prennent leur autonomie par rapport à l’association. C’est leur liberté.
Au-delà de la recherche de praticiens, l’éducation à la santé est passionnante à organiser. Le rayonnement de notre médecine est une bien belle et noble cause. Et s’il faut en effet certaines compétences pour la concevoir et la défendre, nous témoignons que celles-ci peuvent s’acquérir.
Plus on connaît la médecine anthroposophique, plus on la comprend. C’est une ressource d’une valeur inestimable, inépuisable. La France avec ses médecins, le laboratoire Weleda, ses thérapeutes et infirmières ont constitué un très riche patrimoine dont l’APMA est le témoin. C’est pourquoi nous voulions partager avec vous la situation de l’APMA, pour que vous n’assistiez pas, impuissants, à la disparition d’un autre fleuron de la vie anthroposophique en France sans avoir pu contribuer à sa pérennité. Comment participer à l’étape suivante de son développement ? C’est une question qui peut-être vous concerne.
Nous envisageons d’organiser une rencontre en ligne courant novembre pour recueillir les idées et impulsions de celles et ceux qui se sentent appelés.
Si une nouvelle équipe se manifestait pour développer un projet, nous serons très heureux de l’accompagner au cours de cette année, en lui passant la main le plus efficacement possible. Aucun d’entre nous n’a encore démissionné.
Je serai la personne contact pour répondre, renseigner, préciser les tâches à accomplir, les compétences à développer et toute autre nécessité. N’hésitez pas à me contacter personnellement dans ce cas. Cela allègera la tâche du secrétariat.
Le juste chemin pour l’avenir se dessinera dans la réalité des faits.
Avec nos respectueuses amitiés,
Pour le CA de l’APMA (Marie Claude Yannicopoulos, Jean Steinacher et Bernard Lahitte)
Jessie Delage
Notes
[1] Fédération Européenne des associations de patients de la médecine anthroposophique















