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À gauche: Robert Powell - À droite : Valentin Tomberg
(...) nous touchons au nœud du problème Tomberg : la prétendue nécessité d'un lien entre le christianisme ésotérique et le christianisme exotérique, ce dernier sous la forme donc de l'Église catholique-romaine et du jésuitisme. Ce geste de lier anthroposophie et Église catholique-romaine est présenté ici comme un idéal, alors qu'il ne peut aboutir qu'à une récupération occulte et à la dénaturation totale de l'impulsion anthroposophique. Et quand il est question du «calice du christianisme historique» - pour qualifier en fait la papauté et les jésuites - il s'agit d'une véritable suggestion de l'Anti-Graal (...).

L'opposition la plus grande à cette initiation chrétienne-rosicrucienne, donnée aujourd'hui à l'humanité occidentale sous la forme de l'anthroposophie, constitue «l'initiation de la volonté des jésuites», qui s'accomplit «par la pratique des exercices spirituels» d'Ignace de Loyola. Ces deux voies d'initiation conduisent dans deux directions opposées. La première voie conduit à l'idéal chrétien le plus élevé, celui de la liberté et de l'amour, la deuxième à la soumission de l'homme à une autorité extérieure, que l'on fait passer pour «divine».

En ce printemps 2022 est paru sur le site internet de la société Anthroposophique en France (SAF) un communiqué intitulé : COVID-19, vaccin et rigueur scientifique de l’anthroposophie[1].
Il y a déjà pas mal de temps, Le Monde diplomatique a fait paraître, sous la plume de Jean-Baptiste Malet, un article à charge contre Rudolf Steiner et l’anthroposophie que leurs pourfendeurs continuent d'adorer citer, malgré des articles plus récents, parus dans Le Monde tout court, qui ont démontré que l'essentiel des accusations lancées était fallacieux, et n'était fait que pour trouver de bonnes raisons de s'en prendre à l'anthroposophie. L'idée même, tendancieuse, de multinationale de l’ésotérisme, était issue d'un article du sociologue Stéphane François paru dans Critica Masonica, qui essayait d'évaluer moralement l'anthroposophie, parce qu'elle était, disait l'auteur, à la mode. Même s'il modérait ses critiques, Stéphane François, de toute façon quelqu'un de modéré et de centriste, suggérait des déviances qui n'avaient plus qu'à s'exprimer plus passionnément chez des auteurs moins exposés, tels que Jean-Baptiste Malet, ou même des organes moins faciles d'accès, tels que Franc-Maçonnerie Magazine.

Vignes corses en biodynamie
Les vins biodynamiques ont du succès, des études portant sur le goût tendent à prouver leur supériorité sous ce rapport - et quelques sceptiques s'en plaignent, estimant que la biodynamie n'est qu'un discours de fantaisie destiné à tromper les gens. Nous n'en croyons évidemment rien, et pensons que le public est légitimement attiré par elle, que les produits biodynamiques contiennent des qualités spéciales, senties d'instinct par lui. Les études portant sur les vins ont tendu à le prouver parce que c'est l'aliment qu'on achète le plus pour son goût. Or la saveur est une expérience intérieure, qu'on peut essayer de recouper avec des processus chimiques, mais sans aucune certitude, puisque la concomitance entre l'expérience intérieure, humaine, et les phénomènes extérieurs, physiques, est profondément subjective et tremblante. Le problème des matérialistes est qu'ils veulent croire que la première est la conséquence des seconds; mais ils n'en savent rien, ils le postulent seulement, et il est ridicule selon nous de dire que c'est l'afflux de sang provoquant la rougeur qui est la source de la honte, plutôt que le contraire. Donc dans le corps humain, et tout ce qui est de l'ordre de l'expérience psychique consciente, l'effet sur le corps du psychisme est manifeste, et il est simple de dire, comme le faisait Jean-Jacques Rousseau, que ce principe s'applique aussi pour ce dont nous n'avons pas conscience. Pourquoi non? Créer à cet égard une exception est illogique et antiscientifique, cela participe du postulat matérialiste gratuit, du culte, du dogme.
C'est récemment, au cours de l'été 2010, que j'ai découvert la petite allocution de Rudolf Steiner ci-dessous qui résume de façon percutante la position anthroposophique («théosophique» à l'époque) vis-à-vis de l'astrologie, et en particulier de la pratique des thèmes astrologiques de naissance.
Dans les milieux se réclamant de l'anthroposophie la question du thème astrologique, tant du point de vue de l'astrologisant que de l'astrologisé, donne lieu à des attitudes très diverses. Certaines personnes ont un rejet quasi-viscéral de la chose, y pressentant une atteinte au sanctuaire de l'individualité, une attaque subtile sur le Moi. D'autres, à l'opposé, cultivent, ou cautionnent, une pratique du thème dans des conditions identiques ou très proches de l'astrologie courante. D'autres encore cherchent à apporter à l'esprit d'une telle pratique, et éventuellement aux techniques, des modifications plus ou moins profondes qu'ils tâchent de tirer des données anthroposophiques (thème héliocentrique, prise en compte des constellations en plus des signes, graphes de gestation, etc.). De telles démarches sont éventuellement, et un peu hâtivement, qualifiées d'astrosophiques.
Une vague d’effervescence fait le tour du monde ; d’une part, elle présente des effets destructeurs et pathogènes, mais, d’autre part, elle offre la possibilité d’apprendre beaucoup et de faire un pas dans l’évolution. Une approche scientifique systémique montre que les pandémies nécessitent certes une compréhension virologique, mais bien plus encore immunologique. La focalisation unidimensionnelle sur les virus, les chaînes d’infection et les scénarios du pire, cette focalisation empêche de voir les influences psychosociales et sociétales sur le système immunitaire des personnes – influences qui sont décisives.
« Nous avons une Révélation plus ancienne que toutes celles qui sont écrites : la Nature.[1] »
Schelling
Note : le présent texte constitue l'éditorial du premier numéro d'un nouveau média sur la science de l’esprit, les approches goethéennes et la philosophie de la Nature, lancé à l'automne 2020 : Esprit et Nature.
Les événements autour du covid-19 font apparaître particulièrement clairement des tendances omniprésentes, mais dont on n’est souvent pas très conscient. Des tendances qui concernent nos rapports avec la nature comme avec la société.

C. D. Friedrich, Le matin, 1821-22 (source : Wikimedia).
| « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même » Vérité et Science, Rudolf Steiner |