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Questionnements, essais et considérations portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner
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Citation
  • "Nous vivons actuellement à une période de transition au sens le plus fort du terme. Tout ce qui relève d’un type de vie subordonné à une âme collective doit être progressivement abandonné [...] et ce sera le caractère individuel de chaque être humain qui passera de plus en plus au premier plan. [...] On peut dire que, au cours de l’évolution de l’humanité, le concept dans lequel s’exprime le plus cette appartenance des âmes à un même groupe, à savoir le concept de race, perd de plus en plus sa signification. [...] C’est l’essentiel, et voilà pourquoi il est nécessaire que le mouvement qui se dénomme théosophie [...] admette dans ses principes cette élimination de la spécificité raciale et cherche à réunir les hommes de toutes les races, de toutes les nations, dépassant ainsi cette différenciation, ces différences, ces abîmes qui séparent les divers groupes humains."
    GA117, pg 217 (EAR)

    Rudolf Steiner
(Temps de lecture: 3 - 6 minutes)

Extrait du cycle de conférences « L’Art à la lumière de la sagesse des Mystères »
1ère conférence - Dornach 28 décembre 1914
Rudolf Steiner – GA275

 

 « (...) Ce serait commettre la plus grave erreur que de dire : il faut se défendre contre tout ce que la technique a apporté dans la vie moderne, il faut se protéger contre Ahriman, il faut s’écarter de cette vie moderne. Le véritable remède consiste non pas à laisser s’affaiblir les forces de l’âme moderne et à se distancer de la vie moderne, mais au contraire à fortifier l’âme pour qu’elle puisse supporter cette vie. Garder son courage devant la vie moderne, voilà ce que demande le karma du monde, et c’est pourquoi la véritable science de l’esprit a ce caractère singulier : elle exige d’emblée de l’âme humaine des efforts, et même des efforts plus ou moins intenses.

On entend dire si souvent : oui, les livres traitant de la science de l’esprit dont nous disposons sont d’une écriture difficile, ils exigent qu’on fasse de vrais efforts, qu’on poursuive activement le développement des forces de son âme pour s’adapter vraiment à cette science de l’esprit. Des gens « pleins de bonne volonté » – je le dis entre guillemets – viennent constamment exprimer, devant les passages difficiles, le désir de faciliter un peu les choses à leur prochain, et veulent autant que possible – cette fois, je ne dis pas entre guillemets – vulgariser ce qui est écrit dans un style un peu malaisé. Mais la nature même de la science de l’esprit veut qu’elle pose des exigences à l’activité de l’âme, qu’en un certain sens on ne parvienne pas facilement à admettre son enseignement ; car dans son champ il ne s’agit pas seulement de recevoir ce qu’elle a à dire sur telle ou telle chose ; il s’agit de la façon dont on le reçoit : d’une âme active, en faisant des efforts, comme si – pardonnez-moi l’expression familière – comme s’il fallait assimiler la substance de la science spirituelle à la sueur de son âme. Ceci fait partie – excusez l’expression empruntée à la mécanique – de l’appareil de la science de l’esprit.

Lorsqu’on fuit en quelque sorte les idées et les concepts difficiles que celle-ci propose, on révèle encore qu’on a mal compris ce qu’est son nerf véritable. Et combien d’humains les fuient, nous le savons bien, combien préfèrent de beaucoup rêver – que le Seigneur le donne aux siens dans leur sommeil ! – et préfèrent infiniment se faire dépeindre dès le début, en toutes sortes d’images de rêve, le monde spirituel, plutôt que de conquérir des connaissances par l’activité, par les efforts de la vie intérieure de l’âme. Nous savons combien nombreux sont ceux qui préfèrent faire l’expérience de telle ou telle vision plutôt que de s’asseoir et d’étudier un livre traitant de thèmes difficiles de la science de l’esprit ; livre qui certes est fait pour parler aux forces de l’âme humaine endormies durant la vie diurne courante, qui donc stimule ce qui sinon reste inconscient en l’homme et par là le fait pénétrer de façon vivante dans le monde spirituel. La bonne démarche ne consiste pas à laisser se dérouler passivement la vie consciente en planant dans la pénombre, mais à faire effort pour traverser, dans l’activité de l’âme, le développement des pensées et des idées. Car, lorsqu’on s’adapte à ces développements de pensées et d’idées, lorsqu’on fait effort, qu’on les assimile vaillamment, on parvient grâce à cette adaptation active, courageuse, au degré où ne faire que théoriser, que penser, qu’admettre ce qui est ainsi donné, se transforme en une contemplation, en une véritable présence dans le monde spirituel. Mais ce qui pour nous découle de ces considérations et devient précisément une conception de la vie moderne, c’est qu’en raison du milieu que crée la technique, nous descendons dans une sorte de sphère ahrimanienne et nous nous laissons imprégner de spiritualité ahrimanienne.

Le plus terrible malheur se serait produit dans l’évolution de la terre si dans le passé des mesures n’avaient pas été prises en vue de ce que, conformément au karma du monde, l’humanité moderne doit vivre sous l’influence de cette spiritualité ahrimanienne. La vie se déroule et ne peut se dérouler autrement, dirais-je volontiers, que selon un rythme pendulaire. Elle est vécue comme oscillant d’un côté à l’autre en un battement de pendule. On ne peut pas dire, par exemple : gardons-nous d’Ahriman ! – Car il n’existe pas de moyen qui permette de se garder de lui. Et quand quelqu’un aspire, par exemple, à se retirer dans une petite chambre où les couleurs lui conviennent aussi bien que possible, là où il n’y a pas d’usines et où il ne passe pas de trains, afin de se trouver tout à fait à l’abri de la vie moderne, il existe encore beaucoup, beaucoup d’autres voies pour faire pénétrer la spiritualité ahrimanienne dans son âme. Il se dérobe à la vie moderne, mais la spiritualité moderne trouve bien le moyen de l’atteindre..(...) » 

Rudolf Steiner 

 

Note de la rédaction
Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.

De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
En outre, il est important pour des débutants de commencer par le début, notamment par les ouvrages de base, pour éviter les risques de confusion dans les représentations.

Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info  

 

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