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Citation
  • "Nous vivons actuellement à une période de transition au sens le plus fort du terme. Tout ce qui relève d’un type de vie subordonné à une âme collective doit être progressivement abandonné [...] et ce sera le caractère individuel de chaque être humain qui passera de plus en plus au premier plan. [...] On peut dire que, au cours de l’évolution de l’humanité, le concept dans lequel s’exprime le plus cette appartenance des âmes à un même groupe, à savoir le concept de race, perd de plus en plus sa signification. [...] C’est l’essentiel, et voilà pourquoi il est nécessaire que le mouvement qui se dénomme théosophie [...] admette dans ses principes cette élimination de la spécificité raciale et cherche à réunir les hommes de toutes les races, de toutes les nations, dépassant ainsi cette différenciation, ces différences, ces abîmes qui séparent les divers groupes humains."
    GA117, pg 217 (EAR)

    Rudolf Steiner
(Temps de lecture: 3 - 5 minutes)

Extrait de "Le seuil du monde spirituel" (récits aphoristiques),
Chapitre I « De la confiance que l'on peut avoir dans le penser et de la nature du psychisme pensant. De la nature de la méditation. »
Rudolf Steiner – GA17
Éditions Triades poche

« (...) Pour la conscience diurne éveillée, le penser est semblable à une île au milieu du flot de la vie psychique se déroulant à travers les impressions, sensations, sentiments, etc. On en a terminé dans une certaine mesure avec une impression ou une sensation lorsqu'on l'a comprise, autrement dit lorsqu'on a saisi une pensée qui l'éclaire. Un certain calme peut s'introduire même dans le tumulte des passions lorsque l'esquif de l'âme s'est frayé un passage jusqu'à l'île du penser.

L’âme éprouve envers le penser une confiance naturelle. Elle sent qu'il lui faudrait perdre toute confiance dans la vie si elle ne pouvait avoir confiance en son activité pensante. La vie psychique cesse d'être saine dès qu'elle commence à douter de cette activité. Si, lorsque nous pensons, quelque chose ne peut pas nous devenir clair, nous devons pouvoir nous consoler à l'idée que la clarté se ferait si nous pouvions penser avec assez de force et d'acuité. On peut accepter tranquillement sa propre insuffisance à éclaircir quelque chose en pensant, mais il est insupportable de se dire que le penser lui-même ne pourrait pas nous satisfaire, même si nous pénétrions dans son domaine de telle manière que toute la lumière nécessaire soit obtenue dans une situation donnée de la vie.

Ce sentiment de l’âme vis-à-vis du penser constitue le fondement de l'humaine aspiration à la connaissance. Certains, à cause de leur nature psychique, pourront l'étouffer ; elle n'en restera pas moins constamment discernable sous forme de sentiment dans les profondeurs obscures de l'âme. Les penseurs qui doutent de la valeur et de la force du penser lui-même s'illusionnent sur leurs fondements psychologiques. Car c'est bien souvent l'acuité de leur penser qui, par une certaine surtension, engendre en eux les doutes et les énigmes. S'ils n'avaient pas vraiment confiance dans le penser, ils ne se tourmenteraient pas de la sorte avec des doutes et des énigmes qui ne résultent en fin de compte que de leur activité pensante.

Quiconque développe en lui un tel sentiment vis-à-vis du penser n'y ressent pas seulement une force émanée du psychisme humain; mais aussi , quelque chose qui, indépendamment de son âme et de lui-même, porte en son sein une réalité universelle. Par son travail intérieur, il doit pénétrer cette réalité universelle s'il veut vivre dans un élément qui appartienne en même temps à lui-même et au monde indépendant de lui.

Il est profondément apaisant de pouvoir se livrer à la vie des pensées. L’âme ressent alors qu'elle peut dans cette vie, se dégager d'elle-même. Elle a besoin de ce sentiment tout autant que du sentiment opposé, celui qui consiste à pouvoir entrer entièrement en soi. La santé de l'âme réside dans cette oscillation nécessaire entre les deux sentiments. La veille et le sommeil ne sont, au fond, que les expressions extrêmes de cette oscillation. Lorsqu'elle est éveillée, l'âme vit en elle-même, elle éprouve sa vie propre; lorsqu'elle dort, elle se perd dans l'expérience totale de l'univers; elle échappe en quelque sorte à elle-même. La pulsation de ce pendule de l'âme se manifeste par divers autres états de la vie intérieure, Lorsqu'elle vit dans les pensées, l'âme échappe à elle-même. Elle est au contraire en elle-même lorsqu'elle éprouve des sensations, des sentiments; des affects.

Vue ainsi, l'activité du penser offre à l'âme la consolation dont elle a besoin face au sentiment d'être abandonnée par le monde». (...)

Rudolf Steiner

 

Note de la rédaction
Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.

De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
En outre, il est important pour des débutants de commencer par le début, notamment par les ouvrages de base, pour éviter les risques de confusion dans les représentations.

Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info  

 

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