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Près de 100 ans de pratique !

Par Stéphane Lejoly
 

 

Avertissements

Les particularités présentées sur cette page web constituent une présentation particulièrement sommaire de la pédagogie Waldorf-Steiner. Pour en avoir une vue approfondie, il est nécessaire de prendre connaissance d'ouvrages de base, de se familiariser en visitant des écoles ou en suivant des formations. Il s'agit d'un travail de longue haleine.

Tous les centres de formations ainsi que les écoles en pédagogie Waldorf-Steiner dans le monde sont totalement autonomes sur le plan organisationnel. Les responsables de ces institutions, les parents ainsi que les étudiants ne sont pas tenus de souscrire à des dogmes ou idées préétablies par une quelconque « autorité centrale » de la pédagogie Waldorf-Steiner. Ce qui motive la participation au développement de ces institutions trouve sa source dans des choix et une recherche, individuels et libres. Dans ce contexte, les références d'institutions que vous trouvez sur Internet au sujet des écoles ou de la pédagogie de Rudolf Steiner ne sont qu'indicatives. Elles ne constituent pas une « garantie absolue de qualité » ou une forme d'« imprimatur » de la pédagogie Waldorf-Steiner conférée par Rudolf Steiner lui-même (!). Il serait très étonné (et pas toujours en bien) s'il pouvait constater de visu ce que bien des «successeurs» en on fait !

Chaque étudiant, chaque chercheur, chaque parent est invité à discerner parmi le choix de formateurs, de formations et d'écoles, lesquelles peuvent répondre au mieux à ses propres besoins de connaissance et de formation, ainsi que ceux qui oeuvrent sincèrement dans l'esprit de l'impulsion initiale donnée par Rudolf Steiner. Seule une étude sérieuse de la science de l'esprit de Rudolf Steiner (l'anthroposophie) permet de développer le discernement capable de reconnaître le faux, le vrai et le "très approximatif" dans ce domaine.

 

La pédagogie Waldorf-Steiner

 

Qui était Rudolf Steiner ?

Fils d’un employé des chemins de fer, Rudolf Steiner est né en 1861 à Kraljevic en Autriche-Hongrie. Il étudia les sciences à l’École Technique Supérieure de Vienne. Parallèlement, il suivit des cours de littérature, de psychologie et de médecine à l’université et il obtint un doctorat en philosophie. Il participa à Weimar à l’édition complète des œuvres de Goethe, dont les écrits scientifiques l’avaient particulièrement intéressé. Il élabora une conception de l’homme qui englobait une dimension spirituelle et qui féconda divers domaines comme l’agriculture, la médecine, les arts et la pédagogie. En 1919, lorsque le directeur des usines Waldorf-Astoria, Emil Molt, voulut fonder une école pour les familles de ses ouvriers, il fit appel à Rudolf Steiner. Celui-ci, se basant sur une étude approfondie de l’évolution de l’être humain sous ses aspects physiques, psychiques et spirituels établit les fondements d’une pédagogie inspirée par ses observations. Il existe actuellement plus de 1000 écoles appliquant cette pédagogie dans le monde (pour accéder au répertoire des écoles et centres de formation par pays, cliquer ici, pour la liste mondiale complète, cliquer ici).
 

La pédagogie R. Steiner ou Waldorf

“ La question n’est pas de savoir ce que l’homme doit être en mesure de faire et savoir afin de pouvoir s’insérer dans l’ordre social existant, mais bien quels sont les talents innés à l’homme susceptibles d’être développés. Dans ces conditions, la génération montante peut toujours apporter des forces nouvelles à la société. Alors, ce qui vivra au sein de cette société est créé par des êtres humains à part entière qui y adhèrent ; mais on ne saurait transformer la génération montante en ce que la société existante veut en faire.”

Rudolf Steiner


Une éducation qui prépare les enfants à vivre au sein de la société future consistera à épanouir de manière optimale leurs potentialités dans leurs dimensions physiques, psychiques et spirituelles.

L’enfant sera en mesure de développer au mieux ces potentialités si l’éducation s’appuie sur une observation rigoureuse de son être en croissance. Cette observation permettra de déterminer la manière d’aborder l’enfant et les contenus de matières qui correspondent à son stade de maturation. En effet, certaines aptitudes et talents ne peuvent être acquis qu’à un stade déterminé du développement. Dès lors, dans les écoles R. Steiner, l’enseignement ne se conçoit pas en fonction des compétences qui doivent être acquises en fin de scolarité et que l'on découpe ensuite en séquences progressives, mais en fonction de ce dont l'enfant a besoin à chaque étape de son évolution.
 

En maternelle

Dans cette période de croissance, le jeune enfant assimile tout ce qui se passe dans son environnement et tout ce qu’il y perçoit a un impact sur sa constitution.

Il est dès lors d’importance capitale de veiller à la qualité de l’environnement et de l’accompagnement, et de veiller à installer des habitudes et des rythmes de vie : rythmes quotidiens, hebdomadaires, annuels.

Au jardin d’enfants règne une atmosphère chaleureuse et intime. La jardinière d'enfants (l’institutrice maternelle dans une école R. Steiner) cultive chez l’enfant une attitude de reconnaissance et d’émerveillement. Rondes et comptines, jeu libre, peinture, travail de la laine, confection de petits pains rythment les jours de la semaine et un conte vient clore la matinée

Les groupes de jardins d’enfants sont d’âges mélangés. Garçons et filles de différents âges restent deux ou trois ans avec la même jardinière d'enfants, dans un groupe “transversal”. Quand ils arrivent, ils sont les plus jeunes et ils quittent le groupe lorsqu’ils sont prêts à entrer en première primaire. Depuis des années, pour pouvoir accueillir les petits enfants dès deux ans et demi dans certains pays, de plus en plus d’écoles organisent des groupes séparés avec les enfants de moins de quatre ans.
 

À l’école primaire

Dans cette phase de la vie, l’enfant veut, au-delà de l’expérience sensorielle, ressentir une affinité avec un monde plein de sens et s’identifier avec ce monde lié à l’homme. Il y a une impulsion intérieure à découvrir le sens des choses. Il ne s’agit pas de lui apporter une explication scientifique, intellectuelle des choses : l’enfant veut vivre ce sens avec ses sentiments, se sentir touché, s’identifier. L’enfant qui arrive à l’âge scolaire n’est pas encore en mesure de se distancier de ses liens émotionnels avec le monde ni de concevoir celui-ci dans un contexte logique et intellectuel, impliquant également une certaine distance.
 

Le développement cognitif à cet âge se fait donc à partir du sentiment. On n’amène pas les matières d’une manière abstraite, par des définitions, mais d’une manière imagée, pénétrée d’imagination et de sentiments. Ainsi, des images, des pensées flexibles, sont présentées à l’enfant, qui pourront continuer à se développer avec celui-ci, en préservant sa volonté d’apprendre à connaître le monde d’une manière vivante.
 

Pour les acquisitions de nouvelles matières, l’enseignement primaire fonctionne par périodes : chaque matin, pendant les deux premières heures de la journée, une même matière est enseignée durant trois, quatre ou cinq semaines. On évite ainsi l’éparpillement de l’attention produit par l’alternance des matières. Comme on n’utilise pas de manuel scolaire, chaque élève réalise son propre cahier de période. La matière est ainsi transcrite de la main de l’enfant, illustrée et donc travaillée comme un tout. Cette manière de travailler stimule l’attention nécessaire, de l'élève comme de l’enseignant. Elle offre ainsi la possibilité d’un approfondissement de la matière et en appelle à un engagement important de l’élève. Ensuite viennent les matières qui mettent l’accent sur l’artistique, le mouvement et les activités manuelles. Dans l’horaire de la semaine sont également réparties des heures d’exercices durant lesquelles les enfants exercent activement les matières déjà abordées précédemment.

Dans la pédagogie Waldorf-Steiner, l'équilibre est recherché entre :
- les matières scolaires : matières scolaires classiques et sensibilisation aux langues étrangères dès la 1ère ;
- les disciplines artistiques : dessin, peinture, modelage, sculpture, chant, musique, art de la parole, théâtre, … ;
- les activités manuelles et corporelles : travaux d’aiguilles, travail de la terre, du bois, jardinage, gymnastique, sport et jeux, promenades.
 

Dans l'idéal, un même professeur accompagne ses élèves pendant toute la scolarité primaire. Cela lui permet de construire une relation de confiance basée sur des liens profonds et intenses et de développer une connaissance approfondie de l'enfant, et par là de l'aider à franchir au mieux les étapes de son évolution.

Au jardin d’enfants comme à l’école primaire, un lien profond et vivant avec la nature est célébré au rythme des saisons. Une grande importance est accordée aux fêtes traditionnelles qui ponctuent ces rythmes. En lien avec tous les courants philosophiques et religieux, cette pédagogie repose sur des fondements chrétiens sans se rattacher à une confession particulière.
 

Au secondaire

Le besoin et la faculté de penser de manière causale et d’argumenter de manière logique apparaissent à la pré-puberté, transition vers la puberté, de douze à quatorze ans. Ici aussi, on ne part pas de modèles de pensée abstraite, mais on exerce la perception exacte, sans préjugé, comme premier pas vers le développement de la faculté de jugement. Ce sont ces facultés qui seront plus particulièrement développées au cours du secondaire.
 

En guise de conclusion

Cette éducation vise le développement d’individus autonomes, libres, responsables, créatifs, épanouis…

Qu’il soit sain et fort dans son corps, libre dans son âme et créateur dans son esprit ” (R. Steiner)


 

Bibliographie

Cette bibliographie est seulement indicative. En effet, elle est loin d’être exhaustive. Outre d’autres ouvrages généraux, il faudrait aussi ajouter ceux qui relèvent de domaines plus spécialisés de la pédagogie, comme par exemple ceux concernant la pédagogie curative.

 

Pour une première approche

  • Rudolf STEINER : L’éducation de l’enfant, Triades poche, Paris, 1997.
Introduction aux idées fondamentales de cette pédagogie, ainsi que quelques applications à l’enseignement.
 
  • Frans CARLGREN et Arne KLINGBORG : Éduquer vers la liberté, Les trois arches, Paris, 1992.
Exposé détaillé et largement illustré de l’enseignement tel qu’il est pratiqué dans les écoles Waldorf : questions de méthodologie, programme et matières enseignées année par année.
 
  • Pédagogie Waldorf. Les écoles Rudolf Steiner, Fédération des écoles Steiner en France, Paris, 1994.
Document édité dans le cadre de la 44ème session de la conférence internationale pour l’éducation de l’UNESCO à Genève. Évocations de différents thèmes concernant le mouvement des écoles Waldorf dans le monde, avec de nombreuses illustrations.
 
  • Elisabeth GRUNELIUS : Les moins de sept ans, Triades, Paris.
Étude de la vie du petit enfant par la fondatrice du premier jardin d’enfants Waldorf.
 

Pour poursuivre l’étude

Étude de l’enfant et de l’être humain en général :

  • Dr Bernard LIEVEGOED : Phases de l’enfance, Les trois arches, Paris, 1993.
  • Thomas GÖBEL : Vie sensorielle et imagination. Sources de l’art, Éditions anthroposophiques romandes, Genève, 1990.
 

Méthodologie de l’enseignement :

  • Georg HARTMANN : Pour éduquer l’enfant, connaître l’homme, Triades, Paris.
  • Freya JAFFKE : Les fêtes et le petit enfant, Tomes 1 et 2, Triades, Paris.
 
Rudolf STEINER :
  • L’art de l’éducation : méthode et pratique, Triades, Paris (en réédition).
  • Les bases spirituelles de l’éducation, Triades.
  • Connaissance de l’homme et art de l’éducation, Triades, Paris.
  • Éducation, un problème social, Éditions anthroposophiques romandes, Genève.
  • Pédagogie et connaissance de l’homme, Éditions anthroposophiques ro-mandes, Genève.
  • Éducation des éducateurs, Éditions anthroposophiques romandes, Genève.
  • Pratique de la pédagogie, Éditions anthroposophiques romandes, Genève.
  • Bases de la pédagogie, Éditions anthroposophiques romandes, Genève.
  • L’art éducatif, Éditions anthroposophiques romandes, Genève.
 

Pour approfondir

  • Rudolf STEINER : La nature humaine, Triades, Paris.
  • Rudolf STEINER : Enseignement et éducation selon l’anthroposophie, Éditions anthroposophiques romandes, Genève.
  • Stefan LEBER : Die Menschenkunde der Waldorfpädagogik, Verlag Freies Geisteslebens, Stuttgart, 1994.
 

Fondements philosophiques de la pédagogie

  • Rudolf STEINER, Philosophie de la liberté, Éditions Novalis, Paris, 1993.
  • Rudolf STEINER, Une théorie de la connaissance chez Goethe, Éditions anthroposophiques romandes, Genève, 1985.

 

Autres particularités générales de la pédaogie Waldorf-Steiner, synthétisées en un tableau

 

 

Un plan scolaire conçu selon la nature de l’enfant et de l’adolescent à chaque étape de leur évolution. Le plan scolaire de la pédagogie Steiner est conçu pour répondre aux besoins de développement globaux, corporels et intérieurs  (cognitif, psychique, volitif et spirituel) de l’enfant et de l’adolescent.  Le plan scolaire contribue au développement de la volonté, de la sensibilité artistique et des capacités sociales, autant qu’au développement cognitif. 

Les matières travaillées sont choisies en fonction de ce qui a du SENS selon le niveau de maturité des enfants à chaque âge. 

Le plan scolaire est structuré selon des rythmes précis et présente une forte cohérence depuis l’entrée en maternelle jusqu’à la fin du secondaire.

Parmi les objectifs principaux du plan scolaire :
  • Le développement de la capacité d’autodétermination (liberté intérieure) ;
  • Le plein développement de toutes les facultés individuelles : la société bénéficie d’autant plus d’un apport de forces nouvelles de la jeune génération que les facultés individuelles de la génération montante sont développées au maximum de leurs possibilités.  Capacités individuelles pleinement développées et développement collectif sont des idéaux qui se rejoignent.
  • Un développement harmonieux de l’être humain, ce qui signifie notamment l’équilibre entre les différentes facultés psychiques (volonté, sensibilité et pensée) ;
Des résultats probants depuis près de 100 ans.
Une pédagogie de la réussite pour tous, où chaque enfant a sa place, sans redoublement de l’entrée en maternelle jusqu’à la fin du secondaire.
 
Le redoublement n’est quasiment jamais pratiqué dans les écoles Steiner de l’entrée à l’école à la fin du secondaire.  Un enseignement équilibré, donnant une égale importance aux matières cognitives, à l’approche artistique et aux travaux manuels, ainsi que pratiquant une immersion régulière sous forme de stages et expériences pratiques dans des institutions, entreprises, associations, etc., contribue à la réussite de tous les élèves et favorise la poursuite de leur scolarité. 
Sans se focaliser exclusivement sur les apprentissages cognitifs ni pratiquer la sélection des « meilleurs », le niveau scolaire moyen des écoles Steiner est pourtant égal, voire souvent supérieur à celui de l’éducation nationale ; le taux de poursuite de la scolarité est également meilleur[1].
Les jeunes originaires de tous les milieux qui ont reçu un enseignement selon le plan scolaire de la pédagogie Waldorf-Steiner sont souvent réputés emplis de confiance en eux-mêmes, autonomes, responsables, d’une vaste culture générale, créatifs et dynamiques, capables d’adaptation dans des environnements complexes, concernés par les enjeux de société, ayant un grand sens pratique et des capacités de travail en équipe.
Un plan scolaire réputé internationalement.  Une pédagogie reconnue pour son multi culturalisme et son cosmopolitisme. Les écoles Waldorf-Steiner recherchent une pleine autonomie tant au niveau pédagogique qu'au niveau des programmes, mais elles adaptent leur plan et programme scolaires aux spécificités de chaque culture, nation ou région particulières où  elles sont implantées.  Elles s'astreignent notamment à rejoindre les paliers de convergence avec les programmes de l'Education nationale de chaque pays où elles sont implantées de façon à permettre la mobilité des élèves qui la souhaitent.  Leur plan scolaire largement reconnu au niveau international, favorise les échanges d’élèves, d’enseignants, les rencontres culturelles, notamment à travers toute l’Europe.
À l'origine de la pédagogie Steiner : une « impulsion sociale ». Fondée à l’origine en 1919 pour des enfants d’ouvriers d’usine, la pédagogie Steiner est sous tendue par une très forte « impulsion sociale » : elle est présente dans des township d’Afrique du Sud, des favellas du Brésil, des quartiers pauvres de Moscou, etc.  Elle contribue concrètement à la réduction des écarts entre enfants issus de milieux défavorisés et ceux issus de milieux favorisés.  Les méthodes pédagogiques pratiquées dans les écoles Steiner sont tout particulièrement favorables aux enfants et jeunes issus de milieux défavorisés.  La pédagogie Steiner poursuit activement l’idéal d’intégration de tous les enfants, quels que soient les moyens financiers des familles, leur origine ethnique, sociale ou culturelle.
Relation individualisée avec chaque élève, considéré comme une individualité unique. Chaque élève est intimement considéré comme une individualité unique par chaque enseignant (par exemple, le professeur salue personnellement chaque élève chaque matin par une poignée de main). En primaire, chaque enseignant accompagne la même classe pendant 8 ans, ce qui lui permet de connaître en profondeur les élèves et leurs familles.
Pas d'orientation précoce en cours de scolarité. L’école Steiner primaire idéale s’achève à l’âge de 14 ans.  Ce n’est qu’après la 8ème classe que débute l’enseignement secondaire à proprement parler.  Au niveau secondaire, l’enseignement demeure préservé de pressions économiques extérieures, exigeant une spécialisation excessive ou exigeant de soumettre la formation des élèves à des modes très vite dépassées (la rapidité de l’évolution technologique et sociétale est actuellement de plus en plus grande).  Même au niveau de l’enseignement secondaire, la pédagogie Waldorf-Steiner propose une très large diversité de moyens d’apprentissages et de matières visant un développement à long terme de la globalité de l’être humain[2].
Évaluation formative plutôt que régime d’épreuves certificatives. L’évaluation formative des élèves est pratiquée depuis 1919 (comme toutes les autres caractéristiques de la pédagogie, mentionnées dans le présent tableau).  Le bulletin de notes scolaires est remplacé par un document reflétant de manière détaillée et nuancée le développement d’ensemble de chaque élève, sur tous les plans (cognitif, psychologique, comportemental, social, physique, etc.).
L’enseignant en tant que « chercheur » et « artiste ». Les enseignants sont continuellement en formation : chaque matière enseignée et chaque méthode pédagogique ou didactique font l’objet d’une recherche active et approfondie de la part de chaque enseignant qui l’aborde de manière libre et individuelle, en fonction des particularités des élèves et du plan scolaire.  En ce sens, l’enseignant s’efforce d’être en permanence un « chercheur ».
 
Il s’efforce aussi de mettre en pratique de manière harmonieuse ses connaissances pédagogiques dans les contextes particuliers vécus en classe.  En appliquant ses connaissances scientifiques et pédagogiques avec un sens artistique grâce à son imagination créatrice, il tend à élever la science pédagogique au rang d’un véritable art pédagogique.
 
Lorsque l’enseignant manifeste des talents de chercheur et d’artiste (dans le sens mentionné ci-dessus), il contribue à stimuler puissamment l’enfant ou le jeune à développer les mêmes talents, ainsi que son individualité et ses facultés.
La direction pédagogique de l’établissement est assurée par l’équipe de tous  les enseignants, appelée le « collège pédagogique ». De manière générale (pas seulement dans les écoles Steiner), les enseignants sont parmi les personnes qui développent le plus d’expertise et de savoir-faire dans les domaines de l’éducation et de l’enseignement, par leur travail quotidien avec les jeunes et les enfants.  Ils ont aussi suivi des formations pédagogiques spécifiques reconnues et sanctionnées par les autorités publiques de leur pays.  Leur expérience quotidienne et leur formation professionnelle leur confèrent la capacité de déterminer les orientations pédagogiques prioritaires de l’enseignement. 
Dans les écoles Waldorf-Steiner, la direction pédagogique des établissements scolaires est entièrement sous la responsabilité des enseignants eux-mêmes.  La plus grande autonomie des enseignants existe au sein des écoles Steiner (les enseignants prennent part aussi au conseil d’administration du pouvoir organisateur).  Toute l’administration de l’école est organisée pour être au service des besoins de la pédagogie et des professionnels de l’éducation.
Remarque : outre les diplômes et formations sanctionnés par les autorités nationales, les enseignants des écoles Steiner suivent des formations spécifiques à cette pédagogie dans des centres de formation internationaux.
Les parents participent à la co-gestion de l’école, au processus éducatif et d’apprentissage. Les parents, informés des projets éducatifs, pédagogiques et de l’organisation d’ensemble, sont présents dans de nombreux organes et instances responsables de divers aspects non pédagogiques de la vie de l’école, y compris au conseil d’administration de l’école.  Parents et enseignants coopèrent activement au développement de l’école.  Les parents sont associés à la relation d’apprentissage et d’éducation qui se construit entre l’enseignant et l’élève grâce à de nombreuses rencontres individuelles, de classe ou de toute la communauté scolaire.  L’engagement des parents est essentiel pour accompagner le développement des enfants.

 
Ci-dessous, deux exemples de plans scolaires relatifs à l'école primaire :
- Plan scolaire de l'école "Les boutons d'or" proche d'Aix-en-Provence (cliquer ici).
- Ci-dessous un autre plan scolaire (pour agrandir, cliquer sur l'image).

 

 

 

VISUALISER quelques vidéos sur la pédaogie Waldorf-Steiner : ICI


[1]Par exemple en France (source : http://steiner-waldorf.org/) :
• Moins d’élèves exclus : une étude menée en 1997 sur les six premières promotions d'élèves issues d'un établissement Steiner-Waldorf venant de se doter des classes de lycée (seconde et première) a montré que 63% des élèves repérés au niveau d'une classe équivalente d'une sixième de collège ont poursuivi leur scolarité jusqu'à obtenir le baccalauréat.  La moyenne enregistrée dans l'Education nationale était de l'ordre de 49% en 1997.
• D'excellents résultats au baccalauréat : le recensement des résultats sur quatre années (1995 à 1998) dans quatre des écoles qui proposent des classes de collège et de lycée donne le chiffre suivant : 85% de succès au baccalauréat pour les élèves présentés un an après qu'ils ont quitté la classe de Première des écoles Steiner-Waldorf. Ce chiffre passe à 91% si on y inclut les élèves ayant passé le bac deux ans après leur sortie de Première. Le chiffre enregistré par l'Education nationale pour la moyenne des quatre années considérées est 77%.
Sources consultées (France) :
  • "Repères, références, statistiques", édition 1999, Ministère de l'Education nationale, de la recherche et de la technologie
  • "L'école Rudolf Steiner", 3e édition, novembre 1998, Fédération des Ecoles Steiner en France
  • Statistiques des différents établissements Steiner-Waldorf.
     
[2]Tous les élèves de l’enseignement secondaire font l’expérience d’une très large diversité de matières et de moyens d’apprentissage.  Résultat sur un plan financier : l’organisation globale de l’enseignement secondaire est plus économique et rationnelle (en comparaison avec un système d’enseignement basé sur des options).