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Citation
  • « Les jugements conformes à la réalité ne se laissent pas formuler facilement, surtout pas lorsqu'ils touchent à la vie sociale, à la vie humaine ou politique, car dans ces domaines le contraire de ce que l'on pense est presque toujours tout aussi exact. Par contre, si l'on essaie de ne prononcer absolument aucun jugement, mais de se faire plutôt des images, c'est-à-dire si l'on commence à s'élever jusqu'à la vie imaginative, alors seulement on peut se rapprocher de la bonne voie. À notre époque, il est capital d'essayer de se faire des images, et non de porter des jugements qui à la vérité sont abstraits et définitifs. Ce sont aussi les images qui pousseront à la socialisation. Et puis, sachons encore qu'il n'y aura pas de socialisation tant que l'être humain ne cultivera pas la science de l'esprit. Deux choses lui sont donc nécessaires : d'un côté la liberté de la pensée, et de l'autre la science de l'esprit. »

    Dornach, 6 décembre 1918 – GA186

    Rudolf Steiner
(Temps de lecture: 9 - 17 minutes)

À gauche: Robert Powell - À droite : Valentin TombergÀ gauche: Robert Powell - À droite : Valentin Tomberg

 

Extrait du livre "LE CAS TOMBERG - Anthroposophie ou jésuitisme ?"
Serge O. Prokofieff, Christian Lazaridès
Editions Branche Paul de Tarse - Illfurth 1998

Extrait publié avec l'aimable autorisation de Christian Lazaridès
PDF (scan) issu originellement de la page : https://lazarides.pagesperso-orange.fr)
Cet extrait fait partie d'une série de publications de Christian Lazaridès dénommée "La sorathisation de l'anthroposophie" (n°3)
Le titre originel de cet extrait est "Robert Powell et Tomberg". C'est la rédaction du site soi-esprit.info qui a ajouté "(et la prétendue nécessité d'un lien entre christianisme ésotérique et Église catholique)"

Ndlr : les numéros et notes de page mentionnés dans ce texte se réfèrent à l’ouvrage mentionné ci-dessus.
Voir aussi sur le présent site deux extraits édifiants du même livre:
Suggestions occultes (suite) : le mésusage d'un argument chronologique dans l'identification de Tomberg au Bodhisattva
Rudolf Steiner sur le jésuitisme (un aperçu)

On trouve sur le site de Christian Lazaridès mentionné ci-dessus (ou par téléchargement ci-contre sur soi-esprit.info), La bibliographie chronologique sur «l'affaire Tomberg», ainsi que l'édifiant document Retour sur "l'affaire Tomberg", 21 ans après. Ce dernier relate diverses manipulations que je (=S.L.) ne puis que qualifier de crapuleuses émanant de milieux tombergiens, notamment, noyautant des maisons d'éditions anthroposophiques ainsi que certaines instances au sein du Goetheanum lui-même. 

 

C'est chez Hermetika que sont notamment édités les ouvrages de Robert Powell, Hermetic Astrology[47]Dans ces derniers, au milieu de considérations astrologiques elles-mêmes fort problématiques, reviennent sans cesse des allusions ou des références à Tomberg. Simplement, cela peut ne pas sauter aux yeux du lecteur non prévenu car il n'y est jamais nommé mais, en toute simplicité, il est évoqué comme «le Bodhisattva» ou «le Maitreya», le Bodhisattva du XX" siècle : 

«Ces dernières années il y eut beaucoup de spéculations à propos de l'incarnation du Maitreya au XX siècle, la plupart d'entre elles n'étant pas fondées. Par contre sont bien fondées certaines remarques à propos du Maitreya faites par Rudolf Steiner au début du siècle. En se référant à une incarnation antérieure du Maitreya en tant que Jeshu ben Pandira, l'instructeur essénien, Rudolf Steiner dit : "Jeshu ben Pandira (c'est-à-dire la réincarnation de Jeshu ben Pandira) est né au début de ce siècle et, si nous sommes encore en vie dans quinze ans, nous remarquerons son activité". Cette remarque, faite en août 1921, indique une naissance en 1900 ou à peu près. Elle indique aussi le début de l'activité du Maitreya dans les années 30 Rudolf Steiner estimait qu'elle deviendrait perceptible en 1936. Cette remarque de Rudolf Steiner en même temps que d'autres déclarations qu'il fit concernant le Maitreya ont aidé l'auteur à parvenir à une identification de l'individualité-Maitreya dans son incarnation du XX siècle. De nombreuses autres personnes sont arrivées indépendamment à la même identification[48].» 

Plus loin, R. Powell - sans jamais mentionner le nom de Tomberg - poursuit sa démonstration : 

« 1900 : cette année, l'année de naissance du Bodhisattva Maitreya, fut l'année où Rudolf Steiner commença son œuvre en tant qu'instructeur spirituel. La période de son activité, 1900 à 1925, fut une préparation pour le début de la Seconde Venue en 1933. Alors la relation entre Rudolf Steiner et le Bodhisattva Maitreya devient évidente. Rudolf Steiner a agi comme une sorte de "Jean Baptiste" annonçant la Seconde Venue, mais il parla du Bodhisattva Maitreya comme étant le véritable proclamateur de cet événement. Alors que la tâche de Rudolf Steiner fut d'indiquer l'être du Christ en sa Seconde Venue, le Bodhisattva Maitreya reçut la mission à la suite de Rudolf Steiner d'œuvrer à la "naissance" du Christ, à travers sa Seconde Venue, en tant que "Soi" du christianisme, ce qui doit être accompli entre 1933 et 2133. Cette "naissance" est préparée actuellement par l'activité du Bodhisattva Maitreya; lequel a déjà fait beaucoup pour réaliser une intégration du christianisme ésotérique et du christianisme exotérique. 

Dans ce qui suit nous considérerons l'incarnation de l'être du Christ en sa Seconde Venue ce qui est actuellement en chemin -, et cela· en relation avec le calice du christianisme historique. Ce processus d'incarnation devient graduellement perceptible ici et là dans l'Église catholique, là où le Bodhisattva Maitreya assuma la tâche d'œuvrer à une intégration du christianisme ésotérique et du christianisme exotérique en permettant à l'ésotérisme d'affluer dans l'Église. Ainsi, le pas accompli par le Bodhisattva Maitreya en rejoignant l'Église catholique-romaine peut être envisagé en relation avec le processus d'incarnation du Christ ressuscité en sa Seconde Venue, processus amenant avec lui la nécessité historique de l'intégration du christianisme ésotérique et du christianisme exotérique[49].» 

Avec cette dernière citation nous touchons au nœud du problème Tomberg : la prétendue nécessité d'un lien entre le christianisme ésotérique et le christianisme exotérique, ce dernier sous la forme donc de l'Église catholique-romaine et du jésuitisme. Ce geste de lier anthroposophie et Église catholique-romaine est présenté ici comme un idéal, alors qu'il ne peut aboutir qu'à une récupération occulte et à la dénaturation totale de l'impulsion anthroposophique. Et quand il est question du «calice du christianisme historique» - pour qualifier en fait la papauté et les jésuites - il s'agit d'une véritable suggestion de l'Anti-Graal. 

Nous noterons encore le choix - pour le moins malheureux, mais éventuellement significatif - du terme «incarnation» pour parler de la Seconde Venue, ce qui est en totale antinomie avec l'avènement éthérique sur le plan astral dont Steiner parla à partir de 1910 - et comme devant commencer à partir de 1933 - en précisant bien qu'en aucun cas il ne pourrait s'agir d'une incarnation précisément. Ajoutons que la notion de «Bodhisattva Maitreya» est pour le moins litigieuse car, lorsque le Bodhisattva deviendra Maitreya, il ne sera plus à proprement parler Bodhisattva, tandis que l'étant encore, il n'est pas encore Maitreya. Quant à la suggestion concernant un Steiner qui serait le «Jean Baptiste» de la Seconde Venue, mais donc en même temps le précurseur de «Maitreya-Tomberg» ... sans commentaire! 

Et, pour conclure son chapitre consacré à la Seconde Venue du Christ, Powell invite le lecteur à se nourrir d'un livre incontournable, dont il est d'ailleurs le traducteur en langue anglaise : 

«Afin que le Christ puisse apparaître dans le domaine terrestre - la sphère de l'homme - les êtres humains doivent commencer par reconnaître sur le plan de la connaissance que la Seconde Venue est en route. Ensuite, quand cela est devenu un fait de connaissance, c'est une question de transformation intérieure pour devenir capable de rencontrer le Christ. Cette transformation intérieure implique un développement moral-spirituel. Un tel chemin de développement moral-spirituel est exposé dans l'ouvrage Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot, qui a été achevé en 1967. Ce livre donne une clé pour la réalisation de ce qui est nécessaire pour que le Christ soit capable d'apparaître à des êtres humains dans le domaine terrestre au cours du Nouvel Age (New Age), l'Age de la Seconde Venue, qui a débuté en 1933[50].» 

Je ne vais pas entrer ici dans la question de l'identification de Tomberg avec ledit Bodhisattva. Ici ou là, Michael Frensch ou d'autres reprochent du bout des lèvres à Powell d'avoir écrit cela, mais sans nier pour autant qu'une telle chose est pensable. 

«Bodhisattvus vaticanus» ! 

Le Bodhisattva dont Steiner avait annoncé qu'il témoignerait de la manifestation éthérique du Christ au XXe siècle, ce Bodhisattva que Tomberg lui-même évoque donc à sa façon dans les citations données plus haut, eh bien, pour plusieurs mouvances de tombergiens, et pour Powell qui nous suggère cela avec toutes les précautions - cousues de fil blanc - dues à un «secret manifeste», c'est Tomberg, l'apôtre des jésuites ! Cela pourrait faire rire si les enjeux n'étaient pas aussi graves. 

En dehors de l'identification de Tomberg au Bodhisattva, Powell propose par ailleurs de bien étranges incarnations antérieures pour certains personnages tels que Nietzsche, Richard Wagner, Louis II de Bavière, des incarnations qui semblent avoir été «révisées» par quelque commission de contrôle catholique-romaine (voir volume II de Hermetic Astrology). Sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix seraient, selon Powell profondément significatifs de... la Quête du Graal, une quête qu'ils auraient poursuivie quatre siècles plus tard en tant que ... Richard Wagner et Louis II de Bavière: 

«Ce qui avait vécu dans cette individualité au cours de son incarnation antérieure en tant que sainte Thérèse d'Avila - sa riche vie intérieure spirituelle-mystique - se métamorphosa et fut incorporé par Wagner dans ses drames musicaux, avant tout dans son Parsifal. De cette façon il réussit à faire passer l'impulsion du Christ de la vie religieuse à la vie culturelle, avec la possibilité de toucher un grand nombre de personnes, dans les théâtres et les salles d'opéra. Dans ce sens, Richard Wagner fut un précurseur, un de ceux qui aidèrent à préparer la voie de l'avènement du Nouvel Age (New Age), l'Age de la Seconde Venue du Christ. Car le Nouvel Age (New Age) est un Age dans lequel le christianisme doit devenir une force dans la vie culturelle (dans les différents arts), dans la vie universitaire (dans la sphère de la connaissance), et dans La vie pratique (en particulier en ce qui concerne la relation entre l'homme et la nature), de même que dans la vie religieuse, où prendra place une renaissance de la religion grâce à une expérience mystique authentique[51]»

Et l'on pourrait multiplier, chez Tomberg, Powell et d'autres auteurs de la mouvance tombergienne, les exemples de cette tendance à «coupler» toutes les impulsions fondamentales du christianisme ésotérique authentique à des impulsions du catholicisme romain. Entrer dans les détails de cette affaire de catholicisation et de romanisation du christianisme ésotérique constituerait un sujet à soi seul. Je veux simplement indiquer qu'on peut observer là un geste de récupération qui sera de plus en plus fréquent, que l'on trouve aussi, d'une autre manière, chez les «channels» : la distorsion des identifications karmiques. C'est un terrible moyen de canaliser les aspirations des gens, voire des anthroposophes, en jouant sur des identifications karmiques fausses, en manipulant la mémoire des incarnations. Gideon Fontalba aussi agit beaucoup par ce moyen. 

Pas d'étonnement donc si cette mouvance trouve beaucoup d'écho dans les pays où New Age et channeling sont particulièrement développés, en Angleterre (à travers la revue Shoreline par exemple), aux Etats-Unis, où les ouvrages de Tomberg et ceux de Powell sont au catalogue de l'Anthroposophic Press (!). 

Nous voyons ainsi «l'égrégore tombergien» s'infiltrer par deux voies apparemment différentes, mais se situant en fait dans une polarité complémentaire: les milieux dogmatiques et traditionalistes d'un côté, et les milieux Nouvel Age/Channeling/Verseau de l'autre. Car une étude sérieuse des courants ésotériques au XXe siècle pourrait montrer comment une synergie, voire une inspiration commune, relie les ésotérismes plus politiques ou culturels (loges anglo-saxonnes, jésuitisme, initiation «bolchevique»), les ésotérismes traditionnels décadents, et les ésotérismes Verseau/Nouvel Age, sous l'égide d'un «Plan» pour un Nouvel Ordre Mondial occulte. L'un des buts poursuivis par ces groupes est évoqué par Rudolf Steiner le 18 novembre 1917, c'est-à-dire à un moment-clé de l'histoire du XXe siècle. Ce passage permet de saisir le type d'implications de ces manœuvres de récupération, ou de duplication, que l'on a vues chez Tomberg ou Powell: 

«Il a des fraternités occidentales qui ont le projet de combattre l'impulsion du Christ et de mettre à sa place une autre individualité qui n'est jamais apparue dans la chair, qui est une individualité éthérique, mais de nature strictement ahrimanienne. (...) C'est un combat tout à fait réel, et non pas quelque chose qui serait seulement, par exemple, des notions abstraites ou je ne sais quoi, mais c'est un combat tout à fait réel, un combat qui concerne vraiment le fait de mettre un autre être à la place de l'être du Christ dans le cours de l'évolution de l'humanité pour le reste de la Cinquième époque postatlantéenne, pour la sixième et la septième. Il appartiendra aux tâches d'une évolution saine et spirituellement honnête d'extirper, d'évacuer de telles menées, qui sont antichristiques au sens le plus absolu. Mais seul un regard clair peut ici aboutir. Car l'autre être que ces fraternités veulent mettre dans ce rôle de régent, cet autre être, elles le nommeront "Christ", elles l'appelleront vraiment "le Christ"! Et ce qui importera, ce sera de pouvoir faire la différence entre le vrai Christ qui, tel qu'il apparaîtra, ne sera pas une individualité incarnée dans la chair, et cet être qui se différencie du vrai Christ par le fait de ne s'être jamais incarné au cours de l'évolution de la Terre, un être qui va seulement jusqu'à la manifestation dans un corps éthérique, et qui devrait être mis par ces fraternités à la place du Christ, lequel passerait alors inaperçu[52]

L'entité ahrimanienne évoquée dans ce passage semble être liée à une substitution spécifiquement éthérique du Christ, et qui serait donc à différencier de l'incarnation proprement dite d'Ahriman dont Steiner parlera explicitement deux ans plus tard, à l'automne 1919. Auparavant (par exemple le 9 janvier 1912) Steiner avait aussi parlé de l’Anti-Christ luciférien. Toutes ces manifestations antichristiques - ainsi que l'apparition de divers faux Christs de moindre importance - sont liées entre elles, et les jésuites ont un rôle majeur dans de telles menées. 

 

5. Épilogue 


Quand on dit cela, quand on pointe ce genre d'incompatibilité entre l'anthroposophie et certaines autres mouvances ésotériques, on se fait facilement accuser d'être un sectaire ou un inquisiteur. Il est mal vu de s'inquiéter quand, par exemple, on voit paraître chez Anthroposophic Press un livre comme celui de Richard Leviton, The Imagination of Pentecost[53]ou devant les déclarations d'auteurs ou de conférenciers qui se fixent comme mission d'être des «entremetteurs» entre anthroposophie et courants ennemis de l'anthroposophie, ou devant l'anthroposophie «révisée», distordue, de Fontalba, Petri, ou Powell, pour ne mentionner que des auteurs qui se réclament explicitement de l'anthroposophie, en prétendant la prolonger ou la dépasser, ou la socialiser, ou l'actualiser. 

Les mauvaises langues ne manqueront pas de dire que je fais preuve d'intolérance, de sectarisme, de fanatisme, d'intégrisme, ou encore que je fais obstacle à la liberté d'expression. Mais ce n'est pas le cas. Tous ces gens s'expriment et je n'ai rien à redire à cela. Je suis réellement et pleinement pour la liberté d'expression de tout un chacun, et c'est d'ailleurs aussi pour cela que je fais usage de la mienne. 

Par toutes sortes de voies s'exprime de plus en plus une tendance à «dessaler le sel», à faire perdre à l'anthroposophie ce qui fait sa spécificité. Le démon du pseudo-œcuménisme, de la pseudo-ouverture, est à l'œuvre, il se nourrit de ces amalgames contre-nature ou «contre-esprit» dans lesquels, sous le prétexte d'une tolérance - ce qui n'a pas de sens dans ce débat-, le pire phagocyte le meilleur. Il se trouve que, sous prétexte d'ouverture, on se met à mélanger tout et n'importe quoi. 

C'est parfois par esprit de provocation vis-à-vis d'un dogmatisme anthroposophique ou d'une routine anthroposophique - qui, certes, existent aussi -, que certains font appel par exemple à Tomberg comme remède à un tel dogmatisme, mais sans voir que les textes de sa seconde période sont l'expression de la plus caricaturale soumission au plus caricatural des dogmes. 

Bien entendu, l'anthroposophie doit, et de toutes les façons possibles, se lier à la vie sociale, dans tous les domaines, mais elle est une force de dynamisation qui, pour être active, ne doit pas être édulcorée. Croire que c'est en amalgamant l'anthroposophie à n'importe quels «courants spirituels» - un tragique malentendu sur le sens des propos de Steiner le 28.7.1924[54] ! - qu'on se liera de façon juste au social me paraît une totale illusion. 

Car, à force de consensus - ici avec le psychologisme ambiant, la psychanalyse, le biographisme et l'astrosophisme, là avec la pseudo-Europe de Maastricht et la fable convenue de l'histoire contemporaine et de la presse, avec le pape et les théologiens, voire les théologiens soi-disant contestataires, avec le Nouvel Age et l'Ère du Verseau, avec les Rœrich et Alice Bailey, avec les Meurois-Givaudan et les Dialogues avec l'ange, avec Tomberg ou Fontalba, avec un œcuménisme des apparences, avec les faux rosicruciens, etc., certes on évite des confrontations difficiles, certes on étouffe des débats gênants, certes on évite de faire des vagues, mais on entre ainsi dans le confortable giron d'un conformisme spiritualiste bien-pensant, voire d'une anthroposophie aseptisée (avec ses parcours obligés et ses muselages feutrés), on élabore peu à peu une anthroposophie consensuelle, incolore, inodore et sans sel, une anthroposophie qui a perdu le noble esprit de «subversion» et d'aiguillonnement qui est son essence, et l'on se retrouve noyé dans un amalgame hétéroclite où il n'y a d'ores et déjà plus qu'une seule chose qui n'ait pas droit de cité : l'anthroposophie ! 

 

[47] Robert Powell, Hermetic Astrology, Vol. I : Astrology and Reincarnation, Hermetika Verlag, Kinsau 1987; Vol.II: Astrological Biography, Hermerika Verlag, Kinsau 1989.

[48] Hermetic Astrology, Vol. I, p. 78. Dans l'extrait de son livre, mentionné dans notre note 20, Martin Kriele reprend cet argument de la coïncidence des dates indiquées par Rudolf Steiner avec les dates de la vie de Valentin Tomberg, Et, de façon générale, cet argument chronologique est sans arrêt évoqué par les tombergiens. Voir Annexe Il, chap. 3.

[49] lbid., p. 320.

[50] Ibid., p. 327.

[51] Hermetic Astrology, Vol. Il, p. 55.

[52] Rudolf Steiner, Individuelle Geistwesen und ihr Wirken in der Seele des Menschen (GA 178), 4• éd., Dornach 1992, conférence du l 8.11.1917, p. 183.

[53] Richard Leviton, The Imagination of Pentecost. Rudolf Steiner and Contemporary Spirituality, Anthroposophic Press, Hudson/USA 1994. (Préfacé par David Spangler !)

[54] Rudolf Steiner, Le karma IIIGenève 1983 (EAR).

 

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