Soi-esprit.info

Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner

Questionnements, essais et considérations portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner
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Citation
  • « Les choses ne sont donc pas ce que les spirites s'imaginent. Ils se figurent que, par l'intermédiaire d'un médium, ils peuvent obtenir des communications dans la langue que parlent les êtres humains sur terre. En regardant de près ces communications, on discerne qu'elles proviennent du subconscient des vivants, et ne sont pas de véritables communications directes des morts aux médiums. Car les défunts se dégagent progressivement du langage humain, et après plusieurs années, on ne peut plus les comprendre si l'on n'a pas appris leur langage, lequel consiste surtout en figures symboliques à utiliser pour ce qu'on veut leur dire, et obtenir ensuite une réponse, également par des formes symboliques qui naturellement apparaissent un peu comme des ombres. »

    Christiana (Oslo), 17 mai 1923 – GA226

    Rudolf Steiner
(Temps de lecture: 2 - 4 minutes)

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Il y a déjà quelques mois, j'ai fait paraître un livre appelé La Sœur de Merlin et autres songes de Bretagne, dans lequel évidemment Rudolf Steiner est cité. Cela s'explique par la démarche, magnifiquement résumée par Cattherine Poncey dans les Nouvelles anthroposophiques suisses du mois de juin, dans l'articulet reproduit ci-dessous:

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Il y a tout, rien à ajouter.

Mais je voudrais quand même reproduire ici un article que, sur la proposition d'un site breton, j'ai moi-même écrit, dans l'esprit d'être le plus objectif possible dans la présentation de ma démarche:

Plusieurs voyages en Bretagne, à différentes époques de sa vie, ont permis à Rémi Mogenet, poète savoyard, de mieux la connaître. En la parcourant notamment à vélo, il s’est interrogé sur l’atmosphère qui se dégageait du paysage parcouru et admiré, et s’est demandé si elle entretenait des rapports avec la littérature et les légendes bretonnes.

Car, docteur en littérature, Rémi Mogenet est aussi un grand lecteur. Il a surtout lu et étudié, pour sa thèse, la littérature de l’ancienne Savoie, pour lui à portée de main. Mais il a pris l’habitude de lire des ouvrages en rapport avec les lieux qu’il parcourait et habitait: son tourisme était également littéraire. Son but, apparemment, était d’appréhender l’esprit des lieux. Or, la littérature relative à la Bretagne contient aussi une atmosphère, tendant à une forme de cohérence.

Elle est constituée principalement de trois rubriques. La première est faite des auteurs qui ont parlé de la Bretagne à sa manière, en arrivant de l’extérieur. Gustave Flaubert et Victor Hugo ont évoqué la Bretagne dans des pages toujours impressionnantes, et plus ou moins laudatives. Le premier y est venu avec son ami Maxime du Camp, qui a aussi évoqué poétiquement la Bretagne. La seconde rubrique est faite des auteurs bretons mêmes, qui ont assurément du pays une connaissance plus intime. Théodore Hersart de La Villemarqué, Anatole Le Braz, Xavier Grall, et d’autres moins connus ont évoqué les légendes chrétiennes et les mythes païens entourant la Bretagne, ou leurs sentiments personnels à son égard, remplis de dévotion et de patriotisme. Enfin, la littérature médiévale, en latin et en français, ont évoqué le pays à travers sa mythologie arthurienne, mêlant paganisme et christianisme dans des ébauches d’épopées qui plaçaient Lancelot en particulier en terre armoricaine. Tout ce bagage culturel se joint dans l’esprit de l’auteur au paysage pour former un tout cohérent.

Mais il en discute. Car la Bretagne de Merlin et Lancelot n’est pas celle de notre temps. Les années l’ont changée. La France aussi l’a changée, les rois de Versailles y ont placé leurs marques. Il s’agit d’évaluer la continuité et l’évolution.

bretagne

Et puis chaque génération est espérée pouvoir inventer à nouveau. La littérature, même savante, ne saurait se satisfaire d’une simple récapitulation ordonnée du connu. Il s’agit aussi de sonder l’inconnu, et d’en rendre compte. Or, cet inconnu, il s’exprime volontiers par le rêve, la vision. L’enjeu est alors de joindre par la raison le rêve au réel, de tisser un lien. Et ce lien crée de nouveaux chapitres mythologiques, ajoute à la mythologie déjà établie. C’est pourquoi Rémi Mogenet, docteur en littérature mais aussi poète, cherchant à sonder en lui-même les mystères de la Bretagne, fait part de ses propres visions. Il a rencontré, pense-t-il, d’anciens druides; a fait l’expérience des forces obscures de la mer; a aperçu la féerique dame d’une forêt; a conversé, oui, avec Merlin même, toujours vivant dans son cercueil de pierre. Il le raconte; en fait part!

Il cite les auteurs qui, ayant en effet étendu l'espace mythologique humain à l'époque moderne, lui ont servi de modèles. Outre Victor Hugo, H. P. Lovecraft, J. R. R. Tolkien, et même Rudolf Steiner sont évoqués, comme références pour mieux sonder l’inconnu et le comprendre. Il s’agit en effet de suivre l’idée d’André Breton selon laquelle l’imagination prospective peut aussi servir de base à la connaissance – selon laquelle le poète aussi a sa science propre, parallèle à la science historique – ainsi que le disait déjà, en son temps, le philosophe romain Cicéron.

Un ouvrage donc indispensable pour saisir l’âme de la Bretagne éternelle, mais aussi pour appréhender les nouveaux espaces de la pensée imaginative, sur laquelle se reflètent les vents de l’espace et du temps dans leur nudité. Disponible depuis le premier jour du mois de mai 2022 aux éditions Livres du Monde (133 pages, 15 €).

 

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